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TikTok première victime du bras de fer entre la Chine et les États-Unis. Donald Trump va décider de fermer la star montante des réseaux sociaux

Dans la guerre commerciale qu’il livre à la Chine, Donald Trump continue sur la ligne dure. Au point de s’attirer les foudres des 100 millions d’ados américains utilisateurs. TikTok, la grande réussite chinoise, a le choix entre fermer ses activités ou se vendre à un américain.

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.

Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.

Il est aussi l'auteur du blog http://www.jeanmarc-sylvestre.com/.

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TikTok, c’est un réseau social tout neuf. Il date de 2016 et compte déjà 1 milliard d’utilisateurs à travers le monde, dont 100 millions aux États-Unis. Le nouvel Instagram en plus jeune et plus ludique, à la différence près que l’entreprise à l’origine du succès, Bytedance, est chinoise.

Autant d’ingrédients qui ont attisé l’intérêt de Washington, qui évoquent des suspicions d’espionnage au profit de Pékin. Une « menace nationale » pour les millions de données des citoyens américains et le risque qu’elles se retrouvent dans les mains d’un régime autoritaire, en conflit avec les États-Unis depuis la présidence Trump.

La tension est montée tout le weekend. Vendredi, Donald Trump annonçait son intention d’interdire TikTok, le réseau social où les utilisateurs s’amusent à créer des mini-vidéos personnalisées, sur le territoire américain. Mais samedi soir, rien n’était encore sorti des bureaux de la Maison Blanche.

Pour cause, une autre solution était en train d’être négociée par Bytedance elle-même. Pour ne pas mourir aux États-Unis, l’entreprise voulait céder son activité locale à une entreprise américaine.  Microsoft est sur les rangs et serait en train de négocier.

Alors, tout ça n’est ni plus ni moins qu’un démantèlement. Bytedance se séparerait de 10% de ses activités et ne garderait aucune participation dans cette scission. Une autre entreprise (Microsoft ou une autre) serait chargée de faire fonctionner le réseau social sur le territoire américain. Et du coup, pourrait en surveiller le fonctionnement des moteurs en évitant que les données ne s’échappent ailleurs.

On a souvent parlé de démantèlement pour les GAFA, les géants du digital américain, cette semaine encore, quand leurs patrons sont passés sur le gril devant les députés du Congrès. Mais ce démantèlement imposé à un géant chinois se serait décidé en un temps record et par les acteurs économiques eux-mêmes, Donald Trump n’intervenant qu’en dernier ressort pour contraindre le groupe chinois à revoir son prix de vente à la baisse, selon certains analystes.

En fait selon le Financial Times, derrière cette opération, le grand gagnant serait Facebook, qui aurait pu faire pression sur le gouvernement, alors qu’il s’apprête à lancer un rival à Tiktok, baptisé Reels.

Quelque part, les grands du digital ne sont pas mécontents. Facebook bien sûr, mais aussi Google, Apple, Amazon ont beaucoup de mal à fonctionner sur le marché chinois. Ils sont soit interdits, soit censurés ou contrôlés quant à leur contenu. Ça fait des mois qu’ils réclament des mesures de rétorsion, d’autant que très souvent les Chinois accueillent les innovations et les empruntent très rapidement pour développer leurs propres modèles.

Le problème est que si cette application est détestée de Donald Trump, elle est plébiscitée par près de 100 millions d’utilisateurs aux États-Unis, parmi lesquels beaucoup de jeunes de 16 à 24 ans. Le président américain peut-il se permettre dans une campagne présidentielle déjà compliquée, de se mettre le jeune électorat à dos ? Il prend des risques... A moins qu’il échange ces jeunes électeurs contre une neutralité bienveillante de tous les GAFA qui ne l’ont jamais beaucoup aimé non plus.

Les grands projets cachent parfois de basses manœuvres politiques.

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