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Le Chant des Partisans selon les nouveaux "résistants" (de gauche, démocrates et progressistes) : "la haine qui nous pousse" !
©Reuters

Un vol de corbeaux…

Le Chant des Partisans selon les nouveaux "résistants" (de gauche, démocrates et progressistes) : "la haine qui nous pousse" !

"Ils" résistent donc "Ils" sont ! Mais non, ils ne sont que l'écume des eaux usées de la bien-pensance.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Il y a eu des résistants en France. Les nazis en fusillèrent par milliers. Vichy en guillotina beaucoup. Et la milice du Maréchal Pétain en assassina par centaines. Ils étaient communistes, socialistes, gaullistes. Ils méritent le respect. Pas qu'on se livre bassement à une violation de sépulture et une écœurante contrefaçon.

Les "résistants" prolifèrent aux Etats-Unis. Une Française, enseignante à Berkeley, la plus politiquement correcte des universités américaines, vient ainsi d'entrer en "résistance". Contre Donald Trump ! Sur son blog, publié par Libération, elle annonce avoir créé un comité de vigilance anti-Trump. Et elle donne fièrement sa composition : pas un seul mâle blanc hétérosexuel ! Des femmes, des Noirs et quand même un Juif, qui, éprouve-t-elle le besoin de l'exprimer, est gay. Une façon sans doute de compenser sa fâcheuse origine…

Nous voilà rassurés sur la pureté virginale de ce comité. Il y a d'autres résistants aux Etats-Unis. Certains d'entre eux sont allés brûler des baskets New Balance au motif qu'un des dirigeants de la firme a dit que le programme économique du nouveau locataire de la Maison Blanche pouvait être bénéfique à New Balance qui, contrairement à Nike, vend surtout sur le marché intérieur américain. Brûler des baskets, ce n'est pas – gardons raison – brûler des livres ou des hommes. Mais il faut un commencement à tout.

Une autre "résistante" américaine a fait parler d'elle. Top model et chanteuse, elle a, pendant une cérémonie de remise de prix, imité en se moquant l'accent de Melania Trump. Cette dernière est d'origine slovène et l'anglais n'est pas sa langue natale. Et c'est passé comme une lettre à la poste. Essayons d'imaginer un top model et chanteuse de droite (pas sûr que ça existe) ridiculisant Michelle Obama en parlant petit nègre.

La France n'a rien à envier à l'Amérique. Nos " résistants'" à nous ont pignon sur rue. On en trouve dans les médias, et ça les dispense de savoir écrire ou parler. On en a vu place de la République pendant la Nuit Debout, qui crachaient sur Finkielkraut, ce qui leur évite de lire ses livres. On en a repéré de nombreux qui brûlent d'amour pour la Palestine et pour l'islam, et ça leur permet de ne pas s'empoisonner la vie avec les millions de chômeurs que compte la France.

La posture de "résistant" est une rente de situation. Elle a l'avantage de résister à toute tentative de critique ou d'interrogation. Leur "je résiste" se veut une lessive performante : elle est supposée effacer, et en tout cas dissimuler, des tâches de bêtise crasse. C'est ainsi que le "résistant" impressionne. Car tout idiot qu'il soit, il est malin. Il a donc adopté l'attitude généreuse et enviable du combattant et du résistant. Il combat pour la liberté, pour les pauvres, pour les opprimés de banlieues, victimes du racisme hexagonal. Il résiste aux fascistes qui sont légion, aux réactionnaires innombrables eux-aussi... Il en trouve quelques-uns, il en invente une foule. Là où il y en a dix, son alchimie en montre des milliers. Et plus il a de fascistes et de réactionnaires, plus sa lutte est méritante. Sa gloire est confortée par la multiplication de ses ennemis.

Les "résistants" sont tout sauf courageux. Juste des petits roquets qui jappent, applaudis par un public captif. Les paroles du Chant des Partisans avaient un sens : "La faim qui nous pousse, la haine à nos trousses". Chez eux, chez les "résistants" d'aujourd'hui, chez ces personnages d'opérettes, tout est nécessairement tordu et dévoyé. Et ça devient : "la haine qui nous pousse". 

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