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Martine Aubry sait-elle vraiment 
ce que pensent les femmes ?
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Nous, les femmes...

Martine Aubry sait-elle vraiment ce que pensent les femmes ?

Martine Aubry semble prendre ses distances avec Dominique Strauss-Kahn. Interrogée sur l'attitude de ce dernier vis-à-vis de la gente féminine, elle a avoué penser "la même chose que beaucoup de femmes". Qu'en sait-elle ? Et puis, l'opinion féminine est-elle si homogène que cela ?

Jérôme Sainte-Marie

Jérôme Sainte-Marie

Jérôme Sainte-Marie est président de la société d'enquête et de conseils PollingVox.

 

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Atlantico : Existe-t-il une différence de perception notable entre les hommes et les femmes au sujet de l’affaire Dominique Strauss-Kahn ?

Jérôme Sainte-Marie : Les derniers sondages montrent une parfaite équivalence (au point près) des opinions des Français et des Françaises sur l’avenir qu’ils souhaiteraient pour Dominique Strauss-Kahn. Trois options étaient données aux personnes interrogées:

  • Dominique Strauss-Kahn se présente aux primaires socialistes.
  • Dominique Strauss-Kahn ne participe pas aux primaires mais prend position en faveur d’un des candidats déclarés.
  • Dominique Strauss-Kahn ne participe pas du tout au débat politique des prochains mois.

Dans les trois cas, il n’y a pas de différences notables entre les hommes et les femmes sondés. 53 % ne souhaitent pas qu’il participe au débat, 23 % souhaitent qu’il soit candidat aux primaires et 19 % ne souhaitent pas qu’il participe aux primaires mais plutôt qu’il prenne position en faveur d’un candidat.

Il n’y a donc pas de sanction particulière de Dominique Strauss-Kahn dans l’opinion féminine.

Les femmes de droite et les femmes de gauche ont des raisons différentes d’apprécier ou d’en vouloir à Dominique Strauss-Kahn. A droite, chez les femmes comme chez les hommes, Dominique Strauss-Kahn était apprécié pour son coté stable, sérieux. Le spectacle de son désordre personnel, devenu un problème institutionnel, lui est reproché par les femmes de droite. A gauche, certaines femmes ont davantage été sensibles aux dégâts de l’affaire sur la cause féministe, considéré comme liée aux valeurs du socialisme français.

Quelle était l’opinion féminine sur Dominique Strauss-Kahn avant l’affaire de New-York ? Comment a-t-elle évolué depuis ?

En mai, peu avant le début de l’affaire du Sofitel, Dominique Strauss-Kahn bénéficiait d’une opinion favorable de 52 % chez les hommes et de 49 % chez les femmes, soit une différence minime de 3 %. Aujourd’hui, les chiffres ont évolué de la même manière chez les hommes et les femmes, 27 % pour les hommes et 23 % pour les femmes. Il n’y a donc pas eu d’évolution particulière de l’opinion féminine concernant Dominique Strauss-Kahn.

Le refus d’un certain type de comportement, comme la violence ou l’agression sexuelle, est aussi important chez les hommes comme chez les femmes. L’évolution de notre civilisation vaut pour les deux sexes.

En 2007, Ségolène Royal était très populaire chez les hommes. Elle agaçait beaucoup de femmes et plaisait à beaucoup d’hommes. De la même manière, il y a beaucoup d’hommes scandalisés par le comportement de Dominique Strauss-Kahn, mais aussi beaucoup de femmes qui s’en accommodent très bien.


Le fait que Martine Aubry « lâche » Dominique Strauss-Kahn peut-il être perçu comme un appel du pied vers l’électorat féminin ?

L’opinion féminine et masculine étant assez homogènes à ce sujet, si tel était le calcul, cela n’aurait pas de conséquences globales. Peut-être pourrait-elle améliorer sa cote de popularité dans les milieux féministes de gauche, mais je ne crois pas en l’existence d’une telle stratégie.

Il n’y a pas de candidat des femmes dans la campagne interne du Parti socialiste. Encore une fois, on ne peut percevoir aucune différence notable entre les hommes et les femmes à ce niveau. L’âge est, selon moi, un facteur bien plus pertinent que le genre dans ce type de sondages.


Existe-t-il des thèmes de campagne féminins ? Quelles sont les différences notables entre hommes et femmes en termes d’opinion ?

Il y a une spécificité de l’opinion des femmes sur le refus de tous les partis qui incarnent la violence et sur les questions de vie quotidienne. Ensuite, les femmes, plus facilement que les hommes, indiquent qu’elles ne savent pas. On ne sait pas exactement si cela vient du fait qu’elles s’informent moins ou bien qu’elles se sentent moins tenues que les hommes de donner une réponse. Les femmes se comportent de manière beaucoup plus décontractée face au sondeur, elles n’hésitent pas à dire qu’elles ignorent quelque chose. L’homme se sent presque obligé de répondre, comme s’il devait obligatoirement être au fait de tous les grands problèmes de ce monde.



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