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Vous voulez savoir pourquoi Macron veut rouvrir les écoles le 12 mai ? Pour venir au secours des "quartiers populaires" !
©ludovic MARIN / POOL / AFP

Les folies du pouvoir

Vous voulez savoir pourquoi Macron veut rouvrir les écoles le 12 mai ? Pour venir au secours des "quartiers populaires" !

On lui fait déjà un procès pour incompétence et irresponsabilité. Sa démagogie c’est encore pire.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Il y a en France environ 11 millions d’enfants scolarisés. Un million d’enseignants et de membres du personnel scolaire (femmes de ménage, cuisinières et assistants d’éducation). Des millions de parents qui accompagnent leurs enfants à l’école. Une foule.

Certes, a dit Macron, la réouverture se fera « progressivement ». Donc pas tous les élèves, pas tous les enseignants en même temps. Mais il en restera quand même des millions qui vont se bousculer dans des établissements scolaires. Des mesures de sécurité seront prévues, a toutefois dit Macron.  Les élèves et les profs porteront-ils tous des masques ? Et qui empêchera qu’à la récré Paul s’approche de Jacques à moins d’un mètre cinquante ?

Les profs jugent ça irresponsable et s’en inquiètent. Les médecins protestent contre cette liberté accordée à un virus baladeur. Ils ont raison. Mais ils n’ont pas bien compris ce qu’était cette « progressivité » voulue par le président de la République. Pour cela, il faut relire attentivement les propos du chef de l’Etat.

Macron se préoccupe de nos chères têtes blondes mais il a une prédilection particulière pour les chères têtes brunes. Il explique la nécessité de ce déconfinement par son désir de venir au secours des enfants des « quartiers populaires ». Ceux-ci, explique Macron, n’ont pas (contrairement sans doute aux gosses de riches) « accès au numérique ». Impossible, selon la logique présidentielle de leur envoyer des devoirs et des corrigés sur les tablettes et les écrans dont ils seraient tristement dépourvus.

Blanquer s’est chargé d’expliciter la pensée présidentielle. D’après lui, les premiers établissements à rouvrir seront les lycées professionnels dont on sait qu’ils sont classés en ZEP. Car, a-t-il ajouté, il ne faut pas laisser ces malheureux gamins « à la dérive ». Il vaut mieux entendre ça que d’être sourd.

Mais dans quel monde vivent MM. Macron et Blanquer ? Ignorent-ils que dans les « quartiers populaires » le portable – smartphone et de préférence iPhone – fait partie d’une panoplie obligée sans laquelle on est la risée de la cité ? Ne savent-ils pas que « les jeunes »,  objets de toutes leurs attentions, sont en permanence connectés sur les réseaux sociaux et qu’ils pourraient l’être sans difficulté aucune sur les sites de leurs collèges et lycées ?

On ne comprend pas bien ou plutôt on comprend trop bien. Il ne faut pas que la jeunesse désœuvrée traîne aux pieds des HLM. Pendant quelques heures, les enfants des « quartiers populaires » seront donc confinés dans les établissements scolaires. Je profite de cette heureuse occasion pour transmettre à Macron et à Blanquer les très chaleureux baisers du coronavirus. 

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