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Thierry Mariani : "Ceux qui s’occupent de Roissy me disaient que la négociation était extrêmement difficile car les syndicats étaient émiettés : il y avait pas moins de quarante personnes autour de la table lors des réunions !"
Thierry Mariani : "Ceux qui s’occupent de Roissy me disaient que la négociation était extrêmement difficile car les syndicats étaient émiettés : il y avait pas moins de quarante personnes autour de la table lors des réunions !"
©Reuters

Service minimum

Thierry Mariani : "Si François Hollande était Président, des dizaines de milliers de Français ne passeraient pas Noël en famille"

Le ministre des Transports Thierry Mariani s'est rendu ce jeudi à Roissy pour constater le remplacement des agents de sûreté à l'occasion du septième jour de grève dans les aéroports. Il plaide pour l'instauration d'un "service minimum" dans le domaine aérien, comme il peut en exister à la SNCF ou la RATP.

Thierry Mariani

Thierry Mariani

Thierry Mariani a créé, en 2010, avec notamment les parlementaires Christian Vanneste et Lionnel Luca, le collectif de la Droite Populaire.

Il a été ministre chargé des transports dans le dernier gouvernement de Nicolas Sarkozy. 

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Atlantico : Vous étiez ce jeudi à Roissy en compagnie de Nathalie Kosciusko-Morizet et Claude Guéant afin de constater le remplacement des agents de sûreté à l'occasion du septième jour de grève dans les aéroports. Comment cela s’est-il passé ?

Thierry Mariani : Ca s’est très bien passé. Les passagers étaient satisfaits de pouvoir partir. Les policiers ont été bien reçus. Surtout, l’ensemble des vols a pu décoller. Grâce aux dispositions prises, à Roissy, aucun vol n’a été annulé.

 

Êtes-vous favorable à un "service minimum" dans les aéroports ?

Dans la plupart des pays, en matière de transports, il existe des dispositions particulières. Je ne dis pas que c’est un exemple à suivre, mais, en Italie, les grèves dans les transports sont interdites par la loi pendant les périodes de fêtes.

En ce qui me concerne, je suis favorable à la proposition de loi du député UMP Eric Diard, membre du collectif de la Droite populaire dont je fais partie. Il propose de garantir à la fois le droit de grève et les services. Ceux qui veulent faire grève peuvent ainsi continuer à le faire mais doivent poser un préavis de deux jours à l’avance. Pourquoi ? Car cela permet d’organiser les effectifs, de préparer les vols qu’on maintient ou ceux qu’on annule et d’informer les passagers. Finalement, c’est la transposition de ce qui a été voté au début du mandat de Nicolas Sarkozy concernant le service minimum dans la RATP et la SNCF.

Aujourd’hui, très souvent, on ne sait qu’une demi-heure avant le décollage si le vol peut avoir lieu ou non. Parfois – je l’ai vécu – les passagers embarquent, puis on leur annonce qu’il manque un membre de l’équipage et qu’il faut descendre de l’avion…

On oublie par ailleurs que les compagnies aériennes ne sont pas dans un état financier extraordinaire et que tous ces mouvements contribuent à les menacer financièrement.

 

Michel Sapin, chargé du projet présidentiel de François Hollande, a déclaré aujourd’hui sur Radio Classique/Public Sénat que « vouloir contraindre les salariés quand ce sont les patrons qu'il faudrait contraindre, c'est un renversement des rôles qui n'est pas admissible ». Que lui répondez-vous ?

Si je comprends bien Monsieur Sapin, si François Hollande dirigeait aujourd’hui la France, il y aurait des dizaines de milliers de Français qui ne passeraient pas leur Noël en famille…

Ce qu’il faut surtout contraindre c’est la négociation et le dialogue. Vous savez, dans cette profession, la négociation a du mal à se faire. Nous avons eu une réunion à huis clos avec l’ensemble des négociateurs ce matin. Ceux qui s’occupent de Roissy me disaient que la négociation était extrêmement difficile car les syndicats étaient émiettés : il n'y avait pas moins de quarante personnes autour de la table lors des réunions ! C’est une profession qui n’a pas la culture du dialogue social. Et quand je dis cela, je vise aussi bien les syndicats des salariés que les syndicats patronaux : le préavis de grève avait été déposé le 7 décembre !

 

Était-il vraiment nécessaire d’envoyer des policiers pour assurer le service ?

Il y a 400 policiers et gendarmes qui sont aujourd’hui prêts. A midi, aujourd’hui, il n’y en avait qu’une centaine engagée. Il ne s’agit que de policiers de la PAF (Police de l’air et des frontières) et de gendarmes de la GTA (Gendarmerie des transports aériens). Ce ne sont donc pas des CRS, comme j’ai pu l’entendre à la radio ! Ce sont des personnes qui ont l’habitude des aéroports puisqu’elles y travaillent depuis des années.

Il existe trois postes concernés : celui qui vous demande d’enlever votre ceinture, de sortir votre ordinateur, etc. Celui qui observe vos bagages derrière son ordinateur. Et le troisième qui fait les palpations. Les policiers ou gendarmes n’occupent que le premier et le troisième de ces postes.

Mais ils étaient nécessaires : on avait le personnel suffisant pour tenir pendant un trafic proportionné moyen, mais pas pour une période de pointe comme celle de Noël.

 

Les policiers ne jouent donc pas le rôle de « casseurs de grève » ?

La police est là pour assurer des missions de sûreté qui n’avaient pas les moyens d’être assurées aujourd’hui dans les aéroports et pour permettre à tous les Français de partir en vacances de Noël.

C’est tout de même devenue une détestable habitude française de déposer des préavis de grève à la veille ou pendant les vacances. Souvenons-nous qu’au mois d’août un préavis de grève a été levé à la dernière minute (ce qui signifie que jusqu’au dernier moment il était impossible de s’organiser).

La proposition de loi présentée par Eric Driard est donc nécessaire. Elle concernera toutes les professions impliquées dans la chaîne des transports aériens.

 

Propos recueillis par Aymeric Goetschy

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