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©ISSOUF SANOGO / AFP

Les entrepreneurs parlent aux Français

COVID, l’opportunité de l’Afrique face à l’Europe

L’Afrique pourrait prendre sa revanche en offrant une zone de développement économique qui serait « covid-proof ». De plus en plus de pays Africains prouvent également chaque jour leur avancée en matière digitale.

Denis Jacquet

Denis Jacquet

Denis Jacquet est fondateur du Day One Movement. Il a publié Covid: le début de la peur, la fin d'une démocratie aux éditions Eyrolles.  

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Je suis en Afrique. Nul besoin de vous dire le bonheur d’être dans un pays qui compte 150 morts du covid et n’a pas cédé à l’hystérie collective Européenne. Un lieu où les spectacles, les restaurants sont ouverts (et bondés). Ils auraient pu. La faiblesse du système médical, la surpopulation de certains quartiers et une qualité hospitalière pour le moins défaillante, pour les plus pauvres en tous cas, aurait pu les inquiéter. Ils ont pris des mesures, le masque est toujours obligatoire dans les lieux publics, mais avant-hier soir Maître Gims chantait à l’hôtel Ivoire, devant plusieurs milliers de personnes, dont vous pouvez parier qu’aucun n’ira remplir les centres de réanimation d’Abidjan.

Une large partie de la population est jeune (plus de 54% de la population a moins de 25 ans), et est quasiment élevée aux antipaludéens, qui restent totalement inefficaces et ne doivent même pas être prescrits selon les autorités Françaises. Ici le palud tue plus de 400 000 personnes chaque année (Afrique entière- Et touche 400 Millions de personnes) et personne n’a pensé un instant à confiner l’Afrique pour autant, interdire aux gens de sortir ou imposer la clim aux gens ou le port d’une armure pour se protéger des moustiques. 400 000 morts chaque année, qui n’émeuvent personne en occident, alors que le covid qui tue infiniment moins, les terrorise. Une preuve de plus d’un égoïsme occidental, d’un nombrilisme à toute épreuve, totalement irrationnel. La peur de perdre leur dernier privilège, le vœux d’immortalité!

L’Afrique pourrait prendre sa revanche en offrant une zone « franche », une zone de paix et de développement économique, qui serait « covid-proof ». C’est ainsi que les évènements physiques peuvent se tenir, et que de plus en plus de pays Africains prouvent chaque jour leur avancée en matière digitale. La caractéristique de tous les pays émergents est de sauter les étapes technologiques à pied joint, se jouant des habitudes qui handicapent les pays développés. La Chine a boudé les cartes bleues et est passée directement au paiement mobile, et l’Afrique lui a emboité le pas. Le Rwanda, l’Éthiopie, la Côte d’Ivoire et d’autres, sont devenus la cible d’opérateurs qui voient dans cette population jeune, « shootée » à 100% au smartphone, un terrain de développement économique sans pareil. La Chine, l’Inde, font des incursions de plus en plus poussées en Afrique, pendant que la France, laisse glisser sa place, un peu plus chaque jour. Les taxis achètent japonais, les transactions commerciales entre l’Inde et l’Afrique Septentrionale explosent, Jack Ma fait des voyages de plus en plus rapprochés en Afrique, Musk réfléchit à y rentabiliser son futur système de satellites basse-altitude pour fournir internet, et la France, elle, recule, passant de la première à la sixième place en Afrique de l’Ouest, en moins de 10 ans. Nul un jour…

Mais nous avons la French Tech, ce qui permet de faire des soirées networking et d’investir dans la convivialité, donc tout va bien !!

Il y a quelques exceptions heureusement, comme Orange. Orange fait un travail impressionnant, et a percé dans le domaine du paiement mobile. De façon remarquable. Le problème, c’est qu’il nous faudrait 10 sociétés comme Orange. Xavier Niel investit, en association avec un groupe Malgache, mais essentiellement pour apporter un service low-cost, important pour les Africains, mais pauvre en termes d’apport technologique. Mais lui aussi y croit.

Nous devrions mettre le paquet sur l’Afrique. Partout. Vite. Massivement. Dans tous les domaines. L’Afrique c’est complexe, d’accord. Souvent lent. Cela impose des passages obligés, mais tout s’apprend et le digital offre l’avantage de pouvoir éviter ces points de passage obligés. C’est tout l’intérêt d’y investir. Plus de richesse pour l’Afrique, pour l’Europe, et moins pour les politiques qui, avec la protection des uns et la lâcheté des autres, continuent à détourner une trop large (et non méritée) partie de la richesse nationale.

Si Orange gagne de l’argent, d’autres pourraient le faire. Uber et Heetch sont maintenant en Afrique. La livraison à domicile y gagne du terrain. Le développement potentiel est sans fin. Mais il faut pouvoir investir du temps et de l’argent. Afin de s’offrir les moyens d’attendre. Mais la rentabilité peut être énorme. Les systèmes de paiement qui croisent mobile et bancaire, blockchain, vont permettre de tracer, suivre et donner une fiabilité aux transactions sur le chocolat, le café et tant d’autres matières premières.

Pendant que l’Europe prépare sa tombe, sous le joug d’une gestion peureuse de la crise du covid, lui attachant un boulet au pied pour les 5 années à venir, l’Afrique vous tend les bras. Allez-y. Testez vos services. Vous pourrez le faire en allant au restaurant, en assistant à un spectacle, et des couchers de soleil sublimes, sans un gardien de la paix pour troubler la vôtre. Je vous y attends, nous allons tenter un peu plus l’aventure, en Octobre 2021, pour le mouvement Day One. Nous entrepreneurs, devons-nous tendre la main, j’ai tendu la mienne, à vous de jouer !! Bonne année.

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