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Le monde politique ne veut pas voir la réalité économique.
Le monde politique ne veut pas voir la réalité économique.
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Revue d'analyse financière

Le mépris du monde politique et médiatique pour l’économie réelle est stupéfiant

Dans l'œil des marchés : Jean-Jacques Netter, vice-président de l'Institut des Libertés, dresse, chaque mardi, un panorama de ce qu'écrivent les analystes financiers et politiques les plus en vue du marché.

Jean-Jacques Netter

Jean-Jacques Netter

Jean Jacques Netter est vice-président de l’Institut des Libertés, un think tank fondé avec Charles Gave en janvier 2012.

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La stratégie des banques centrales est devenue le seul sujet qui compte. Les investisseurs et le monde politique se retrouvent quasi unanimement pour considérer que l’économie réelle est devenue quelque chose de secondaire qui ne mérite pas que l’on perde du temps à l’analyser.

La BCE s’apprête à relancer l’inflation nous dit-on. Pour prendre les bonnes décisions, il faudrait commencer par reconnaître que nous sommes en déflation pour un ensemble de raisons : baisse du pétrole et des matières premières, mondialisation qui tire les prix et les salaires vers le bas et surtout insuffisance de la demande due, surtout en France, à une pression fiscale excessive.

Aujourd’hui, la hausse de la consommation ne tire plus les prix vers le haut comme autrefois. Le chômage a fait une nouvelle envolée en octobre, c’est le seul pays en Europe dans lequel cela se produit. Rappelons que l’ISF qui est probablement un des impôts les plus stupides de la République, après l’impôt sur les portes et fenêtres, bat des records en 2015 avec 5,4Md€ de revenus pour l’Etat. Tout cet argent aurait du irriguer le secteur privé pour réaliser des investissements qui seront les emplois de demain. Le résultat est que la croissance en France n’est bien évidemment pas assez forte pour créer des emplois.

En Allemagne en revanche, l’indice PMI composite est en hausse grâce au secteur des services. La confiance des milieux d’affaires est en hausse grâce à la demande interne.

La bataille entre les agriculteurs et la grande distribution fait rage

La lecture de la rubrique hebdomadaire "Marchés agricoles" de Ouest France est à cet égard tout à fait intéressante. Pour le porc breton, les prix ont baissé de plus de 15% à la réouverture du marché au cadran de Plérin. Malgré cet ajustement à la baisse des cours, la compétitivité reste inférieure à celle des tarifs allemands et espagnols. Pour les bovins de boucherie, les ventes sont catastrophiques. Ce qui est en partie le résultat d’émissions de télévision à charge contre la consommation de viande. De nombreux veaux ne trouvent pas preneurs, même à des prix très en retrait.

Pendant ce temps, la guerre des prix continue dans les hypermarchés. Les alliances se multiplient pour faire pression sur toute la filière agro alimentaire pour acheter encore moins cher les productions des agriculteurs de base. Parallèlement, les patrons des grands groupes de distribution sont régulièrement convoqués à Bercy pour s’entendre dire que leurs prix sont trop élevés.

Frédéric Bastiat (1801- 1850), économiste basque et pamphlétaire libéral français, élu député des Landes en 1848, a très bien décrit ce phénomène. Les producteurs se liguent pour fausser la concurrence, mais ils ont besoin de l’arme de l’Etat pour y réussir durablement. Les "marchands de chandelle" démontrent aux députés qu’il faut fermer toutes les ouvertures par lesquelles le soleil pénètre dans la maison : il en va de "l’intérêt général". L’Etat est donc soumis à la pression permanente de ses clientèles, car les hommes politiques cherchent avant tout leur élection. Ils promettent tout et son contraire, ils prennent aux uns pour donner aux autres : "L’Etat est cette grande fiction sociale à travers laquelle tout le monde croit vivre aux dépens des autres". Bastiat a très bien analysé l’alliance naturelle entre producteurs et politiques, au détriment des consommateurs.  

Aux Etats-Unis, l’indicateur avancé de la récession est en territoire négatif depuis l’été

Le PIB du troisième trimestre a été révisé en hausse mais le niveau des stocks est important tout comme le PMI manufacturier du mois de novembre, car la hausse du dollar pèse sur les exportations. Le niveau des résultats des sociétés est en recul de -2,2% sur un an alors que la pression à la hausse sur les salaires est un peu plus forte. La confiance s’inscrit aussi en baisse. C’est préoccupant, car c’est actuellement le seul levier de croissance.

Dans un environnement particulièrement volatil des marchés, il faut redire que les obligations américaines sont toujours attractives pour protéger un portefeuille.

Le Robot-Advisor est un véritable tsunami pour les banques et les sociétés de gestion

Parmi les ruptures importantes qui vont affecter des pans entiers de l’industrie et des services figure le Robot-Advisor. Il propose une alternative transparente et efficace au traditionnel conseil en gestion de portefeuille pratiqué par les banques et les sociétés de gestion. C’est un secteur qui va connaître les mêmes ruptures que celles que l’on a enregistré dans l’immobilier, le recrutement, la fiscalité et la santé.

Aux Etats-Unis, le numéro 1 est Nutmeg a déjà 35 000 clients depuis son lancement en janvier 2013. La société a levé 50 M$ auprès d’investisseurs pour son développement. Les autres acteurs ont pratiquement tous soit des accords soit ont été rachetés par de grandes sociétés de gestion. Betterment et LearnVest ont conclu un partenariat avec Fidelity, Future Advisor a été racheté par Blackrock. Seul Wealthfront est encore indépendant.

Au Royaume-Uni, le Robot-Advising est considéré comme une véritable onde de choc dans l’industrie de la gestion. Nutmeg a attiré Schroders qui a investi 32M$ dans la société. Parmenion Capital a dans son capital Aberdeen AM.

A Hong Kong, on trouve 888 Securities qui est une société qui propose à ses clients une allocation de leur portefeuille réalisée à partir de Morningstar pour une commission de 0,8% des actifs gérés.

La France est en retard sur ce mouvement. France Advize est une société fondée par Nicolas Marchandise. Elle est sponsorisée par Fintech, le pôle Finance Innovation présidé par JeanèHervé Lorenzi.

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