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Le président Obama reçoit Benjamin Netenyahu ce lundi à Washington.
Le président Obama reçoit Benjamin Netenyahu ce lundi à Washington.
©Reuters

Iranian love their children too

Netanyahou convaincra t-il Obama de bombarder l'Iran ?

Le président Obama reçoit Benjamin Netenyahu ce lundi à Washington. Le Premier ministre israélien devrait faire valoir le droit de son pays à attaquer l'Iran qu'il accuse de reprendre les négociations sur le programme nucléaire pour gagner du temps... Réussira-t-il à convaincre les Etats-Unis en pleine campagne ?

François Géré

François Géré

François Géré est historien.

Spécialiste en géostratégie, il est président fondateur de l’Institut français d’analyse stratégique (IFAS) et chargé de mission auprès de l’Institut des Hautes études de défense nationale (IHEDN) et directeur de recherches à l’Université de Paris 3. Il a publié en 2011, le Dictionnaire de la désinformation.

 

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Atlantico : Alors que Benjamin Netanyahu rencontre Barack Obama à Washington ce lundi, l'entrevue devrait majoritairement tourner autour des frappes sur l'Iran. Selon vous, Israël est-il déterminé à bombarder l'Iran à tout prix - avec l'appui des Etat-Unis ? 

François Géré : De hautes personnalités américaines telles que Tom Donilon conseiller du président pour la sécurité nationale se sont rendues récemment en Israël afin de calmer le jeu. Il y a dix jours le nouveau National Intelligence Estimate  des 16 agences de renseignement américaines a confirmé que l’Iran avait cessé ses activités nucléaires militaires en 2003.L’administration Obama n’entend pas se laisser forcer la main. Il ne peut y avoir d’opérations militaires israéliennes de grande ampleur sans le soutien américain et bien sûr celui de l’Arabie saoudite.  Le monde arabe en pleine effervescence basculerait à nouveau dans l’anti américanisme, pour ne rien dire d’Irsarël. Al Qaida renaîtrait de ses cendres pas encore éteintes. Une guerre serait désastreuse pour l’économie mondiale en phase de lente récupération. Les militaires américains sont également hostiles à l’usage de la force, lui préférant la mise en place d’une stratégie d’endiguement qui a été élaborée ces deux dernières années sous la direction de Robert Gates, ancien ministre de la Défense.

Avec la crise économique et les sanctions l'Iran est-il plus va-t'en guerre que jamais? 

L’Iran qui souffre d’une crise économique grave (inflation galopante, plus sanctions) et qui est entré dans une phase de fortes turbulences politiques qui durera jusqu’aux élections présidentielles de mai 2013 ne souhaite pas aller jusqu’à l’affrontement direct. En dépit de la traditionnelle rhétorique enflammée, Téhéran connaît bien sa faiblesse militaire face aux Etats-Unis qui en quelques heures pourraient infliger une humiliante défaite aux forces des Gardiens de la Révolution, notamment en pulvérisant les systèmes de défense côtières le long d’Ormuz. Mieux vaut donc rechercher le dialogue tout en tenant la tête haute. L’Iran préfère riposter aux attaques indirectes        les assassinats de scientifiques et les attaques cybernétiques) par des rétorsions équivalentes contre les intérêts israéliens dans le monde. Mais sans escalader. On répond du tac au tac si possible au même niveau dans une guerre de l’ombre entre services secrets.

Sommes nous au bord d'une "méga explosion" au Proche Orient ?

Le risque existe mais nous ne sommes pas encore au bord du gouffre. Il existe trop de facteurs d’incertitude et de retenue. Les Etats occidentaux depuis la fin de la guerre en Libye ne disposent pas de forces suffisantes pour s’engager dans une grande aventure. La situation effroyable en Syrie va se stabiliser. Personne ne veut voir de dérapages au Liban ou en Irak. Donc il faut calmer le jeu. Laisser passer les élections présidentielles américaines et iraniennes.  L’Iran n’est pas encore engagé dans la production de matières nucléaires de qualité militaire (UHE à 90%). Donc on peut voir venir au moins pour dix huit mois. Contrairement aux déclarations tonitruantes de David Cameron, la communauté internationale est dans sa majorité hostile à toute dégradation belliqueuse : Russie, Chine, Japon, Corée du Sud, Brésil, Turquie. Voilà qui pèse de plus en plus lourd dans la balance des rapports de puissance mondiaux.

Propos recueillis par Antoine de Tournemire

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