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Pourquoi l'inversion de la courbe du chômage est ressentie comme une chimère
©REUTERS/Eric Gaillard

Edito

Pourquoi l'inversion de la courbe du chômage est ressentie comme une chimère

Les déclarations péremptoires du chef de l’Etat sont accueillies avec un grand scepticisme, le bilan du quinquennat restant dans ce domaine, peu flatteur.

Michel Garibal

Michel Garibal

Michel Garibal , journaliste, a fait une grande partie de sa carrière à la radio, sur France Inter, et dans la presse écrite, aux Échos et au Figaro Magazine.

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La chute mémorable du chômage en septembre a donné lieu à des bulletins de victoire dans les sphères officielles, comme si la plaie la plus profonde de l’économie française était définitivement refermée. Le montant n’est pas négligeable avec 66 000 sans emplois de moins en métropole, à condition de ne pas le rapprocher des 3 746 000 personnes déclarées en quête d’un travail et des 5,7 millions qui pointent aujourd’hui à Pôle emploi.

Après la forte hausse du chômage du mois  d’août (52 000 personnes), un mouvement de rééquilibrage était logique, d’autant que les  chiffres de l’été ont  une valeur relative, car ils sont affectés par la  période des vacances. Au demeurant, on n’enregistre pas  le même triomphalisme  dans l’opinion, pour laquelle les déclarations péremptoires du chef de l’Etat sont accueillies avec un grand scepticisme, puisqu’elles ont fait de lui le "président quatre pour cent" dans un dernier sondage d’opinion.

Le bilan du quinquennat dans ce domaine reste peu flatteur. Le ministère du Travail recense lui-même 617 000 chômeurs supplémentaires en catégorie A depuis l’élection de François Hollande, tandis que l’Unedic annonce 79 000 nouveaux inscrits sur les listes du chômage l’an prochain, avec une dégradation de la situation qui se poursuivrait en 2018 et 2019. Car le fameux alignement  des planètes qui devait apporter la croissance est en train de s’éloigner. Les taux d’intérêt, après avoir attient un record de baisse, s’orientent désormais à la hausse sous la houlette des Etats-Unis, un mouvement qui devrait gagner progressivement l’Europe, même si c’est encore  de manière très lente, dans les mois à venir. De leur côté, les prix de l’énergie ont déjà amorcé  une certaine reprise : les cours du pétrole, tombés en-dessous de trente dollars le  baril, semblent désormais installés autour de 50 dollars. Les automobilistes qui passent  à la pompe ont pris conscience qu’on  était en train de leur reprendre une partie de ce pouvoir d’achat qui leur avait été concédé depuis deux ans, ce qui ne peut que rejaillir sur leur appétit de consommation. Déjà, les experts se montrent prudents sur les perspectives de croissance de l’économie. Le pronostic  officiel de 1,5% est seulement affiché dans les sphères officielles : or, c’est le seul qui permettrait de stabiliser le chômage,  voire de  le diminuer artificiellement grâce à la soupape procurée par  les programmes de  formation, dont l’efficacité est d’ailleurs souvent mise en doute. Pour la plupart des économistes, la France devra se contenter de 1 à 1,2% de progression du produit intérieur brut, dès lors que la conjoncture internationale ne se montre guère  porteuse.

A cet égard, les dernières enquêtes auprès des chefs d’entreprises sont peu réjouissantes. Ainsi, la Chambre de commerce et d’industrie d’Ile-de-France révèle le désarroi qui affecte la plupart de ses adhérents : une entreprise sur deux s’attend à une détérioration de la  situation économique dans les prochains mois : la première région du pays qui fait normalement figure de locomotive pour les autres affiche un pessimisme basé sur le fait que 40% des établissements consultés, essentiellement des petites et moyennes entreprises ont une activité  en baisse, tandis que le  niveau des investissements est en chute de 17%, contre 11% pour la moyenne nationale du pays. Le recul du tourisme, les  craintes liées aux attentats sont en partie responsables de cette morosité, entretenue aussi par le climat délétère qui entoure la période  préélectorale. Dans ce contexte c’est l’attentisme qui domine, les plans de développement étant mis en  veilleuse tant que la situation politique ne  s’est pas éclaircie. Et en définitive, c’est l’emploi qui demeurera sous pression.

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