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Les ravages insoupçonnés du stress
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Les ravages insoupçonnés du stress

Le stress serait en constante augmentation depuis 25 ans, en particulier chez les femmes. Or, ses effets nocifs pour la santé sont désormais démontrés : l'anxiété affaibli considérablement le système immunitaire.

Nous sommes de plus en plus stressés. C’est le verdict de trois études différentes menées en 1983, 2006 et 2009. Les recherches menées par Sheldon Cohen ont également permis de pointer les principales victimes : les femmes, les personnes aux revenus les plus faibles et au niveau d’éducation le moins élevé.

Mais que les femmes se rassurent : une autre étude vient de découvrir que les mères célibataires pouvaient réduire sensiblement leur niveau de stress en se réservant des activités ludiques, chaque jour, avec leur enfant. Les hommes, eux, tendent à subir le stress pendant de courtes périodes et pour des causes précises.

Mais une bonne nouvelle ressort de ces résultats : l’anxiété a tendance à diminuer avec l’âge. « Les trentenaires sont moins stressés que leurs pairs âgés de 20 ans, et les quadragénaires sont moins anxieux que les trentenaires », explique Sheldon Cohen, qui étudie le lien entre stress et maladie depuis 35 ans. Les retraités enregistrent des taux de stress les plus bas de l'étude.

Les trois études ont utilisé l'outil mis en place par le chercheur Sheldon Cohen : le Perceived Stress Scale, un questionnaire qui évalue le degré de stress ressenti par les sujets. Les 6 300 personnes qui ont participé ont dû répondre à une série de questions.

Cependant, notre mode de vie semble nous condamner irrémédiablement à être toujours plus stressés : la Chartered Society of Physiotherapy vient de tirer la sonnette d’alarme quant à l’utilisation intensive des smartphones. Les employés ont aujourd’hui tendance à prolonger leur travail en dehors du bureau, sur leur téléphone intelligent. Une activité qui entrainerait des troubles physiologiques liés au stress.

Selon une étude anglaise, les deux tiers des employés de bureau prolongent leur journée sur un écran. Ce qui occasionne stress, migraine et douleurs dans le dos. «Les mauvaises postures prises devant les écrans portables sont à l’origine de maux de tête et de dos», a précisé la CSP.

Fatigue, maux de tête, tension musculaire… Les désagréments attribués au stress sont nombreux. Une étude publiée jeudi 14 juin par l'Institut national du cancer (Inca) et l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes) dressait un étrange portrait des croyances de la société française en matière de stress et de cancer. Pour les Français, le facteur "psychologique" est déterminant. Pour 33% des interrogés, le stress donne le cancer. 27% d'entre eux croient qu'une expérience douloureuse peut être la cause de la maladie. Tout comme ne pas arriver à exprimer ses émotions. 

Pourtant, rien de tout cela n’est prouvé. Mais un premier pas a été franchi grâce au travail de Sheldon Cohen à l’Université de Carnegie Mellon à Pittsburgh. Le stress rend malade, c’est maintenant prouvé, après des décennies à chercher le lien précis entre stress et maladies.

Les effets réels du stress consisteraient à réduire notre capacité à faire face aux inflammations, selon l'équipe de Sheldon Cohen.

Dans une revue de littérature en 2007, le chercheur semblait presque résigné en admettant : « Malgré la croyance publique largement répandue selon laquelle le stress psychologique provoque des maladies, la communauté biomédicale reste sceptique quant à cette conclusion. » Aujourd’hui, il est beaucoup plus positif.

Tout le problème a été de mettre sur pied une expérience capable de prouver que les troubles de santé constatés étaient imputables précisément au stress et non à d’autres causes possibles.

Jusqu’ici, les véritables données ne pouvaient venir que des études animales, pour des raisons déontologiques : « Les humains, vous pouvez les amener dans un laboratoire et les exposer au stress, et constater des élévations du rythme cardiaque et de la pression sanguine. ». Mais il ne s’agit là que de changements physiologiques, qui jouent souvent un rôle dans les maladies, mais pas des maladies directement. Impossible par exemple de provoquer une maladie chez un sujet humain, pour observer si le stress l’empire.

Impossible, ou presque : une infection des voies respiratoires supérieures, comme un rhume, est certes une maladie, mais suffisamment bénigne pour rester dans les limites de la déontologie médicale dans les expériences.

Cohen a donc débuté ses expériences dans les années 1990. Le chercheur commence par mesurer le niveau de stress des sujets de l’expérience à l’aide de questionnaires. Son approche consiste ensuite à donner de faibles doses de virus aux volontaires et observer s’ils développent des symptômes.

Résultat : plus les scores de stress au départ étaient élevés chez les patients, plus grandes étaient leurs chances d’attraper froid.

D’autres recherches ont permis de pointer les évènements de vie précis qui rendent vulnérable aux virus : les problèmes avec la famille et les amis, l’excès de travail, et le chômage. Plus ces évènements se prolongent dans la durée, plus grande sera la vulnérabilité.

Mais par quel mécanisme le stress est-il lié à la santé ? Une partie de l’explication est simplement comportementale : les personnes stressées, fument et boivent davantage. Elles dorment mal et font souvent moins d’exercice, autant de facteurs qui ont un effet décision sur la santé.

Mais selon Cohen, il existerait aussi dans voies biochimiques liant le stress à la maladie. Suspect moléculaire numéro un : le cortisol, un stéroïde communément baptisé “hormone du stress”, et produit par la glande surrénale en réponse au stress.


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