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©LUDOVIC MARIN / AFP

Les entrepreneurs parlent aux Français

Comment allons-nous rebondir ?

Denis Jacquet dresse un bilan de l'impact de la crise du coronavirus pour les entreprises et l'économie. Il évoque les nouveaux défis pour les TPE, les PME et pour le pays après cette épreuve.

Denis Jacquet

Denis Jacquet

Denis Jacquet est entrepreneur (Edufactory), investisseur (Entreprise et conquête) et président de Parrainer la croissance, une association d'aide aux PME pour rechercher la croissance, et cofondateur de l'observatoire de l'Uberisation. 

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Pour rebondir il faut être gonflé, un ballon à plat ne retrouve le chemin, ni de la main du basketteur, ni du panier à 3 points. Nous avions un ballon assez peu folichon, avant le covid-19, il n’est qu’une coquille vide, affaissée et sans matière, aujourd’hui. 

Alors que faire ?

Les commentateurs, souvent déconnectés de la réalité, qui hantent les plateaux TV la plupart du temps, armés de statistiques dénuées de contexte, armés de tableaux excel « bourrés » de courbes moyennes, qui ne veulent rien dire, qui flouent la réalité en lui donnant une valeur globale, alors que le diable est dans le détail, et que les disparités seront terribles, et qui parlent de rebond sans lui donner de sens précis, ne rendent pas à l’information ce qu’elle avait déjà perdu, obsédée par le sensationnalisme qui est désormais son credo.

Tout d’abord la crise ne pèsera pas aussi lourd sur les épaules du Parisien, qui était le seul qui méritait un confinement dur, du fait d’un système hospitalier asphyxié par l’afflux de patients et incapable d’y répondre faute de personnel et d’équipement, que sur les épaules du provincial, qui lui, n’aura que rarement vu l’ombre d’un virus dans sa région, mais voit déjà l’ombre définitive de la mort économique. Il sera le témoin d’un accroissement terrifiant de l’inégalité entre Paris et les territoires. Et nous le paierons à la rentrée.

La crise ne pèsera pas aussi lourd pour les grands groupes, perfusés de façon légitime si l’on raisonne en termes d’emplois maintenus, mais de façon insupportable pour ceux, petits, qui réaliseront à nouveau, que dans ce pays, on ne prête qu’aux riches. Riches en France, signifie « gros », alors que les territoires, la protection des « petits » emplois qui s’y accrochent encore de façon précaire, aurait dû être la priorité. Seules les PME et TPE, sans exception depuis plus de 15 ans, sont contributrices d’emplois net dans notre pays et dans le monde, et aurait donc dû être les premières bénéficiaires de ces chiffres un peu délirants et dont nous aimerions savoir où ils se trouvent et à qui ils vont bénéficier. 3 trilliards de la BCE, 500Mds de l’Europe. Permettront-ils de sauver les TPE et PME Européennes, et notamment Françaises ? J’aimerais le croire, mais même en me forçant, je n’y parviens pas. Mais attendons de voir.

La crise ne pèsera pas aussi lourd pour certains secteurs, rares, quasiment portés par la crise et les autres (plus de 70% de l’économie) qui vont y succomber. La plupart des secteurs vont rebondir comme le disent les économistes de salon. Mais, rebondir, quand on part de si bas, taper du pied au fond de la piscine, permet de se rassurer en disant qu’on est à moins 5 mètres plutôt qu’à moins 10, oui, mais à 5 mètres, à moins d’être amphibie, on meurt quand même. Le rebond est évident, mais ce n’est pas un rebond qu’il nous faut, c’est un miracle. Le chiffre d’affaire perdu ne se rattrape JAMAIS. 3 mois de perte de chiffre d’affaire perdu pour un restaurateur, ne permet pas un rebond. Les français ne vont pas manger 9 fois par jour pour rattraper les 3 repas journaliers perdus par les restaurateurs, chaque jour, depuis 3 mois. Mais surtout, les bénéfices qui vont s’effondrer, ne permettront pas d’investir. Or sans investissement, pas d’emploi. Et donc pas d’avenir.

Alors quelles solutions ?

Prioriser les territoires et leurs entreprises. Faire un état des TPE et PME qui risquent de perdre définitivement leur activité, partir en liquidation ou en redressement judiciaire, et les sauver. Quand elles le « méritent ». Elles le méritent si elles remplissent 2 critères : 
Leur capacité à préserver l’emploi et la vie sur un territoire. 
Leur capacité à s’adapter au monde que nous allons connaître, un monde combinant virtualisation, impact positif et cohérence sociétale. 

Ces sommes issues d’une inflation de planches à billet, qui vont obérer notre avenir, car il faudra les rembourser d’une façon ou d’une autre, doivent servir ceux qui maintiennent un pays composé de 36 000 communes et non d’une dizaine de grandes villes. Et il en est de même dans le monde occidental.  

Affecter ces sommes à la garantie des investissements des PME et ETI porteuses d’avenir. Les affecter à ces secteurs porteurs d’avenir, qui sont préemptés à ce jour par la Chine et les USA, alors que l’avenir du monde en dépend. Si nous voulons exister demain, il faut investir aujourd’hui.

Ouvrir massivement au tourisme, sans restriction, immédiatement, avant que la saison d’été ne soit ruinée. Comment peut-on annoncer le 12 Juin que Schengen sera ouvert à compter du 1er juillet et ne toujours pas savoir quels pays seront autorisés à venir chez nous le 15 ? Combien de temps faut-il à nos technocrates Européens, pourtant en surnombre pour établir une liste et leur indiquer qu’ils sont bienvenus à venir dépenser leur argent en France cet été. Les pays ont une recrudescence de contamination, oui, mais majoritairement de façon asymptomatique, et en tous cas sans reprise d’une quelconque mortalité. Pourquoi un Italien pourrait-il venir en France et pas un Américain ? Cela n’a aucun sens, donc laissons tout le monde rentrer, à l’exception éventuellement des Afghans, Iraniens et éventuellement Brésiliens et encore ! Rappelons que le Brésil avec 30 000 morts pour 200M d’habitants, est au même score que la France qui n’en a que 68M. Donc pas si mortel que ce qui nous est présenté. Investir sur la culture, qui est le phare qui attire le touriste comme un aimant.

Enfin il faut cesser de céder aux syndicats, notamment FO et la CGT, qui dans les entreprises ont été tout à coup, sans avoir les compétences requises, propulsés à la tête des décisions sur les produits anti-covid. Il faut savoir que par peur du blocage, et au nom principe de précaution qui tue notre pays, les entreprises leur ont conféré le pouvoir d’accepter, autoriser, retoquer, et surtout repousser les choix de produits anti-covid de l’entreprise, remettant en cause le savoir-faire des acheteurs qui pourtant achetaient ses produits depuis des années, sans que personne ne songe à le remettre en cause. Résultat, et je peux en témoigner, les syndicats, utilisent cet outil pour repousser la reprise du travail et y parviennent, avec le secret espoir de repousser à septembre, la reprise du travail. Pour ceux qui pourront reprendre, car d’ici là, grâce à l’action terrifiante de ces syndicats irresponsables, les plans sociaux auront privé de travail nombre de ceux qui se sont réfugiés, lâchement, derrière ces « partenaires du malheur social » et non partenaires sociaux, pour refuser de reprendre le chemin du bureau.

Il faut remettre le travail au centre de notre préoccupation, mettre les territoires au centre de nos obsessions économiques, garantir notre avenir, en cessant de donner le choix à chacun, pour leur imposer des choix qui préservent leur avenir. Le fait d’entendre, enfin, le mot de « obligatoire » dans la bouche du Président, un mot que nous attendions depuis 1 mois au moins, est rassurant. On ne nous a pas demandé notre avis pour arrêter de vivre, on ne doit pas donner d’autre choix, que de la reprendre. Aux armes économiques, Citoyens !

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