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Un amendement sur le rétablissement de l'ISF a été rejeté in extremis.
Un amendement sur le rétablissement de l'ISF a été rejeté in extremis.
©JULIEN DE ROSA / AFP

Les entrepreneurs parlent aux Français

2 doigts du désastre. La NUPES associée aux petits calculs, ligués contre le réalisme et l’avenir

Après l'examen du projet de loi sur le pouvoir d'achat, les députés se sont penchés sur le projet de loi de finances rectificatives (PLFR). Les insoumis ont tenté de proposer le rétablissement de l'impôt sur la fortune (ISF) ou la hausse de l'impôt sur les sociétés, finalement rejetés à seulement deux voix.

Denis Jacquet

Denis Jacquet

Denis Jacquet est fondateur du Day One Movement. Il a publié Covid: le début de la peur, la fin d'une démocratie aux éditions Eyrolles.  

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La France a eu chaud. Pas seulement à cause de la canicule, à moins qu’elle ne soit la raison de la folie qui s’empare de l’Assemblée Nationale et de ses nouveaux locataires qui nous font rêver à la mise en place d’un droit à la sortie anticipée des lieux. A 2 voix près, du fait de mauvais calculs politiques des uns et des autres, nous avons failli redevenir un État doté d’une taxe de sortie et d’un ISF. Quand les LR se montrent capables de sombrer, pour de sombres calculs politiciens, dans ce jeu, on se dit que le terme de droite la plus bête reste une valeur refuge.

La France va souffrir. Les entreprises aussi. Le monde va changer plus vite que prévu et pas forcément dans un sens vaguement attendu avant le Covid et l’Ukraine. La flexibilité, la résilience et la souplesse, vont être les qualités les plus importantes, et c’est justement le contraire de ce que veulent les extrêmes à l’Assemblée, position dogmatique et aveugle à laquelle les LR sont prêts, de temps à autre, à prêter leur voix. C’est peut-être le plus grave d’ailleurs. Prouver que Macron est le président des riches pour tuer la LREM est un calcul politique, mais pas un service pour la France. Les LR feraient mieux de prouver sa qualité de rempart anti-extrêmes. Mais ce n’est pas mon propos aujourd’hui.

L’automatisation a fait l’objet d’investissement multipliés depuis la crise du Covid. Les Gouvernements les plus toxiques, ceux qui ont réagi de façon hystérique à cette maladie, ont envoyé un signal aux entreprises : « En cas de crise, nous pouvons fermer le monde, interdire ou restreindre le travail. Sans hommes et sans usines, ce monde s’arrête, mais personne ne s’en soucie, c’est le quoi qu’il en coûte, il faut donc remplacer les hommes au plus vite ». Ce signal désastreux a eu l’effet d’un coup de fouet sur les investissements liés à l’automatisation des process. En Chine et aux USA en particuliers. L’automatisation c’est tout ce qui permet de remplacer une tâche réalisée plus de 3 à 4 fois par un individu quotidiennement, par un système d’automatisation. Développant ainsi une complémentarité homme-machine, qui détruit le temps nécessaire à passer par l’individu pour réaliser cette tâche. Bien entendu, officiellement, cela permet de faire en sorte que l’humain se consacre à ce à quoi il est le plus efficient et utile, à la valeur ajoutée qu’il apporte en étant débarrassé de tâches mécaniques et sans intérêt. En réalité, cela signifie qu’il a plus de temps, une partie à mieux occuper et une partie qui restera inoccupée. Donc trop payée. Donc trop chère. 

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Nous aurons donc à la fois trop d’hommes pour moins de travail, et un coût trop élevé pour le réaliser. Il y a fort à parier que cela nécessitera moins d’hommes, à un salaire réduit. Cela sera compensé en partie par le départ des boomers, qui continuent à partir en retraite, ce qui alimente le marché de l’emploi des cadres actuellement, mais de façon artificielle. Ce n’est pas la croissance qui nous pousse à un plus faible taux d’emploi, mais le manque de bras. Une fois cette courbe passée, nous aurons à la fois les effets de l’automatisation multiplié par les effets produits par une faible croissance. 

La plupart des « prévisionnistes » pensaient que nous avions entre 5 et 10 ans pour nous adapter à ce problème. Si tant est que la plupart des entreprises, publiques ou privées étaient en train d’y travailler, ce qui n’est pas le cas. Seule une infime minorité d’entreprises se sont emparées de ces sujets en France comme à l’étranger. Moins de 10 en France à ma connaissance. Nous pensons que nous avons désormais moins de 5 années devant nous pour nous préparer ! 

En matière d’internet des objets, en 2024, peut-être 2025, du fait du retard pris pendant le Covid, les autoroutes américaines auront une file totalement connectée afin de permettre la circulation de camions devenus dès lors autonomes. On connaît déjà l’impact sur les chauffeurs routiers américains. Progressivement plusieurs centaines de milliers d’emplois vont disparaître. Sans que personne ne le prépare vraiment et ne sache comment y remédier. 

Un rapport de McKinsey de 2021 fait un état des lieux « macabres » de l’emploi Noir Américain. Selon ses calculs les impacts de l’automatisation seront « effroyables », car ils ont statistiquement les plus faibles compétences, travaillent dans les « mauvaises » industries, celles qui disparaissent, et dans les pires villes des USA, sans aucun avenir à ce jour. L’impact sur cette catégorie de citoyens Américains sera terrible. Pour le moment, personne n’a travaillé sur ce sujet, personne ne s’y prépare, personne n’a de solutions à proposer. 

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Tout cela pour conclure que ce monde va demander une profonde réorganisation des sociétés, de leur fonctionnement, de la formation et de l’éducation, des modes de travail, des formes de travail. Face à cela nos députés NUPES ou autres, vont nous affirmer que c’est une dérive du capitalisme et qu’il faut imposer le travail, le partage des profits, interdire tout ce qu’il est possible d’interdire, notamment toute atteinte au droit du travail, à la protection du CDI, toute notion de flexibilité. Et toutes ces personnes désespérées qui verront leur travail leur échapper, leur vie et leur avenir et ceux de leurs enfants avec, seront légitimement en droit de les soutenir dans ce combat pour leur survie. Car nous parlons en premier lieu des travaux effectués par des personnes de faibles ou très faibles qualifications, mais progressivement cela touchera les « agents de maîtrise » et les cadres, bien entendu. Ces derniers ayant la chance d’’appartenir au moins provisoirement à un marché plus pénurique et d’avoir un patrimoine intellectuel propre à leur faciliter, par la formation, l’adaptation à d’autres compétences ou métiers. 

C’est à ce moment précis de notre histoire, si fragile, si incertain, qui va exiger ouverture d’esprit et adaptation que nous allons assister, en France, à un combat de tranchée idéologique destiné à nous ancrer dans le passé, contre toute logique, contre tout principe de réalisme, alors que travailler à s’adapter est au contraire la seule façon d’offrir un avenir à tous ceux qui vont être impactés. 

La muraille du droit du travail, est une ligne Maginot qui offre un niveau de résistance à la fois illusoire et temporaire, qui préfère le statuquo à l’intelligence et l’adaptation. Une fois qu’elle succombera, il y aura le camp des gagnants (dont nous ne ferons pas partie) qui auront su s’adapter et adapter, et ceux des hydres du passé qui mourront de n’avoir su évoluer, pour le plaisir plus raffiné de se maintenir au pouvoir.

Ce débat est clairement impossible désormais. Le principe de constitution d’une majorité pour gouverner interdira les débats de fonds et la préparation de l’avenir. Alors profitez bien de vos vacances, aérez-vous l’esprit, avant de retrouver la pollution institutionnelle que les dernières élections et l’échec du Macronisme nous ont légué. A côté de cela, la pollution réelle sera le moindre de vos soucis !

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