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Investissement : il faut permettre aux PME de se développer en entreprises de taille intermédiaire
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Investissement : il faut permettre aux PME de se développer en entreprises de taille intermédiaire

La mission de préfiguration confiée à Bruno Parent rend ses conclusions sur la future Banque publique d’investissement ce mardi. Celle-ci est destinée à financer les petites et moyennes entreprises. Il y a urgence.

Jean-Christel Trabarel

Jean-Christel Trabarel

Jean-Christel est associé fondateur de Jasmin Capital, société de conseil en investissement financier, spécialisée en capital investissement et en infrastructure.

Avant de créer Jasmin Capital, Jean-Christel avait mené une dizaine de levée de fonds et de projets de conseil marketing pour des fonds de capital investissement (LBO, capital développement, capital risque, mezzanine) et des fonds d’immobilier non coté.

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Le développement de l’emploi privé est le nerf de la guerre pour que la France sorte de manière structurelle de ces trop longues années de déficit budgétaire.

Il est impératif que les entreprises françaises se développent à la fois sur leur marché domestique et à l’international pour créer des emplois en France. Or, la croissance de toute entreprise nécessite des capitaux pour payer des ouvertures d’agences, bureaux, usines, pour acquérir de nouveaux clients ou financer la prospection de nouveaux marchés.

En comparaison avec l’Allemagne, la France souffre d’un manque d’Entreprises de Taille Intermédiaire (ETI). Ces entreprises qui emploient de 250 à 5 000 salariés avec un chiffre d’affaires allant jusqu’à 1,5 milliards d'euro. La France compte 4 700 ETI, représentant 3 millions de salariés soit plus de 20% de l’emploi salarié, contre 2,5 fois plus d’ETI en Allemagne avec son Mittelstand.

Pour passer du stade de PME (moins de 250 salariés) à celui d’ETI, les entreprises doivent passer des caps, consommateurs de fonds propres.

Par exemple, dans les secteurs industriels, il est courant d’investir un euro pour générer un euro de chiffre d’affaires annuel récurrent.

Le financement des entreprises françaises est donc crucial. D’autant plus, que les banques ont tendance à réduire la voilure en termes de prêt aux entreprises.

Le capital investissement, en apportant des capitaux aux entreprises, 10 milliards d’euros investis en 2011, est dans ce contexte un bon outil pour aider ces entreprises françaises à croître rapidement, que ce soit par croissance organique ou externe.

Les gérants de fonds de private equity ne sont pas des traders ou des gérants de hedge fund. Ce sont des acteurs économiques responsables qui investissent dans les sociétés pour plusieurs années, sont membres des conseils d’administration ou de surveillance, et accompagnent de manière active les dirigeants des sociétés. D’ailleurs, les sociétés de gestion de capital investissement sont de plus en plus nombreuses à signer les Principes de l’Investissement Responsable sous l’égide des Nations Unies.

Le capital investissement doit donc être encouragé, tout en étant encadré, pour continuer à développer les entreprises françaises de croissance et ainsi permettre l’émergence de sociétés leader sur leurs marchés.

Or, le contexte réglementaire tend à se durcir pour les investisseurs institutionnels avec Bale III pour les banques et Solvabilité II pour les assureurs, mutuelles et institutions de prévoyance. Seuls les fonds de pension y échappent, mais nous n’en avons quasiment pas en France. Par ailleurs, les changements possibles à venir sur la fiscalité des ménages n’incitent pas les particuliers à souscrire dans les fonds de capital investissement. Cette situation met en péril le développement des PME et ETI françaises.

Les politiques doivent reprendre en main ce sujet pour favoriser le financement des entreprises et donc leur croissance.

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