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Ces grands procès qui font pschitt...!
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Justice

Ces grands procès qui font pschitt...!

Charles Pasqua a été relaxé vendredi 29 avril par la Cour d'appel de Paris. Alors que plusieurs de ces grands procès consacrés à des "affaires" politico-médiatiques se sont finalement terminés par des non-lieux ou des relaxes, le procès Clearstream en appel qui débute ce lundi sera-t-il le prochain de la série ?

Arnaud Péricard

Arnaud Péricard

Arnaud Pericard est Avocat aux barreaux de Paris et de New York (USA).

Il est associés fondateur du cabinet Chevalier pericard Connesson & Associés de puis 2005.  

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Pasqua, Chirac, Longuet, Villepin, Bédier….l’institution judiciaire française aura été prolifique dans l’administration judiciaire d’affaires impliquant des  hommes politiques français ces dernières années. Pour quel impact ?

Dans l’ordre des priorités judiciaires, les magistrats ont parfois pu avoir tendance a penser que l’opinion publique voulait des coupables a tout prix et que les médias, alliés objectifs de leur combat, ne leur pardonnerait pas une lenteur suspecte et partiale.

Si sur le principe le citoyen devrait y voir un mode efficace du fonctionnement démocratique et le justiciable la garantie du bon fonctionnement de l’outil judicaire, garante des limites que le politique ne peut pas franchir, l’impression qu’il en ressort est tout autre.

La plupart de ces grands procès politiques ont débouché sur des verdicts insignifiants sans commune mesure avec  l’ampleur médiatique qu’ils ont pu susciter ?

Coupable médiatique, relaxé en droit : le grand écart est permanent entre la réalité du droit et les raccourcis journalistiques.

Combien d’articles de presse et de reportage ont en effet affiché la culpabilité de Charles Pasqua dans l’affaire de « l’Angolagate » ces dernières années ? Combien demain relaieront sur plus de deux lignes la relaxe dont il a bénéficié en appel ?

Quel média se préoccupera de savoir si le dossier Bédier bénéficiera d’une révision ?

Qui mentionnera demain le fait que Gérard Longuet aura été mis en examen plus de dix années avant de bénéficier lui aussi d’un non lieu ?

Dans l’affaire Clearstream, dont le procés en appel s’ouvre aujourd’hui, pourquoi ne pas avoir expliqué plus longuement que  la notion de complicité de dénonciation calomnieuse "par abstention" invoquée par le procureur dans sa réquisition à l'encontre de Dominique de Villepin n’avait quasiment jamais été sanctionnée par une juridiction française. Si tel avait été le point de départ, peut-être que la machine ce serait emballé un peu moins vite…

Clearstream est en effet le parangon du paradoxe judicaire français car jamais dans les annales judiciaires françaises on aura vu autant de moyens judiciaires et policiers au service d’une seule instance.

Pendant ce temps, les dossiers d’instructions des affaires « Woerth/Bettencourt » se languissent à Bordeaux : les grandes affaires sont peu être après tout comme les grand vins elles ne se dégustent qu’après une longue période de vinification administrative ;

Pendant ce temps, les familles des victimes de l’Attentat de Karachi attendent toujours que l’Etat autorise la levée d’un secret militaire qui s’effrite au fur et à mesure des révélations médiatiques ;

Pendant ce temps, le salarié parisien injustement licencié devra attendre en moyenne  plus de’12 mois avant que le conseil des prud’hommes ne puisse statuer sur son sort ;

Pendant ce temps la France aura été condamné  20 fois en 2009 par la Cour Européenne des Droits de l’homme et principalement pour violation du droit au procès équitable….

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