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Le paquebot France face l’iceberg de la récession : les erreurs de cap se paieront longtemps
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Un homme à la mer

Le paquebot France face l’iceberg de la récession : les erreurs de cap se paieront longtemps

La France entre en récession. Le FMI a baissé ses prévisions de croissance pour l'hexagone. La production industrielle a chuté de 2,7% en septembre. Pour redresser la barre, un nouveau leadership et un virage à 180 degrés dans le sens libéral reste la seule possibilité.

Bruno Bertez

Bruno Bertez

Bruno Bertez est un des anciens propriétaires de l'Agefi France (l'Agence économique et financière), repris en 1987 par le groupe Expansion sous la houlette de Jean-Louis Servan-Schreiber.

Il est un participant actif du Blog a Lupus, pour lequel il rédige de nombreux articles en économie et finance.

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C’est Michel Sapin, si nos souvenirs sont bons, qui, a propos de la hausse du chômage, a comparé la France à un paquebot. Il entendait par là qu’il est difficile de le faire virer en raison de la masse et de la vitesse acquise. Et il avait raison.

L’économie, c’est lourd, quand on fait des erreurs de pilotage, on les paie pendant longtemps. Nous payons encore les erreurs de Mitterrand, l’immobilisme de Chirac et l’agitation de Sarkozy. Et nous allons payer pendant longtemps les erreurs de pilotage des premiers mois de Hollande, à savoir les 37 milliards supplémentaires de ponctions fiscales, la renaissance du climat de lutte des classes et les prises de position anti-allemandes au plan européen.

En matière politique, faire et défaire, c’est toujours travailler, mais c’est surtout nuire. Comment qualifier les mesures de nivellement du début du quinquennat qui ont fait rentrer les Français dans leur coquille et gelé la circulation de l’argent ? Comment qualifier les hausses des impôts sur les entreprises, alors que l’on prétend, maintenant, en panique, subventionner leur compétitivité ? Et tout est à l’avenant, Gribouille dans ses œuvres.

Ne vous y trompez pas , nous ne sommes pas de ceux qui tirent sur les ambulances et nous ne cherchons pas à stigmatiser pour le pire, mais pour le moins mal. Les dégâts sont faits. La France entre en récession.

Les indices Markit récents sont catastrophiques aussi bien pour le manufacturier que pour les services. Ils ont été peu commentés en France bien sûr, mais ils sont très mauvais. Au niveau européen, on a révisé en baisse la croissance , si on peut dire, Française. Cahuzac a préféré dire que l’Europe se trompait puisqu’elle n’avait pas vu venir la crise de 2008. Elle est disqualifiée. Nous sommes d’accord, mais en plus pessimistes, les prévisions européennes sont encore trop généreuses. Le FMI a fait de même, il a baissé ses prévisions sur la France et s’est permis de donner quelques leçons de conduite aux pilotes du bateau. Voici que la Banque de France, qui n’est pas un foudre de guerre d’audace, s’en mêle. Elle dit que la France va entrer en récession au 4ème trimestre. Cette récession est évaluée à -0,1%. On attend maintenant les prévisions de l’INSEE le 15 Novembre.

Parmi les déclarations, on note celle du gouverneur de la BdF, Noyer qui lui, minimise : la France, selon lui, n’est pas en récession. Celle de Moscovici qui prétend que cela ne jouera pas sur les objectifs de déficits. Moscovici réinvente l’arithmétique.

Toujours est-il que la production industrielle Française a chuté de 2,7% en septembre, cela, c’est de l’acquis , pas de la prévision.

Comment limiter les dégâts puisque, comme l’a dit Sapin , le paquebot est long à virer et on n’a pas encore pris en compte tout le négatif des derniers mois ? Comment virer alors que cela doit aller beaucoup plus mal au cours des prochains mois, quoi que l’on fasse?

Notre idée est qu’aucune mesure classique ne peut produire d’effet. L’outil budgétaire est hors d’usage, le monétaire non disponible. Reste la psychologie, les perceptions.

Nous soutenons, comme nous l’avons fait il y a quelques semaines, qu’une reprise en mains politique, un nouveau et authentique leadership et un virage à 180 degrés dans le sens bourgeois, libéral, est la seule possibilité qui reste à Hollande. Il faut qu’il renonce spectaculairement à sa politique des premiers mois, laminage, nivellement, défense des marginaux et qu’il donne des gages, des symboles forts.

Nous insistons sur le mot spectaculairement. Faire plaisir à 98 patrons du MEDEF ne suffit pas.

C’est la logique du pacte fiscal concédé aux Allemands. Lesquels Allemands, comble de la honte, ont mis en place une commission pour étudier… ce qu’il faudrait faire pour que la France sorte de l’ornière.

Nous vous avons signalé il y a peu l’offensive anti-France, la nouvelle cible. Nous y sommes.

Hollande a perdu le soutien des écologistes et il les pousse dehors. Il a perdu , et n’a jamais eu le soutien des communistes, il peut s’en passer. Les syndicats sont contre tout et seront toujours contre tout , quoi que l’on fasse, il faut accepter de passer outre.

L’aile gauche du PS est neutralisée par « la soupe » et les cadeaux régaliens, elle n’a pas envie de de fronder au-delà des apparences et de la cosmétique. Elle avalera les couleuvres.

Il est grand temps , il faut agir, avant que le paquebot ne prenne de la vitesse… dans la mauvaise direction.



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