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Les jeunes adorent Marine Le Pen : comment en est-on arrivé là ?
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Zone franche

Les jeunes adorent Marine Le Pen : comment en est-on arrivé là ?

La candidate FN est la présidentiable préférée des jeunes. A force de leur seriner qu’ils avaient besoin d’être protégés du vaste monde, ils ont fini par le croire.

Hugues Serraf

Hugues Serraf

Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019

 

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Il faut vraiment s’être fabriqué un pays de frileux sur la durée pour qu’une telle proportion de jeunes (26% chez les 18-24 ans) en vienne à placer Marine Le Pen en tête de ses affections politiques à quelques jours de la présidentielle.

La candidate du FN, nous apprend une étude CSA, devance en effet François Hollande d’un poil (25% de suffrages potentiels), mais explose carrément Nicolas Sarkozy (17%), Jean-Luc Mélenchon (16%) et François Bayrou (11%) et pourrait bien ne pas en rester là puisqu’elle progresse sur ce segment sondage après sondage.

Un « jeune », ça n’est pas généreux par nature, ce serait même plutôt le contraire, ceux qui en ont un ou deux à la maison le confirmeront, mais c’est généralement enclin à la prise de risque et au bousculement de l’ordre établi. Marine Le Pen leur propose tout le contraire : repli, « protection », conservatisme général d'une France en noir et blanc... Le FN est par essence un parti de vieux (et je n’ai strictement rien contre ces derniers : ancien jeune moi-même, je serai tôt ou tard membre du club).

Même Mélenchon devrait pourtant les attirer davantage, faire souffler l’esprit de révolutions sud-américaines fantasmées sur leurs visages glabres et boutonneux... Mais non : ils exigent de l’entre-soi, des frontières étanches, de l'ancien franc et des patronymes bien de chez nous.

« Marine, elle diminuera le taux d'immigrés, et c'est bien. Il y a bientôt plus d'immigrés que de Français ! Nous, on doit faire des études et au final, on laisse le boulot aux immigrés », radote au Monde un lycéen de 17 ans. « A cause d'eux, on n'a pas de travail. Ils sont contents d'avoir des salaires de misère », perroquète une autre.

Ces années à seriner que le marché du travail n'était qu'un gros gâteau à se partager, duquel il convenait d’éloigner les plus de soixante ans pour faire de la place aux jeunes, ont fini par légitimer la vieille arithmétique xénophobe « X millions d’étrangers = X millions de chômeurs » et justifier tous les protectionnismes. Autant que l'idée que c’est du grand large que venaient les menaces.

Et tant pis pour l’exagération manifeste née de l'exaspération d’un ni vieux-ni jeune : c’est l’ensemble de l’offre politique française qui fait du lepénisme soft. Et même le Mélenchon, à vrai dire.

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