D-Vine, nouvel Nespresso du vin : ce que ce nouveau mode de consommation du vin va apporter (ou pas) | Atlantico.fr
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D-Vine permet de se faire couler un verre de vin à bonne température et correctement aéré à partir d’une éprouvette.
D-Vine permet de se faire couler un verre de vin à bonne température et correctement aéré à partir d’une éprouvette.
©Reuters

Tchin-tchin !

D-Vine, nouvel Nespresso du vin : ce que ce nouveau mode de consommation du vin va apporter (ou pas)

La start-up nantaise 10-vins, fondée en 2012, commercialise une nouvelle machine de la taille d’une machine à café : D-Vine. Elle permet de se faire "couler" un verre de vin à bonne température et correctement aéré à partir d’une éprouvette, et ce en l’espace de 30 secondes.

Fabrizio Bucella

Fabrizio Bucella

Fabrizio Bucella est professeur des Universités (Université Libre de Bruxelles), physicien, docteur en Sciences et sommelier.

Il est Juré-Expert dans de nombreux concours internationaux, journaliste à la Revue des Vins de France, et il écrit régulièrement des articles et billets concernant le vin et la bière pour des sites spécialisés et généralistes.

Consultez son dossier des 10 meilleurs bars à vin à Bruxelles (Revue des Vins de France).
Son compte Twitter :@FabSommelier

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Atlantico : Croyez-vous en ce nouveau mode de consommation du vin ? Les Français sont-ils prêts à acheter du vin à l’unité pour une consommation à domicile?

Fabrizio Bucella : On touche là à un des mystères du vin, celui du contenant. Il est toujours un peu mystérieux de comprendre comment la bouteille de 75 cl est restée la norme. Les Américains ont déjà mis sur le marché des vins dans des verres, il y a des vins conditionnés en canette… La question est de savoir si, tout compte fait, le consommateur ne préférera pas le contenant historique, surtout dans un pays producteur comme la France.

Quels seront les vins concernés ? Pensez-vous que la qualité puisse être au rendez-vous ? Sous quelles conditions ?

Le procédé ne me semble adapté que sur des vins jeunes de moyenne tenue. Les vins trop bons marchés seront sans-doute hors champs pour un concept qui vend entre 2 et 16 euros la capsule de 10 centilitres (entre 15 et 120 euros la bouteille de 75 cl) sans compter le prix de la machine (499 euros). Les vins vraiment très chers ne sont pas non plus adaptés, le consommateur leur préférera le contenant de verre traditionnel. Par contre, les vins jeunes avec un bon potentiel de garde sont ceux qui bénéficient le plus d’une oxydation lors du service, ce qui semble être un des points forts du concept.

Le vin commercialisé dans des éprouvettes, cela existe par ailleurs (Vino Tinto, Vin Subtil…). Winestar commercialise même du vin en canettes. Quel est le potentiel de ce marché en France ? En Europe ?

Voilà une excellente question. Les concepteurs ont passé quatre années à mettre au point la machine. Je suppose qu’ils ont eu le temps de réaliser des études de marché. Ceci étant, entre les sondages et l’acte d’achat, il reste une marge. De ce que j’ai pu lire, le point fort est mis sur la qualité du service du vin (aération, température…) qui serait plus optimale. La différence avec le service que chacun peut réaliser chez soi vaudra-t-elle l’investissement ? Un autre point noir est l’assortiment, forcément limité, au regard des linéaires de bouteilles qui s’offrent au consommateur dans les enseignes de la grande distribution ou chez un caviste.

Un tel concept existe-t-il pour d’autres type de boisson(s) (alcoolisées ou non)? Si oui, avec quel succès sur le plan commercial ?

Ce concept existe pour le café (Nespresso) ou pour la bière (PerfectDrat de Philips). Dans les deux cas, l’idée qui est racontée au consommateur est la suivante : vous allez goûter un produit servi dans les règles de l’art, comme si vous étiez au bar ou au restaurant. Or, dans les restaurants c’est en bouteille que le vin est servi "dans les règles de l’art". Par ailleurs, le choix de cafés proposés par Nespresso est à la limite plus grand que le choix de cafés torréfiés qui existe en-dehors (sauf pour quelques connaisseurs chez des détaillants spécifiques). Le concept D-Vine implique de payer 499 euros pour être obligé d’acheter les capsules de vin auprès de l’entreprise. Qui veut ainsi perdre sa liberté d’achat ? Ceci étant, je n’ai pas tous les éléments pour donner une appréciation étayée et seul le temps sera juge du pari de ces entrepreneurs dynamiques et inventifs.

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