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Diplomatie : d'où vient l'expression "franchir la ligne rouge" ?
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Genèse

Diplomatie : d'où vient l'expression "franchir la ligne rouge" ?

Depuis que Barack Obama a promis une réaction immédiate des Etats-Unis si l'armée syrienne devait employer des armes chimiques, on n'a jamais autant entendu parler de "ligne rouge" à ne pas dépasser. Ironie de l'Histoire oblige, c'est dans cette même région du monde que l'expression serait née, au cours de la première moitié du vingtième siècle.

Alexandre Melnik

Alexandre Melnik

Alexandre Melnik, né à Moscou, est professeur associé de géopolitique et responsable académique à l'ICN Business School Nancy - Metz. Ancien diplomate et speach writer à l'ambassade de Russie à Pairs, il est aussi conférencier international sur les enjeux clés de la globalisation au XXI siècle, et vient de publier sur Atlantico éditions son premier A-book : Reconnecter la France au monde - Globalisation, mode d'emploi. 

 

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L'expression "Ligne rouge" est relativement connue dans l’histoire de la diplomatie mondiale. Elle nous vient du "Red Line agreement", accord conclu en 1928 entre les plus grandes compagnies pétrolières britanniques, américaines et françaises sur les reliques de l'Empire Ottoman. La légende veut qu’au moment de la signature, aucun des Occidentaux présents ne connaissait vraiment les frontières de cet empire avant qu'il ne s'effondre. Afin d'y remédier, un homme d’affaires arménien du nom de Calouste Gulbenkian, qui naviguait entre commerce et politique, se serait saisi d'un crayon rouge pour tracer d'une façon arbitraire, énergique et résolue à la fois, les frontières supposées de feu l'Empire Ottoman. L’expression est restée dans les annales de la diplomatie mondiale, pour être ensuite réutilisée par les fondateurs de l'ONU après la Seconde guerre mondiale. Ce sont surtout les Anglo-Saxons qui l'utilisent, puisqu'en en France nous avons la "ligne jaune" (les francophones sont d'ailleurs bien les seuls à utilise ce code couleur). La "red line", elle, est employée dans le monde entier.

Si nous sommes passés de la désignation d'une frontière à celle d'un seuil et d'un point de non retour, c'est parce que l'expression, diplomatiquement parlant, avait déjà fait son chemin dans les esprits. Par extension, elle a évolué dans le sens de l'interdiction de franchissement : c'est une ligne droite, claire, rouge. Cette couleur marque la brillance et, surtout, le danger. Mais cela reste une expression arbitraire, qui a attiré les médias pour des questions pratiques. A peu près n'importe qui peut comprendre ce qui se cache derrière, sans pour autant en connaître la genèse.

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