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Interview

Attentats de Paris : l'interview vérité du juge Marc Trévidic enflamme le web

Une vidéo de l'interview accordée par l'ancien juge anti-terroriste Marc Trévidic à David Pujadas, samedi sur France 2, a été vue plus de 90.000 fois en quelques heures.

Il avait prévenu. Dans un entretien remarqué à Paris Match, le 30 septembre, l'ancien juge antiterroriste Marc Trédividic estimait que "la menace [terroriste] est à un niveau maximal, jamais atteint jusqu'alors". Selon lui, "nous sommes devenus pour l'Etat islamique [EI] l'ennemi numéro un. La France est la cible principale d'une armée de terroristes aux moyens illimités".

Hier, sur France 2, il a répondu aux questions de David Pujadas et a notamment expliqué qu'à l'anti-terrorisme, "les gens qu'on arrêtait et qui voulaient bien reconnaître les faits nous disaient : l'Etat islamique ne rêve que d'une chose c'est d'attaquer la France, et ils mettront les moyens nécessaires".

"A travers des projets qui ressembleraient à celui-là ?", demande David Pujadas.

"Le dernier que j'ai vu, c'était mi-août. Et on lui avait demandé de faire un attentat dans un concert de rock", répond le juge.

David Pujadas, interloqué, le coupe : "Vous nous dites qu'il y a trois mois, il y avait quelqu'un dans votre bureau qui vous parlait d'un attentat dans un concert de rock ?!"

"Oui, tout à fait, c'est ce qu'on lui avait demandé de faire. C'était l'Etat islamique. Il a trop de monde, plein de monde, donc ils peuvent faire des attentats kamikazes, ils peuvent perdre des gens, en envoyer autant qu'ils en veulent. Ils peuvent être arrêtés, ce n'est pas grave. Si ça ne marche pas la première fois, la deuxième fois, la troisième fois, ça marchera la 5 ou la 6e. Ils ont cette grande capacité que n'a plus vraiment Al-Qaeda de gâcher du personnel", explique le juge.

Marc Trévidic lance ensuite à un David Pujadas qui peine à y croire : "Je pense que si l'émir de l'Etat islamique en Syrie demande à main levée à ses recrues 'qui veut aller faire un attentat en France', vous aurez 200 bras levés en une demi-seconde."

Il dénonce ensuite l'inaction des gouvernements, responsable selon lui de la situation actuelle. "Ils ont une capacité de projection qui est importante et qui est logique, puisque pendant trois ans on les a laissé grossir et devenir surpuissant. On a laissé un monstre grossir. Quand un groupe terroriste est fort, il s'exporte."

Citant les exemples du GIA algérien ou d'Al Qaïda, il regrette : "C'est toujours la même histoire : on laisse un groupe se développer et on dit 'Ah ! On a un monstre devant nous !' Ben ouais !"  

 

 

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