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Syrie : et si Hollande n'était pas si à l'Ouest ?, cumul des mandats : et le champion est..., rentrée littéraire : une ministre est cachée dans un roman. Saurez-vous la retrouver ?
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Revue de presse des hebdos

Syrie : et si Hollande n'était pas si à l'Ouest ?, cumul des mandats : et le champion est..., rentrée littéraire : une ministre est cachée dans un roman. Saurez-vous la retrouver ?

Mais aussi la fabuleuse histoire des "oiseaux espions", la presse écrite poussée dans ses derniers retranchements et, et, et… l’arme de l’économiste Thomas Piketty contre l’inégalité. Faites pas la grimace : c’est malin, interrogeant — pas compliqué à comprendre, sûrement impossible à mettre en place — mais c’est du y’a bon !

Barbara Lambert

Barbara Lambert

Barbara Lambert a goûté à l'édition et enseigné la littérature anglaise et américaine avant de devenir journaliste à "Livres Hebdo". Elle est aujourd'hui responsable des rubriques société/idées d'Atlantico.fr.

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Depuis deux ans et demi qu’existe cette revue de presse des hebdos, on s’applique du mieux qu’on peut à vous faire toucher la crise que traverse la presse écrite, soulignant le manque patent d’enquêtes, le recours régulier pour ne pas dire systématique à la publication de “ bonnes feuilles ” de livres d’investigation et/ou de révélations de formes et de qualités diverses et variées. Difficile de dresser le compte des nouvelles “ nouvelles formules ” que les journaux nous ont proposées ces deux dernières années — et cela, sans grand résultat. En cette rentrée, pourtant, on sent qu’un seuil est franchi, que la pression est montée d’un cran, comme si la presse écrite avait soudain — enfin ? — pris conscience qu’elle jouait son avenir dans l’année. En témoigne le lancement, cette semaine, de pas moins de quatre “ nouvelles formules ” — une en presse quotidienne, trois en presse hebdo — qui en annonce d’autres…

 

“ Le Point ”, “ Le Nouvel Observateur ” et “ Les Inrocks ”, nouvelles formules

A l’heure où “ Libération ” table sur une offre double — un site enrichi et un magazine papier de fin de semaine —, big news : “ Le Monde ” prépare lui aussi sa mue, mais de façon plus radicale, et peut-être plus maligne… Si ce qu’on a lu sur Twitter s’avère exact (l’info reste à confirmer), sa patronne Nathalie Nougayrède aurait annoncé hier en conseil de surveillance que, dorénavant, “ l’organisation du quotidien ne sera(it) plus centrée sur le bouclage du journal papier à 10 h 30 mais sur les pics de fréquentation du site Internet : 7 h 30, 12 heures et 18 h 30 ”. Une révolution. A laquelle, visiblement, les hebdos ne se sont pas encore résolus… Du côté du “ Point ”, la nouvelle offre consiste en effet en un “ supplément idées ”, intégré au journal, intitulé “ Le postillon ”. Au menu : les raisons de “ la haine France-Allemagne ”, “ l’essai économique de l’automne ” (“ Dette : 5000 ans d’histoire ” de David Graeber publié aux éditions Les liens qui libèrent), “ La leçon de vie du dalaï-lama ” et une tribune d’Elisabeth Lévy (“ Attention, parents ! ”). Autrement dit : peut mieux faire… Quid du nouveau “ Nouvel Obs ” et des nouveaux “ Inrocks ” ? A dire vrai, on n’y a guère vu de différences, à part, peut-être au niveau de la maquette, pas forcément plus lisible, d’ailleurs, en ce qui concerne “ L’Obs ”, malgré l’usage de codes couleur assez voyants, pour ne pas dire aveuglants.

 

“ Les 50 qui changent le monde ”

Mais venons-en aux sujets proprement dits. Pour marquer son désir de renouveau et sa foi en l’avenir, “ L’Obs ” consacre sa couverture aux “ 50 qui changent le monde ”. “ La croissance a changé de camp, lance le mag. L’avenir se lève au sud et à l’est. C’est à un voyage dans cet univers en révolution que vous convie ce dossier spécial (...). Nous avons réuni les stars de demain, celles et ceux qui incarnent le basculement planétaire qui va bouleverser nos vies ”. Si les deux pages figurant “ le basculement du monde en chiffres ” méritent le coup d’œil, on est plus réservé quant au choix des personnalités censées l’incarner : on y trouve en effet, à côté des Indiens, Chinois, Coréens, Africains de demain, beaucoup — presque autant — d’Américains, mais aussi quelques Européens — suédois, norvégien, et même… un Français. C’est pas qu’on soit occidentalo ni franchouillo-centré, c’est juste qu’à la lecture, le dossier correspond padtafait à ce à qui était annoncé… et que, de fait, il est un moins probant. CQFD.

 

“ Un médecin face aux armes chimiques ” : “ l’enquête ”

Plus notable : l’hebdomadaire propose en page “ enquête ”, avec des gros blocs très jaunes, histoire de se repérer, le témoignage d’un généraliste oeuvrant “ dans un hôpital clandestin de la banlieue de Damas (qui) n’a pas besoin des experts de l’ONU pour savoir ce qui s’est passé le 21 août ”. Ce jour-là, rapporte le journal, le médecin “ a été prévenu dans la demi-heure qui a suivi les bombardements : “ Un activiste m’a appelé pour me dire que les frappes étaient bizarres. Deux heures après, il m’a confirmé qu’il y avait du chimique ”. (…) Le 21 août, débordés par l’afflux de victimes, les médecins ont dû choisir qui sauver. “ Il y avait une mère et son fils de 5 ans, raconte Majed Abou Ali. On n’avait qu’un embout pour les ventiler et leur apporter de l’oxygène ”. L’homme s’arrête de parler, s’étrangle dans ses larmes. “ On a choisi le fils… ” ”. Difficile de résister devant ce récit poignant. Quant à savoir s’il mérite le titre d’“ enquête ”…

 

 

“ Exclusif : voyage dans l’enfer syrien ”

On ne voit guère de différence, en vérité, entre cette "enquête" et le témoignage “ exclusif ” de la romancière syrienne Samar Yazbek, “ retournée clandestinement dans son pays ” que “ Le Nouvel Obs ” publie un peu plus loin. “ Le 20 juillet, jour de bombardement de Saraqeb, raconte l’écrivain, je me préparais avec quelques femmes à aller rencontrer des veuves de martyrs, pour monter avec elles de petits projets qui leur permettraient d’être financièrement indépendantes. A peine étions-nous prêtes que les déflagrations ont commencé. (…) Les femmes autour de moi criaient, les mains posées sur les oreilles, elles les levaient ensuite pour lancer leurs suppliques au ciel. Trois tonneaux ont été lâchés successivement. (…) Les barils, remplis de barres métalliques, de dynamite et de TNT, sont reliés à une mèche puis jetés des hélicoptères sur les habitations de manière arbitraire. Il est impossible de leur échapper, car ils creusent un immense cratère là où ils tombent. Nous attendions la mort, elle fait partie intégrante de l’existence des habitants ”. Encore un récit bouleversant. Produit par une romancière qui, pas plus que le médecin cité plus haut, n’est journaliste. Ce n’est pas qu’on doute de leur sincérité, ni de la réalité du drame syrien, juste, on aurait aimé, parallèlement à leurs voix, entendre celle d’un reporter, un vrai…

 

“ L’Obs ” en faveur des frappes militaires ?

Reporter en Syrie, sûr que c’est pas une sinécure, que, pour y aller, il faut sacrément en avoir. Samar Yazbel raconte d’ailleurs avoir assisté à l’enlèvement du “ courageux photographe polonais Martin Suder (…) par le groupe de l’Etat islamique en Irak et au Levant, qui a nié son forfait ”… Reste qu’on aimerait, à bon droit, je crois, connaître la position de “ L’Obs ”, comme de ses confrères, sur cette guerre. A la fin de son récit, la romancière indique qu’“ à tous (les jeunes révoltés en Syrie), leur seul espoir était de voir le régime subir un assaut militaire décisif ”. Le choix du journal de publier ce récit signifie-t-il que, lui aussi, est en faveur des frappes militaires ? Rien n’est malheureusement dit… A ce jour, et si on se réfère à ce que Jean Daniel écrivait la semaine dernière dans son édito (voir la RP du 5 septembre), tout ce qu’on sait de la position de “ L’Obs ”, c’est que, pour la première fois depuis son investiture, Obama l’a “ déçu ”.

 

Syrie : “ Les Inrocks ” qui, hier, fustigeaient Hollande, auraient-ils viré leur cutie ?

Et puisqu’on en parle, cela mérite d’être noté : “ Les Inrocks ” qui, hier, par la voix de son rédac chef Frédéric Bonnaud, fustigeait la prise de position de François Hollande sur le sujet syrien, donnent tout l’air, cette semaine, de réviser leur jugement. “ Fiasco égyptien, rétropédalage syrien, couverture santé qui cafouille sur fond d’images chic… En pleine crise, le Président (Obama) a beaucoup perdu de son aura auprès des Américains ces dernières semaines ”, indique le mag. “ L’exemple le plus douloureux de cette inconséquence est la légèreté avec laquelle il a traité son “ plus vieil allié ”, la France, dans l’affaire syrienne. On sait que Paris n’est jamais le premier choix des militaires américains lorsqu’il s’agit de passer aux choses sérieuses, mais laisser François Hollande patauger au milieu du gué en le prévenant à peine que, finalement, un vote du Congrès s’imposait, c’est assez gonflé. Même George W. Bush s’était mieux comporté avec Jacques Chirac à la veille de la guerre d’Irak de 2003. C’est dire ”. Cela a-t-il valeur d’un mea culpa ? “ Les Inrocks ” auraient-ils changé d’avis sur la question des frappes aériennes ? C’est pas très clair…

 

Syrie : “ Challenges ” attaque la droite “ vasouillante ” — et délivre un blanc-seing à Hollande ?

Clair, “ Challenges ” ? Pas plus que ses confrères, le magazine éco ne dit s’il faut y aller ou pas — si tant est que la question se pose encore… Mais, comme “ Les Inrocks ” ce mercredi, le journal semble vouloir “ amnistier ” le président de l’inconséquence et de la maladresse — frisant le ridicule — que les hebdos lui prêtaient la semaine dernière (voir, toujours, la RP du 5 septembre). “ Certes, à propos de la Syrie, écrit Ghislaine Ottenheimer, François Hollande n’a pas su éviter les embûches liées à ce type de crise, et a manqué d’allant en termes diplomatiques. Mais l’opposition a carrément vasouillé. Divisée, incapable de tenir un discours clair. Multipliant les conditionnels. Voire les propos dilatoires, à l’image de François Fillon qui, suivant sa base, a appelé de ses vœux, “ une solution diplomatique, et un dialogue avec la Russie ”. Pur wishful thinking. Un seul a fait la preuve de courage et de clarté : Alain Juppé, suivi par Jean-François Copé. Dès le départ, il s’est prononcé en faveur d’une intervention en Syrie, sans en minimiser les risques. Un discours qui conforte sa carrure d’homme d’Etat ”. “ Challenges ” est-il en faveur des frappes ? Appuie-t-il la position du président ? C’est pas très clair, bis repetita.

 

La fabuleuse histoire de la cigogne espionne

C’est une histoire fabuleuse, qui, comme l’indiquent “ Les Inrocks ”, résume “ la paranoïa grandissante qui règne au Moyen-Orient ”, mais en dit, peut-être…, un peu plus long sur l’absurdité des déclarations, postures, défausses, et autres hypocrisies que d’aucuns — la majorité ? — adoptent face à la guerre de manière générale. “ L’œil torve, la démarche hésitante et chaloupée, la tête basse : tout dans son attitude transpire la culpabilité, commence l’hebdo rock. Le cliché de ce suspect derrière les barreaux a fait la une de la presse égyptienne. Décrit par les autorités comme un “ cygne ” (sic), cette cigogne est soupçonnée d’être un espion français. Alors qu’elle planquait au milieu de quatre congénères en Haute-Egypte, dans la région de Qena, un pêcheur repère un étrange boîtier sur son dos. L’homme la capture et alerte le gouverneur. L’heure est (à) la paranoïa sécuritaire. L’armée et la télévision d’Etat appellent au patriotisme et à la délation, quitte à provoquer de lamentables erreurs judiciaires. Ayman Abdallah, le chef des services vétérinaires de Qena, est formel : le boîtier suspect est une balise scientifique qui vaudra à la bête d’être relâchée quelques jours plus tard ”. Mouarf ! Pour de la blagounette, c’est de la blagounette, ça. Sauf que ça n’en est pas vraiment une…

 

“ Accusé d’être un “ Israeli spy ” ”, un faucon crécerelle est arrêté, et sa radio publiée

“ L’Egypte n’est pas seule à s’inquiéter de l’espionnage animalier, poursuivent en effet “ Les Inrocks ”. En Turquie, l’affaire du faucon du Mossad défraie la chronique. Le 26 juillet, des villageois de la province Elazig capturent un faucon crécerelle. Son crime ? Il porte à la patte une bague de métal gravée en hébreu : “ 24311 Tel Avivunia Israël ”. Accusé d’être un “ Israeli spy ”, l’oiseau est “ arrêté ” et emmené à l’hôpital. Les médecins le passent aux rayons X. Le quotidien “ Millyet ”, proche du pouvoir, publie la radio du suspect en une sous le titre “ Israeli agent ”. Déception : ni microfilm ni équipements de surveillance ne sont détectés. C’est encore une bague scientifique. L’agent du Mossad est relâché ”. Ah, c’est croquignolet…

 

Des “ microdrones en forme de mouche, d’abeille ou de serpent ”

“ Point commun de ces affaires (qui ne sont pas les premières, comme le détaille l’hebdo), la mise en cause du Mossad, résument “ les Inrocks ”. “ Le bestiaire du Mossad ? A part les grands oiseaux de fer que sont les avions, je ne vois pas… Et puis les drones, les satellites espions, c’est très performant ”, sourit Frédéric Encel, (maître de conférences à Sciences-Po et auteur de “ Quelques idées reçues sur le monde contemporain ” (Autrement)). Une version confirmée par Eric Denécé, directeur du Centre français de recherche sur le renseignement : “ On est dans le fantasme absolu. Il y a eu des expériences mais elles sont anecdotiques… On ne peut pas contrôler le déplacement d’un oiseau à moins de greffer un truc dans le cerveau, une méthode qui peut déclencher un arrêt cardiaque ou échouer. Pourquoi s’embêter avec des animaux alors qu’on travaille aujourd’hui sur des microdrones en forme de mouche, d’abeille ou de serpent ? ” Pourquoi, en effet ? ! Des “ microdrones en forme de mouche, d’abeille ou de serpent ”… où va, franchement, se loger “ le progrès ” ? Si c’est pas tourneboulant… N’empêche : quelle histoire — et quelle absurdité !

 

Au palmarès des cumulards, le champion est…

“ Exclusif : 1 500 élus passés au crible. Le palmarès des cumulards ”, hurle “ L’Express ” en une. Hou, ça sent le y’a bon… Et qui, QUI, est le roi, le champion, des élus qui cumulent les fonctions et les statuts ? Vous ne vous en doutiez pas forcément — vous n’en aviez peut-être pas non plus grand chose à f… —, on vous le donne en mille : le “ sénateur maire (PS) de Dunkerque ”, Michel Delebarre. “ 3 mandats et 23 fonctions ”, tout de même (pour le détail, comme c’est assez long, on vous renvoie à l’hebdo). Sûr que ça fait beaucoup, et qu’on voit pas bien comment il s’y retrouve, le Michel, encore moins comment il peut tout assumer proprement… Comme on n’a pas le temps et la place de reproduire la liste des “ 141 élus qui cumulent le plus ” publiée par le mag, passons à la question qui tue : quel parti cumule le plus ? Quel parti, hmmm ?

 

Et quel parti cumule le plus ?

“ Bien qu’absente des podiums et minoritaire dans les pouvoirs locaux et nationaux, répond “ L’Express ”, la droite est ici majoritaire, avec 76 élus sur 141 (57 UMP, 18 UDI et 1 divers droite). Le PS est néanmoins très représenté (55 élus), accompagné par 4 communistes, autant de radicaux de gauche et 2 divers gauche. Parmi les grands partis, seuls les Verts, le MoDem et le FN ne comptent aucun représentant. Par culture politique (pour les écologistes), mais surtout faute de victoires électorales… ”. Petite précision, qui mérite d’être soulignée : “ Les ministres cumulent peu ”, nous dit le mag. “ Leurs indices de cumul demeurent très modestes, avec respectivement 13, 6 et 14, 4, quand les parlementaires, les patrons de région et de département affichent des résultats compris entre 18, 4 et 20. La vertu des membres du gouvernement ne surprend pas dans la mesure où, depuis Lionel Jospin, les règles en la matière se sont durcies. Celle des représentants au Parlement européen est plus frappante. Leur faible propension à collectionner les écharpes tient sans doute à l’éloignement géographique et au voisinage de collègues venant de pays où le cumul est proscrit, mais aussi au mépris dont fait l’objet leur mandat dans le microscosme parisien, qui envoie volontiers des “ seconds couteaux ” siéger à Strasbourg ”. Ah, ben, ça, ça rend humble, dis donc, pour le coup…

 

“ Les persécutés ”, alias les entrepreneurs, professions libérales et artisans

Tandis que “ L’Express ” donne dans les cumulards, “ Le Point ”, lui, donne dans “ Les persécutés ” — à savoir les “ entrepreneurs, professions libérales, artisans ” assommés, asphyxiés par “ la paperasse, le fisc, les banques, l’Inspection du travail et l’Urssaf… ” Une petite couv facile à monter, et fortement susceptible de faire recette — si elle n’avait pas déjà été faite… C’est pas qu’on ne compatie pas au sort des patrons de PME — comme tout un chacun, parce qu'on en connaît, on sait l’enfer de leur situation, de leurs horaires, l’absurdité ubuesque des exigences administratives auxquelles ils sont confrontés, l’ingratitude de leur tâche — mais, pour avoir lu le dossier de la première à la dernière ligne, on n’y apprend rien de bien neuf sur le sujet… Histoire de ne pas vous faire perdre votre temps, et puisqu’on a abordé le chapitre économique, voyons plus grand, plus large, élevons-nous vers ce qui peut-être un “ idéal ” mais qui ne demeure pas moins intéressant…

 

“ Le capital ”, version 2013, revisité par Piketty

Ce jeudi, en effet, “ Challenges ” consacre une page au nouveau livre de “ la star de l’Ecole d’économie de Paris dont les travaux sur les 1 % les plus riches ont retenti jusqu’aux Etats-Unis ”, on veut parler du désormais mastodonte Thomas Piketty. “ Sollicité de partout, indique l’hebdo, mais soulagé d’avoir accouché de son œuvre, (l’économiste) fait l‘événement avec la sortie de son essai, “ Le capital au XXIe siècle ”. Une somme de près de mille pages qui retrace sur trois siècles et vingt pays la dynamique des inégalités de richesse. Le pavé peut intimider, et ce serait exagéré de dire qu’il se lit comme un polar ”, reconnaît le journal. Mais, “ grâce à Dieu, Dieu merci ”, comme dirait ma mère, il a eu le bon goût de le lire pour nous et, surtout, surtout, de nous le résumer en termes intelligibles, pas difficiles à capter, pour peu qu’on accepte de se concentrer un poil et qu’on ait envie de comprendre un peu mieux la marche des choses. Zêtes prêts ? Vous nous suivez ? Zallez voir, c’est sans douleur…

 

“ Le XXIe siècle est revenu au XIXe, quand les héritiers s’enrichissaient de manière exponentielle par rapport aux travailleurs ”

“ La mécanique est simple, commence “ Challenges ”. Sur le long terme, Piketty a constaté que la rente du capital (intérêts, dividendes, loyers, plus-values…) rapporte, en net, près de 5 % par an, et dépasse durablement la croissance économique, qui, dans les pays avancés, plafonne autour de 1 % par an. “ C’était vrai dans l’histoire jusqu’au XIXe siècle, et ça redevient vrai au XXIe, analyse-t-il. Résultat : les patrimoines, issus des revenus du passé, grossissent plus rapidement que la progression, lente, des nouveaux revenus, et les héritiers s’enrichissent de manière exponentielle par rapport aux travailleurs ”. La démonstration est inattaquable, étayée par une plongée sans précédent dans les archives séculaires successorales et fiscales des grandes nations, menée pendant quinze ans par une équipe internationale d’une dizaine de chercheurs. “ Bientôt, cette accumulation toujours plus forte des patrimoines deviendra insoutenable, en contradiction avec nos principes de justice sociale et nos beaux discours sur la méritocratie, assène Piketty. Même les plus fervents libéraux devraient s’en inquiéter ! ”

 

A partir des années 1980, le capitalisme est revenu à sa nature inégalitaire

“ La France serait-elle revenue deux siècles en arrière, quand hériter valait mieux que travailler ?, s’interroge “ Challenges ”. Pas tout à fait : à l’époque, les 10 % les plus riches accaparaient 90 % du patrimoine total. Aujourd’hui, ils en détiennent 62 %… quand les 50 % les plus pauvres n’en ont ont que 4 %. (…) A partir des années 1980, explique en effet le journal, les patrimoines se sont reconstitués, la croissance a freiné, la mondialisation a poussé à la dérégulation. Et le capitalisme est revenu à sa nature inégalitaire. “ Il suffit de regarder le classement des 500 fortunes de “ Challenges ”, souligne notre attentif lecteur. On y observe que les très riches ne se sont jamais aussi bien portés, qu’il y a là bien plus d’héritiers que d’entrepreneurs, et que leur fortune croît de 6 à 8 % par an malgré la crise ”.

 

La solution de Piketty contre l’inégalité

“ Pour corriger ces excès, synthétise l’hebdomadaire, (Thomas Piketty) ne voit qu’un seul moyen : instaurer un impôt progressif sur le capital… mondial. L’idée paraît irréaliste à l’heure où la France est quasi seule dans le monde à prélever encore un  ISF, et où les nations font assaut de concurrence fiscale pour attirer les super-riches, plutôt que les surtaxer. Mais, à 42 ans, l’ex-conseiller de Ségolène Royal et inspirateur déçu de la campagne de François Hollande ne désespère toujours pas de l’action politique. (…) Selon lui, l’arme fiscale est le seul “ remède civilisé pour pour résoudre la violence sourde des inégalités ”. Sinon, “ elle dégénèrera en révolte sociale, repli protectionniste ou poussée populiste ”. La solution reste à débattre, conclut “ Challenges ”, mais le problème est magistralement posé ”.

 

Une ministre est cachée dans les romans de la rentrée : saurez-vous la retrouver ?

Après l’effort, le réconfort… Un peu de légèreté, en tout cas. Fin limier et empêcheur de penser en rond patenté, Jérôme Dupuis soulève un drôle de lièvre dans les pages “ Livres ” de “ L’Express ”… “ C’est un roman parmi les 555 de la rentrée littéraire. Avec un titre passe-partout, commence-t-il. “ Moment d’un couple ”, signé par une comédienne pas vraiment connue, Nelly Alard, et paru sous la couverture blanche bien peu tapageuse de Gallimard. Pourtant, depuis le début de l’été, le petit milieu parisien ne bruisse que de ce roman autobiographique. Il n’a pas fallu longtemps aux initiés pour mettre un nom sur la célèbre femme politique qui se cache derrière le personnage de Victoire, amante hystérique et suicidaire de l’époux journaliste de l’héroïne. Il faut dire que Nelly Alard ne lésine pas sur les indices : Victoire est une jeune élue socialiste de la région parisienne à la chevelure flamboyante, normalienne, grande lectrice de Simone de Beauvoir, ayant eu des démêlés houleux avec son ex-époux et à qui il arrive de perdre connaissance lors de cérémonies officielles. L’action du roman se déroule en 2003, mais nous pouvons ajouter que, depuis, “ Victoire ” a connu une ascension ministérielle fulgurante ”. Alors, alors, vous avez trouvé ? Bah, ça vous fera la soirée, hmmm… Sur ce, bonne semaine, les lapins !

 

 

 

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