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Coronavirus, Tchernobyl et le modèle chinois
©TASS / AFP

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Coronavirus, Tchernobyl et le modèle chinois

Pierre Bentata évoque la crise du coronavirus et compare cette situation avec la tragédie de la catastrophe de Tchernobyl. Il revient également sur l'action des autorités chinoises face à la crise sanitaire majeure du Covid-19.

Pierre  Bentata

Pierre Bentata

Pierre Bentata, Fondateur de Rinzen, cabinet de conseil en économie, il enseigne également à l'ESC Troyes et intervient régulièrement dans la presse économique.

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Le 26 avril 1986 débuta la catastrophe de Tchernobyl. L’entrée en fusion du réacteur 4 puis son explosion contaminèrent la population alentours ainsi qu’un grand nombre de personnels dépêché sur place pour contenir les incendies. Bien que le dénombrement soit encore sujet à caution, on estime à au moins 35 000 le nombre de morts imputables directement à l’accident dans la seule ville de Tchernobyl et près de 350 000 en Ukraine.

Au-delà des causes techniques, c’est le système soviétique lui-même qui explique l’ampleur de la catastrophe. La volonté des autorités de dissimuler la gravité de l’accident, l’absence de médias indépendants à même d’alerter la population et l’inexistence d’une société civile forte, représentée par des associations, ont privé les citoyens de moyens de pression qui auraient incité les autorités à agir dans l’intérêt général. 

Les mêmes causes expliquent la propagation de l’épidémie de coronavirus. A cet égard, les Chinois ne s’y trompent pas. Sur leurs réseaux sociaux, WeChat notamment, le terme « Tchernobyl » est devenu le symbole de l’épidémie et plus particulièrement de la défaillance de son traitement par le gouvernement. Il faut dire que les chronologies des deux événements sont tristement identiques. Dès le mois de décembre, le docteur Li Wenliang tente d’alerter sur l’existence d’une possible épidémie, mais ses appels resteront ignorés jusqu’à son décès le 6 février 2020. Comme à Tchernobyl, la population ne sera pas informée des risques avant que la catastrophe ne soit inévitable, sacrifiée sur l’autel de l’illusion d’un système infaillible. Comme à Tchernobyl, le gouvernement tergiversera, pris en étau dans une stratégie impossible qui consiste à cacher le réel tout en donnant l’impression de tout contrôler. Comme à Tchernobyl, l’essentiel des efforts sera dirigé vers la réécriture de l’histoire. Autant de vaines actions qui, une fois mise en lumière, porteront un coup fatal à l’illusion d’un pouvoir soviétique parfaitement organisé et techniquement sûr.

Il en ira de même avec la Chine, les mêmes causes entrainant les mêmes conséquences. Preuve évidente, le gouvernement chinois a déjà multiplié les tentatives pour se dédouaner, accusant d’abord les Etats-Unis d’avoir inoculé le virus aux habitants de Wuhan, avant de se lancer dans une stratégie agressive de soutien tous azimuts, histoire de faire oublier leur responsabilité sous un amas de masques et de tests, souvent inutilisables, comme en témoignent les autorités espagnoles. 

Devant l’ampleur du désastre mondial, il ne faut pas être dupe. Une telle épidémie n’aurait pas pu naître dans un pays démocratique ; les médias auraient réagi immédiatement, les contre-pouvoirs politiques et associatifs se seraient activés, l’intérêt général aurait primé sur la stabilité du gouvernement. Seul un pays autoritaire peut générer une telle catastrophe. Seul un pays à même de museler le peuple et ses relais a les moyens d’un tel chaos. A Tchernobyl comme à Wuhan, le véritable responsable est toujours l’autoritarisme politique, lorsque ce n’est pas le totalitarisme.

A l’heure où le gouvernement chinois met tout en œuvre pour se payer une réputation immaculée ; alors qu’une cinquantaine de nos parlementaires lance un appel pour préparer l’après-crise, il nous faut rester lucides et confiants dans notre modèle. Ce qui a mis le monde à l’arrêt et menace toutes les populations du monde, c’est le communisme chinois, c’est le pouvoir centralisé, la bureaucratie omniprésente, l’absence de corps intermédiaires et l’inexistence des libertés individuelles. Le monde de l’après-crise, c’est le nôtre, celui de la liberté et de l’ouverture. 

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