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Une note du Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (CIPDR), décrit une offensive menée sur Internet visant à « déstabiliser l'institution scolaire ».
Une note du Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (CIPDR), décrit une offensive menée sur Internet visant à « déstabiliser l'institution scolaire ».
©GERARD JULIEN / AFP

Atteintes à la laïcité

Education nationale : une note confidentielle révèle une offensive islamiste sur les réseaux sociaux en cette rentrée scolaire, rappelant l'affaire Samuel Paty

Selon des informations de L’Express, une note des services de l'Etat datée du 27 août évoque une mobilisation de la sphère islamiste sur les réseaux sociaux, ciblant la laïcité à l'école en cette période de rentrée scolaire. La loi de 2004 interdisant le port de signes religieux ostensibles à l'école est notamment au cœur des attaques et des critiques sur les réseaux sociaux.

Une note du Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (CIPDR), datée du 27 août, décrit une offensive menée sur Internet visant à « déstabiliser l'institution scolaire », selon des informations de L’Express.

« A l'approche de la rentrée scolaire, plusieurs messages, sur les réseaux sociaux, de comptes gravitant autour de la mouvance islamiste remettent en cause le principe de laïcité à l'école », selon cette note consultée par L’Express.

Ce document recense les différentes stratégies en cours sur les réseaux sociaux : des encouragements à porter des vêtements marquant une appartenance religieuse à l'école, des incitations à la prière au sein de l'école ou bien encore à pratiquer du chantage à la photo de jeunes femmes musulmanes dévoilées.

Les publications en question proviennent dans leur grande majorité de comptes anonymes créés sur les plateformes TikTok et Twitter, selon la note.

Des exemples avec des captures d'écran de ces comptes et des citations recensées sur les réseaux sociaux appuient ce constat. Le 23 août 2022, une influenceuse islamiste, suivie par 47.500 abonnés, a publié une vidéo sur TikTok qui encourageait, en guise de défi, les jeunes femmes de confession musulmane à « mettre une ceinture sur l'abaya [NDLR : longue robe portée au-dessus des autres vêtements] pour aller en cours pour pas qu'ils disent que c'est un vêtement islamiste ».

Dans certains lycées, « des jeunes femmes dévoilées qui portent le voile à l'extérieur de l'établissement » sont photographiées « dans le but d'exercer sur elles une pression ultérieure ».

Un utilisateur sur Twitter donnait des « conseils pour prier au lycée », d'autres internautes estimant que « l'école/le travail ne sont pas des excuses pour ne pas prier à l'heure ».

D’après les précisions de cette note du Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation, « ces expressions sont caractéristiques de la stratégie d'entrisme salafo-frériste visant à faire entrer des pratiques et rites religieux au sein de l'école républicaine ».

Ce document constate donc l'émergence d'une possible nouvelle « tendance », « encore marginale » pour l’instant, mais qui est prise très au sérieux par le CIPDR.

Ces messages sur les réseaux sociaux s’inscrivent dans une remise en cause de la loi de 2004 interdisant le port de signes religieux ostensibles à l'école. Selon la note, « cette loi est considérée, par les militants islamistes, comme la matrice de « l'islamophobie » en France ».

Certains membres du personnel des établissements scolaires, anonymement, remettraient aussi en question la neutralité religieuse à l'école. Le CIPDR cite notamment un communiqué de personnels du lycée Charlemagne, dans le IVe arrondissement de Paris : « Les élèves doivent pouvoir venir dans les tenues qui leur conviennent : trop couverts ou pas assez, c'est à elles et eux de décider ! »

Selon ce document, de plus en plus d'enseignants et de surveillants feraient régulièrement l'objet de critiques et de menaces sur les réseaux sociaux. Le CIPDR a observé ces derniers mois, « une recrudescence des messages menaçants », visant particulièrement les conseillers principaux d'éducation dont l'identité « voire la domiciliation » ont été communiquées sur les réseaux sociaux.

La note relate également un exemple de cette tendance à la « conflictualisation » avec le cas d'un parent d'élève. Dans une lettre adressée à la direction du collège de sa fille, en Haute-Loire, un père dénonçait l'interdiction pour sa fille de porter une tenue « de type burkini » durant le cours de natation. Il estime qu’il s’agit d’une façon « de participer à l'oppression et à l'islamophobie systémique dont seraient victimes les musulmans en France ».

Selon la note,« cette agitation numérique rappelle le mécanisme ayant mené à l'assassinat de Samuel Paty ».

Près de deux ans après le meurtre de l'enseignant, le pôle national « Valeurs de l'école de la République », censé apporter un soutien opérationnel aux équipes sur le terrain et notamment sur les questions de laïcité, a envoyé un courrier d'alerte à toutes les académies en cette rentrée scolaire. Cette missive relate de nombreux éléments cités dans la note du CIPDR.

L'Express

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