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Question d'objectif

Cécile Duflot pose avec Virginie Lemoine pour lutter contre l’homophobie : a-t-elle songé à poser devant des HLM pour lutter contre le mal-logement ?

Cécile Duflot a récemment affiché son engagement dans la lutte contre l'homophobie, sans imaginer que cet excès de militantisme pouvait avoir un effet inverse, voire carrément déranger ceux qu'elle prétend défendre. Peut-être que Cécile Duflot aurait mieux fait de militer contre le mal logement, bien qu'on puisse comprendre qu'elle ne souhaite pas y revenir au vu du bilan de son passage au ministère éponyme.

Cécile Duflot, vous savez, c'est cette femme politique française qu'on dirait sortie d'un film de Téchiné, le genre de post-adolescente pénible qui fait un esclandre à table et que son père a envie d'envoyer dans sa chambre avant le dessert. Depuis l'inénarrable Jospin, la Gauche française adore ajouter ce genre de personnages à ses castings pour donner l'illusion d'avoir su intégrer la jeunesse au sein d'un parti de vieux. Sa grande spécialité de Duflot ce sont les campagnes, c'est à dire les événements programmés, les éclats de voix organisés, les rendez-vous symboliques destinées à mobiliser l'opinion en faveur de telle ou telle cause. Elle nous a fait le coup en réclamant la réquisition des bâtiments d'église en faveur des mal-logés, (alors que l'Eglise est sans cesse à leur chevet, tandis que les bourgeois de gauche, eux, vont plutôt commander une nouvelle Golf en se contentant d'envoyer un chèque à Amnesty). Elle nous a fatigués avec le mariage gay, dont elle exigeait la célébration par tous les maires, sans exception, sous peine de sanction, sur le ton suraigu de l'ado élevée dans la certitude d'avoir raison contre ses cousins réactionnaires dans une fête de famille. Cette fois, elle se compromet dans une campagne contre l'homophobie en posant avec une copine actrice dans le rôle de la lesbienne amoureuse, au milieu d'une demi-douzaine de m'as-tu-vus surpayés qui essaient d'expliquer, à un pays d'indigents, que c'est mal d'avoir des préjugés. Du coup il en a de plus en plus, d'indigents et de préjugés. Bravo Cécile et encore merci.

Quand on voit les résultats de notre pasionaria comme ministre du logement par exemple, on se demande pourquoi elle ne pose pas plutôt sur un parking au milieu des voitures carbonisées sous une barre d'immeubles à Montreuil. Ensuite si elle pouvait lâcher une bonne fois les homosexuels, au lieu de leur infliger une campagne de plus, ils lui en seraient reconnaissants. Je parle évidemment, une fois de plus, de ces homosexuels qui auraient volontiers bu un coup avec son oncle ou son cousin réactionnaire, il y a trente ans, vous savez quand la France était encore à l'abri des hystériques en jeans qui disent "c'est inadmissible". Les gens qui ont vécu la plus grande partie de leur vie parmi les français normaux, ceux qui n'étaient abonnés ni à Canal Plus ni au Nouvel Obs avaient tous des homosexuels autour d'eux. Ils ne les remarquaient même plus. Ils étaient devenus insensibles à la question.

Mais il a fallu faire campagne. Une campagne c'est fait pour sensibiliser, c'est fait pour agiter, pour faire rendre gorge à ceux qui pourraient garder une méfiance résiduelle à l'égard des minorités. C'est fait pour introduire un déséquilibre dans les esprits en leur faveur. C'est de la discrimination positive audiovisuelle. Eh bien c'est raté sur toute la ligne. Les socialistes ont introduit un déséquilibre mais pas en leur faveur. A cause de Duflot et de ses semblables, les homosexuels qui étaient parfaitement intégrés dans la population ont l'impression de faire l'objet désormais d'une attention accrue. Ce qu'on entend le plus souvent dans les cafés de province (où j'ai passé le plus clair de ma vie), c'est pourquoi se marier avec un bouquet de fleurs, une limousine et vouloir des enfants, puisqu'au départ c'était uniquement une histoire d'héritage et de pension de réversion, ce qu'on pouvait, à la rigueur, comprendre ?

Justement, Cécile Duflot et ses semblables tiennent absolument à montrer que non, la réversion ne suffit pas, et que ce sont des histoires d'amour comme les autres, quitte à utiliser le même filtre photoshop pour les scènes de couple. La campagne photo dont on peut voir des extraits dans la presse en ce moment ressemble à peu près aux Gazou-Gazou de Bernard Blier dans Le Distrait de Pierre Richard. Il n'est pas certain que la population générale plébiscite le côté Feux de l'Amour de ces unions selon la Gauche branchée. Elle va finir par en vouloir sérieusement aux homosexuels d'avoir de si mauvais avocats mais heureusement, il n'est pas impossible qu'ils en trouvent bientôt de meilleurs.

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