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La pandémie de Covid-19 a contribué à accentuer les troubles alimentaires chez les jeunes.
La pandémie de Covid-19 a contribué à accentuer les troubles alimentaires chez les jeunes.
©PHILIPPE HUGUEN / AFP

Alimentation

Cette inquiétante hausse des troubles alimentaires chez les enfants suite à la pandémie

Un nombre record d'enfants et de jeunes (près de 10.000, d’avril à décembre 2021) ont suivi un traitement auprès du système de santé britannique, le NHS, pour lutter contre l'anorexie ou la boulimie. Cette hausse est imputée à la pression mentale de la crise sanitaire liée à la Covid-19.

Arnaud Cocaul

Arnaud Cocaul

Arnaud Cocaul est médecin nutritionniste. Il est membre du Think Tank ObésitéSIl a dernièrement écrit Le S.A.V. des régimes aux éditions Marabout.

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Atlantico : Au Royaume-Uni, le nombre d’enfants et d’adolescents qui ont développé des troubles alimentaires a augmenté de près de deux tiers suite à la pandémie de Covid-19. Le constat est-il identique en France ? Comment expliquer que la pandémie ait provoqué une telle augmentation ?

Arnaud Cocaul : Il est reconnu que la pandémie de Covid-19 a provoqué une forte augmentation des troubles mentaux, plus particulièrement chez les enfants et les adolescents, qui sont des individus plus fragiles que les adultes. Lors du premier confinement, la population a pris 1,5 kilos en moyenne et de nombreux troubles du comportement alimentaire sont apparus. Les confinements ont provoqué une sédentarité, un manque d’activité physique et une diminution du temps de sommeil. De manière générale, l’ambiance liée à la pandémie a provoqué une forte source de stress pour la population. Ces changements ont été provoqués par une profonde modification des habitudes alimentaires, qui ont eu de lourds impacts sur la santé de la population. 

Comment expliquer que les adolescents et les enfants soient plus sensibles que les adultes ? A quel point est-ce inquiétant ? De quels types de troubles parle-t-on ?

Les adolescents, notamment les jeunes filles, sont généralement plus sensibles à ces troubles. Cela peut s’expliquer par l’usage des réseaux sociaux. Très souvent confrontés au regard des autres, ils souhaitent à tout prix contrôler leur image, ce qui peut avoir de lourdes conséquences. De plus, les enfants de la génération Z, nés entre 1997 et 2000, ont plus facilement tendance à commander sur internet alors que les adultes ont souvent davantage de recul. 

Ces troubles sont souvent caractérisés par de fortes prises de poids, mais cela peut être bien plus grave pour certains individus qui peuvent développer du diabète, des problèmes articulaires, mais aussi une mésestime de soi … Tous ces troubles physiques peuvent provoquer des troubles psychologiques. Les jeunes, qui ont vécu une déstructuration de leur emploi du temps, ont été les plus touchés. Il est important de relever que les familles les plus précaires ont été particulièrement impactées par ce phénomène. C’est notamment le cas pour certains étudiants qui ne pouvaient plus financer leurs études ou qui avaient perdu leur emploi. Il faut savoir que dans des moments de stress, on cherche souvent à compenser avec la nourriture. On ne pense à rien d’autre qu’aux plaisirs immédiats et on repousse les questions pénibles. Ces « kilos émotionnels » sont très classiques chez des individus qui sont confrontés à un stress intense. 

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Ces troubles alimentaires provoqués par la pandémie sont-ils plus compliqués à soigner ?

Il est assez tôt pour le dire même si on peut légitimement le penser. Il faut bien noter que les problèmes psychiatriques et psychologiques ont été complètement sous-estimés suite au confinement. Cette génération sera profondément marquée pendant des années. De nombreux jeunes ont dû porter sur leurs épaules le poids de la pandémie, sans en parler à leurs parents qui étaient parfois eux-mêmes stressés. Chez les adultes, la généralisation du télétravail a également eu des effets délétères. Je pense que nous nous dirigeons donc vers une généralisation des troubles alimentaires qui seront assez compliqués à soigner.

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