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Les magistrats exercent la profession de rendre la justice ou de requérir au nom de l'Etat et de la loi.
Les magistrats exercent la profession de rendre la justice ou de requérir au nom de l'Etat et de la loi.
©CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

Les entrepreneurs parlent aux Français

La Justice française contre l’économie et la société

Denis Jacquet évoque cette semaine le poids de la Justice sur l'économie et au sein de la société française au regard des difficultés soulevées par la crise sanitaire.

Denis Jacquet

Denis Jacquet

Denis Jacquet est fondateur du Day One Movement. Il a publié Covid: le début de la peur, la fin d'une démocratie aux éditions Eyrolles.  

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Le nombre de belles âmes qui s’inquiètent du niveau des sondages en faveur de Marine Le Pen, oublient quelques petites choses de l’ordre du détail quant à notre beau pays. Celui ou ceux qui ont le pouvoir, ne sont pas ceux que nous portons au pouvoir par nos suffrages, mais tous ceux qui, dans l’ombre, souvent à l’abri des règles d’une République qui en est devenue l’otage, passent leur temps à saper le suffrage universel au profit de leur combat politique. Un combat de fond qui a pris des formes sordides ces dernières semaines et montre à quel point il serait temps de les dompter pour redonner son équilibre à notre pseudo démocratie.

Il y a 2 années environ, j’intervenais comme conférencier pour une organisation nationale destinée à pousser les entrepreneurs à se former pour s’adapter. Un acte essentiel, mais c’est une autre histoire ! A la pause, là où se déroule vraiment la formation, nous avons  eu une conversation qui portait sur les prudhommes, et je partageais mon point de vue, qui avait changé avec le temps d’ailleurs. Ce point de vue, c’était que ce système était certainement imparfait, mais qu’il n’était rien en comparaison du scandale que représente la Cour d’Appel en matière de droit du travail. En effet, au niveau des prudhommes, il existe un problème d’incohérence des décisions, certes, mais au final, cette permanente négociation entre les syndicats et le patronat, pour simplifier, aboutit à une moyenne assez équilibrée. En revanche, en Appel, là où le système est totalement « vérolé », sous contrôle de Juges de gauche (voire pire), ces décisions équilibrées tournent au final, toujours, au profit du salarié, même dans les cas manifestes où le « patron » a raison.

C’est ainsi que mes interlocuteurs, ce jour-là, à Nîmes, m’apprirent qu’en Appel, aucune décision n’avait été prise en faveur d’un dirigeant en plus de 8 ans, ce qui constituait un record national. Toute décision prise en faveur d’un dirigeant était systématiquement renversée en Appel, même dans les cas évident où ce dirigeant était dans son bon droit.

En clair, l’Appel est au service du combat politique de Juges, situés à gauche de la gauche, qui se servent du droit en tordant son interprétation pour satisfaire un besoin de vengeance sociale, de combat d’un autre temps, au lieu de rendre la Justice, mission pour laquelle ils ont pourtant prêté serment. Cette Justice qui réclame son indépendance, semble surtout intéressée à l’utiliser pour masquer son agression en règle contre une institution qui est l’une des bases de notre démocratie.

Récemment encore, elle a même réussi à contredire la loi qui plafonnait les indemnités maximum en cas de procès prudhommal, en tordant les principes du droit afin de s’affranchir de son application. Un crime intégral contre la loi et le législateur, dont elle estime pouvoir se passer, marquant ainsi, non plus son indépendance mais son entrée en résistance, sa déclaration d’autonomie, au profit d’un monde qu’elle se construit, en dehors de tout contrôle, de toute obéissance à la loi et à la république.

L’indépendance et les transgressions des juges de la brigade financière, qui eux aussi, pétrit d’une idéologie affichée sur les murs où ils épinglent les « cons », leurs cibles à abattre pour atteindre leur objectif politique, échappent à tout contrôle, prêt à fabriquer des preuves contre les dirigeants d’entreprises, et désormais politiques, qu’il faut combattre sans cesse pour faire triompher leur « cause ». Est-ce que le combat de Dupond-Moretti portera ses fruits ? L’avenir le dira, mais il est temps que quelqu’un s’en soucie. Son combat est rassurant et mérite d’être soutenu.

Mais le plus sordide, le plus abjecte, c’est leur dernier acte politique. Un acte présenté sous forme d’une décision juridique, habillé pour répondre à la règle de droit, qui en matière pénale réclame que l’intention soit prouvée, pour condamner celui qui commet un crime (ou un délit), et qui a réussi à arguer de ce fait pour défendre l’indéfendable, et relâcher le criminel. Une décision qui heurte toute personne normalement constituée, sauf une partie de la gauche, dont on connaît le soutien à la cause palestinienne qui est une façon habile et lâche à la fois, de tenter de masquer un réel antisémitisme. Je veux parler de la décision déclarant irresponsable et donc non coupable, l’assassin de Sarah Halimi. Une décision politique, idéologique, qui viole le droit pour donner le change, le détourne pour faire triompher son idéologie néfaste. Et sordide.

Cette décision constitue ce que les juristes appellent des « faisceaux de preuve convergents » qui prouve un fait qu’un seul élément évident ne peut prouver à lui seul. Cette accumulation d’éléments qui semblent être déconnectés, les uns des autres prouve ainsi la dérive d’une institution définitivement perdue pour la République. Si vous ajoutez à cela la capacité sans fin de l’administration de contredire et contrarier, voire annuler la décision politique par sa lenteur (voulue) et sa capacité à noyer l’application des décisions, vous comprenez mieux pourquoi 1/ nous ne sommes plus une démocratie et 2/ pourquoi il ne faut pas s’inquiéter outre-mesure de l’élection de personnes comme Le Pen ou d’autres, car ils ne pourront pas mater ces institutions, qui auront la capacité de résister, encore plus du coup, aux décisions de ces élus si éloignés de leur idéologie.

Évidemment ce n’est pas la solution que nous souhaitons. Nous en remettre à ces quasi-« fanatiques » pour lutter contre une décision démocratique. La solution consiste donc à remettre ces institutions dans le droit chemin. La Justice au service du droit et l’administration au service du politique et de la Nation.

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