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Et vous, Bruno Le Roux, vous pensez quoi de François Fillon ?
©Reuters/Charles Platiau

La roue tourne

Et vous, Bruno Le Roux, vous pensez quoi de François Fillon ?

Ah vous n'en pensez rien ? Bien sûr, vous pensez à vos filles…

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Donc et à votre tour, la tourmente s'est abattue sur vous. A l'époque où vous étiez député, vous aviez salarié vos deux filles mineures, 15 et 17 ans, comme assistantes parlementaires. Etait-ce légal ? Peut-être. Ce travail était-il fictif ? Peut-être pas. Mais moralement, ça la fout mal… 

Elles ont touché toutes les deux environ 50 000 euros. Pour  un travail on ne peut plus intermittent (pendant les vacances scolaires dites-vous) c'est beaucoup. Et comme argent de poche – à cet âge-là, ça s'appelle comme ça – ce n'est pas rien. 

Mais on ne sait, si elles ne vous ont pas rétrocédée une partie, ou le tout, pour rembourser les frais de scolarité que vous avez engagés pour elles. Et pour vous dédommager des jeans et des baskets que vous avez du leur acheter. 

Vous étiez jusqu'à hier ministre de l'intérieur. Mais ce n'est pas cette fonction qui nous intéresse concernant l'emploi de vos filles. Auparavant, avant que Cazeneuve ne remplace Valls comme Premier Ministre et que vous remplaciez Cazeneuve comme premier flic de France, vous avez été président du groupe socialiste à l'Assemblée Nationale. 

A ce poste, vous saviez tout des us, des usages et des privilèges des parlementaires. A ce poste, vous n'ignoriez rien du budget alloué à chaque député pour lui permettre d'embaucher qui il voulait comme assistante. Même que vous deviez en connaitre plusieurs de vue (je ne parle pas de vos filles …) donc la présence, fictive ou non, de Pénélope Fillon n'était pas un secret pour vous. 

Quand le feu féroce de la justice et des médias s'est abattue sur Fillon ? Qu'avez-vous fait ? Vous l'avez appelé pour lui : "mon pauvre François" ? Vous avez au détour d'une phrase lâché que des Pénélopes, il devait y en avoir des nombreuses  à l'Assemblée  Nationale. Qu'avez-vous fait ? Rien. On ne vous a pas entendu. La politique est un jeu cruel. Personne donc ne vous demandait de prendre la défense du candidat des Républicains. 

Mais un mot de compassion, de compréhension eut été bienvenu. Il aurait été –compte tenu de vos activités familiales et parlementaires- la marque d'une élégance de l'âme. Elle vous a fait cruellement défaut. Et toute honte bue, vous vous êtes permis d'enfoncer Fillon. Vous êtes bien à plaindre Bruno Le Roux…

On apprend que le pôle national financier du Parquet de Paris a ouvert une enquête sur vous. Les juges seront-ils aussi acharnés avec vous qu'ils le furent avec Fillon. A toutes fins utiles, appelez-le. Il pourra vous donner de précieux conseils pour quand vous serez convoqué par la justice.

 

 

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