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Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, prend part à la manifestation annuelle du 1er mai, place de la République à Paris, le 1er mai 2022.
Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, prend part à la manifestation annuelle du 1er mai, place de la République à Paris, le 1er mai 2022.
©Alain JOCARD / AFP

Atlantico Business

Sur le pouvoir d’achat, comme sur les retraites, les syndicats se tirent une balle dans pied. Une fois de plus

A l’occasion du 1er mai, les syndicats sont donc sortis de leur silence et sont descendus dans les rues, en livrant à la vindicte populaire les deux grands et faux débats qui ont dominé la classe politique. Ils n’ont présenté aucune solution nouvelle.

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.

Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.

Il est aussi l'auteur du blog http://www.jeanmarc-sylvestre.com/.

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Comme le veut la tradition du 1er mai, les grandes centrales syndicales françaises sont donc descendues dans la rue pour manifester leur influence et leurs revendications. Et plus encore que les années précédentes, les syndicats ont administré la preuve de leur impuissance. Leur faiblesse quantitative et leur manque dimagination. Leur seul pouvoir tient de leur capacité à occuper la rue et souvent, à bloquer les services publics.

Les revendications avancées cette année sont particulièrement affligeantes. Elles reprennent lessentiel des thèmes qui ont dominé la campagne présidentielle à laquelle, les syndicats navaient évidemment pas participé puisque les thèmes avaient été préemptés par les partis populistes dextrême droite et dextrême gauche.

Les rassemblements du 1er mai ont donc repris les questions du pouvoir dachat et des retraites, sans nuance ni proposition.

La question du pouvoir dachat et des retraites sont des vrais et graves problèmes auxquels les syndicats comme les partis politiques dopposition apportent de fausses solutions.

Le pouvoir dachat est un peu comme le cancer qui risque de miner le corps de la société française. La hausse moyenne des prix à la consommation dépasse désormais les 4,8% en rythme annuel et cette cadence risque fort de saggraver.

Si la réponse des syndicats se résume à des revendications daugmentation de salaires et ou de baisse de TVA, ils font évidemment fausse route. Dabord, parce lEtat na pas les moyens de décréter la hausse des salaires qui ne dépend que de la bonne santé des entreprises, mais par ailleurs, l’Etat peut difficilement se priver des recettes de TVA, sauf à prendre le risque dappauvrir la fonction publique et notamment les fonctionnaires pour lesquels les syndicats se battent.

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Cette inflation, dont le rythme est historique cest vrai, est une inflation sectorielle et importée. Elle concerne principalement les carburants, les matières premières agricoles et par contagion, elle risque de toucher toutes les fonctions de production, y compris les fournitures industrielles. Cette inflation-là est la conséquence directe de la guerre en Ukraine. Et quon le veuille ou non, cette inflation est la contribution nette et forte des populations européennes à leffort des sanctions contre la guerre, donc la défense de nos valeurs de liberté qui sont menacées. Qui le dit dans les cortèges, quels syndicats, quels leaders ? personne !!! C’est beaucoup plus facile de fustiger le fonctionnement du capitalisme moderne et la mondialisation.

La question des retraites et ce débat récurrent sur l’âge légal de départ à la retraite posent un problème didéologie et de principe dorganisation.  Si le gouvernement, et pas seulement celui-ci, essaie dobtenir un recul de l’âge légal à la retraite, cest tout simplement pour pouvoir sauver le système de fonctionnement par répartition sans être obligé de baisser le montant des pensions et daugmenter les cotisations.

Notre système de retraite est un système dassurance et de solidarité. Le travail des actifs permet de payer la retraite des inactifs. Si le nombre des actifs diminue, si celui les inactifs saccroit, les caisses de retraite se retrouvent en difficulté. La seule solution est évidemment de travailler plus ou plus longtemps. La norme européenne est autour de 65 ans actuellement. La France est un des pays en Europe où on travaille le moins (en nombre dactifs) et le moins longtemps. Il faudra donc quon le veuille ou non, allonger la durée de travail. Ce qui nempêche pas les gouvernements daccorder des aménagements selon la nature du travail et la pénibilité. Mais le principe de lallongement nest pas envisageable sauf à imaginer un changement de système.

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Il est évident que la seule solution alternative serait de passer à des systèmes de capitalisation. Des systèmes où chaque individu finance sa propre retraite par son épargne personnelle. Les sociétés dassurance savent très bien faire fonctionner ce genre de mécanique d’assurance épargne.
Que les syndicats et lopposition politique défendent la retraite à 60 ans, libre à eux mais lhonnêteté devrait les obliger à expliquer qu'en défendant la retraite telle quelle fonctionne actuellement, ils ouvrent la porte aux systèmes complémentaires par capitalisation. Lesquels ne profiteront qu’aux plus riches.

Triste journée que cette journée du 1er mai. Parce quen se battant contre linflation, les syndicats refusent dexpliquer que la hausse des prix nest rien dautre que la contribution à la guerre et à laide aux Ukrainiens.

En se battant contre la réforme des retraites, ils ouvrent grand la porte au système de retraite privée par capitalisation qui ne peut que profiter aux plus riches. 

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