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Une nouvelle génération horlogère s’est emparée des réseaux de sociofinancement pour donner libre cours à sa créativité.
Une nouvelle génération horlogère s’est emparée des réseaux de sociofinancement pour donner libre cours à sa créativité.
©DR

Atlantic-tac

Quand les grandes marques sont plantées et quand les petites marques sont lancées: c’est l’actualité des montres (en mode vérité)

Mais aussi un insolent pied-de-nez au conformisme suisse, une montre qui n’a pas marché sur la Lune, un bracelet suisse pour l’Apple Watch, des copeaux jurassiens et cinq minutes d’approximation…

Grégory Pons

Grégory Pons

Journaliste, éditeur français de Business Montres et Joaillerie, « médiafacture d’informations horlogères depuis 2004 » (site d’informations basé à Genève : 0 % publicité-100 % liberté), spécialiste du marketing horloger et de l’analyse des marchés de la montre.

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RECONFIGURATION: L’explosion démographique des marques inconnues…

Une mise à jour du logiciel de l’horlogerie traditionnelle est disponible : voulez-vous la télécharger ? Les statistiques d’exportation des montres suisses s’effondrent, avec une nouvelle chute de 16 % pour le seul mois d’octobre. La fin de l’année s’annonce naufragée et les licenciements explosent en Suisse : déjà près de 5 000 emplois perdus pour une industrie qui employait encore récemment 58 000 personnes. La vieille horlogerie se pavane sans plus rien vendre, alors que nous assistons, sur ce marché en crise, à la fantastique explosion démographique de la nouvelle horlogerie. Il y a de refondation dans l’air ! Les jeunes pousses de la montre n’ont pas attendu pour se lancer à l’assaut de la citadelle horlogère, murée dans ses certitudes vermoulues. Sur les réseaux de sociofinancement (Kickstarter, Indiegogo, Ulule, etc.), il se crée actuellement une moyenne de six à huit nouvelles marques de montres par semaine. Si toutes ne parviennent pas à lever les fonds nécessaires, la moitié de ces nouvelles propositions parviennent à tirer son épingle du jeu et à lever des centaines de milliers d’euros, sur la seule foi d’un design attrayant et de simples images numériques : on se demande pourquoi les grandes marques dépensent des milliards en campagnes de publicité et en boutiques sur les plus belles avenues du monde ! Le record appartient à Pebble, qui a levé plus de 10 millions de dollars sur Kickstarter(68 000 clients) pour son projet de montre connectée ! Certaines de ces campagnes de lancement ont dépassé le million de dollars levés (LIV watches). C’est tout simplement que les nouvelles générations d’amateurs de montres ont perdu le goût des « grandes marques » traditionnelles et qu’elles se font plaisir en « misant » sur les nouvelles offres découvertes sur les réseaux sociaux. Ce phénomène de ringardisation des marques « installées » par de séduisants rebelles reformate en profondeur le classique logiciel horloger : le Swiss Made va y laisser des plumes s’il ne s’adapte pas très vite… L’avenir n’est écrit nulle part, mais on sait déjà qu’une page vient de se tourner. Dé-fi-ni-ti-ve-ment ! Atlantic-tac vous propose cette semaine un échantillon représentatif de cette floraison horlogère, dans le monde entier…

Lien vers le Kickstarter Pebble 

CODE41: La « révolution horlogère » est avancée…

En mai dernier, Atlantic-tac avait révélé le lancement en Suisse du projet Goldgena, par une équipe de designers suisses qui voulaient rompre avec le conformisme ambiant. Sous le nom de marque Code41, la montre née de ce projet débarque sur Kickstarter, avec déjà près de 220 000 francs suisses récoltés en trois jours auprès de 420 contributeurs – une somme qui devrait doubler, voire tripler en fin de souscription. La proposition est d’autant plus disruptive qu’elle se présente avec deux versions mécaniques de la montre : l’une, Anomaly-01,est motorisée par un excellent mouvement automatique japonais ; l’autre (plus chère : Anomaly-02) équipée d’un non moins excellent mouvement suisse – ce sera donc une montre Swiss Made. Aux amateurs de choisir. Les codes esthétiques de ces Anomaly sont contemporains (ci-dessous et en haut de la page), le savoir-faire suisse (cette équipe a déjà signé de nombreuses montres pour des grandes marque) et l’ambition planétaire, avec la volonté clairement affirmée de s’inscrire dans un grand mouvement de « révolution horlogère » pour réenchanter les poignets, sans révérence marquée pour les « grandes marques ».

A Lire aussi :  Atlantic-tac :http://www.atlantico.fr/rdv/atlantic-tac/quand-bisontin-ironise-goldorak-quand-marteaux-tourbillonnent-et-quand-bulle-titille-tricheurs-c-est-actualite-montres-en-temps-2712111.html/page/0/1

Lien vers le Kickstarter 

KOPPO: Un grand souffle venu des forêts du Jura…

Tiens, un projet français, lancé sur Kickstarter par une équipe du Jura, avec 120 000 euros déjà souscrits par 540 amateurs ! C’est déjà beaucoup pour une simple montre, très minimaliste (dessinée en Suisse), dont le cadran est réalisé dans une marqueterie de bois provenant des forêts du Jura. D’où le nom de Koppo (tout le monde aura saisi l’astuce) ! Le mouvement électronique est suisse, mais les montres assemblées en France, à Morteau. Fabriqués à Besançon, en France, les bracelets interchangeables sont taillés dans des cuirs italiens qui respectent l’environnement (tannage végétal). En fonction des essences et de leurs couleurs, les cadrans présentent une infinité de variantes. Comble de l’honnêteté : les montres sont garanties dix ans ! Une politesse que n’ont pas les « grandes marques » qui se flattent de leurs montres « intemporelles », mais qui n’offrent généralement qu’une garantie standard de deux ans. Comme quoi les traditions de la belle montre ne se résument pas aux watch valleys suisses…

Lien Kickstarter 

NOOMOON: Sur le seul créneau créatif de l’Apple Watch…

Ce projet – qui a déjà permis de lever 36 000 francs suisses sur Kickstarter, auprès de 470 souscripteurs – n’est pas un projet de montre, mais une offre très précise de bracelets pour les Apple Watch – donc sans boucle, avec une fermeture magnétique. L’équipe de lancement est issue d’un des principaux fabricants suisses de bracelets pour montres, Brasport, ce qui garantit un haut niveau de technicité « dans le goût suisse » à ces bracelets, déclinés en deux tailles et en cinq couleurs. C’est le clin d’œil suisse à cette Apple Watch dont le succès commercial international explique en partie l’actuelle déconfiture des marques suisses d’horlogerie. 

BOVARRO: On n’a pas marché sur la Lune, mais…

Il y a les montres qui ont marché sur la Lune et celles que le débarquement sur la Lune asu inspirer : on classera le projet Bovarro dans la seconde catégorie – ni poussière de Lune dans la montre, ni référence à Apollo 11, ni storytelling bidon, mais un hommage émouvant, sobre et viril, à cette Lune qui nous fait tant rêver. Ce projet de montre automatiqueSwiss MadeMoon 1969 est né au Canada : le concept Bovarro a déjà été validépar 150 contributeurs à hauteur de 110 000 euros sur Kickstarter (540 % de la somme visée), ce qui est considérable pour une marque inconnue au design minimaliste. Embarquement immédiat : il ne reste plus que quelques heures pour participer au financement de cette aventure séléno-horlogère…

XERIC: On n’en est plus à cinq minutes près…

Là, on parle de 735 000 dollars (1 360 % de la somme initialement demandée) apportés par 1 400 souscripteurs à l’équipe californienne de Xeric (projet Soloscope sur Indiegogo). Cette montre mécanique est pourtant on ne peut plus disruptive (forme du boîtier, type d’affichage de l’heure, marque inconnue, distribution en ligne, etc.) : n’importe quel « expert » de l’horlogerie suisse aurait dédaigneusement nié la crédibilité d’un tel projet de montre mono-aiguille qui n’affiche les minutes qu’avec une précision approximative (autour des cinq minutes en y regardant de très près). Ce qui tendrait à prouver qu’une montre, c’est toujours, pour les nouvelles générations, quelque chose qui donne bien plus que l’heure. Il faudrait plutôt se demander pourquoi la Suisse horlogère n’est plus capable de produire des montres mécaniques de rupture à ce prix de souscription (400 dollars) et à ce degré d’engouement populaire. Surtout, cette industrie suisse devrait essayer de comprendre pourquoi elle ne sait plus vendre de telles montres sur ses réseaux de distribution classiques, devenus obsolètes dans le village numérique global. 

 

• LE QUOTIDIEN DES MONTRES

Toute l’actualité des marques, des montres et de ceux qui les font, c’est tous les jours dans Business Montres & Joaillerie, médiafacture d’informations horlogères depuis 2004...

Lien : https://businessmontres.com/

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