Quand les heures sont sauvées des eaux, quand les minutes rêvent d’une cathédrale gothique et quand les secondes médiévales nous hypnotisent : c’est l’actualité des montres… | Atlantico.fr
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Au poignet de Kevin Magnussen, futur champion de la F1 tricolore avec Renault Sport, une Bell & Ross très "instrumentale"…
Au poignet de Kevin Magnussen, futur champion de la F1 tricolore avec Renault Sport, une Bell & Ross très "instrumentale"…
©DR

Atlantic-tac

Quand les heures sont sauvées des eaux, quand les minutes rêvent d’une cathédrale gothique et quand les secondes médiévales nous hypnotisent : c’est l’actualité des montres…

Mais aussi l’illustration philosophico-mécanique d’un temps cyclique inspiré par l’Antiquité, les archétypes reptiliens du temps des satellites et le cocorico glorieux d’une horlogerie française en pole position…

Grégory Pons

Grégory Pons

Journaliste, éditeur français de Business Montres et Joaillerie, « médiafacture d’informations horlogères depuis 2004 » (site d’informations basé à Genève : 0 % publicité-100 % liberté), spécialiste du marketing horloger et de l’analyse des marchés de la montre.

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HAUTLENCE : Entre Mondrian et une cathédrale gothique…

Vous allez sans doute avoir des doutes en découvrant que le footballeur atypique Eric Cantona est un des créateurs de cette montre Vortex Primary : la vidéoci-dessous a pourtant quelques chances de vous convaincre que ce storytelling inhabituel se fonde sur quelques vérités élémentaires. La montre serait l’alliance d’une cathédrale et d’un char d’assaut. Une cathédrale pour l’usage de « vitraux » multicolores (couleurs primaires) qui déroutent le regard, mais un char d’assaut pour ce concept d’heures mécaniques entraînées par des chenilles (à gauche de la montre, les chiffres des heures sont entraînés par une « chaîne » qui les fait défiler dans un guichet en verre saphir transparent). Les minutes sont « rétrogrades » dans la fenêtre située en haut de la montre : elles défilent sur le demi-cercle pendant une heure avant de revenir à leur point de départ. La dynamique de la montre est assurée par le mouvement « baguette » des plus originaux situé dans le bas de la montre : en accompagnant l’avance de la « chaîne » qui porte les palettes des heures, ce « bloc-moteur » tourne sur lui-même à intervalles réguliers pour éviter les déformations dues à la gravité. Saphirs blanc, spinelles bleu, corindon jaune, rubis rouge : la vie de la montre est une symphonie de couleurs et de lumière, quelque part entre un tableau de Mondrian et les affichages publicitaires de Time Square, à New York, la nuit.

ARTYA : Aux sources mécaniques de la philosophie antique…

Puisqu’on s’achemine vers un épisode d’Atlantic-Tac à dominante « bizarre », jetons un œil du côté d’Artya, une maison indépendante genevoise qui ne donne que dans l’étrange et la micro-série pour amateurs légèrement déjantés. La collection Son of a Sound regroupe des montres dont le boîtier ressemble à la tête d’un manche de guitare, là où s’attachent les cordes et où se règle leur tension – sauf que ces « clés » de réglage sont remplacées ici par la couronne de remontage. C’est déjà très spécial comme forme et comme fonction pour un boîtier horloger, mais la décoration de cette montre Cumbere n’est pas moins particulière : des têtes de mort et des tibias sculptés dans l’or, qui constituent une variante précieuse des « vanités » du XVIIIe siècle. Memento Mori, disaient déjà les cadrans solaires de l’Antiquité gréco-romaine : souviens-toi que tu es mortel. Avec cette montre mécanique au poignet, impossible d’oublier cette conception cyclique du temps : à 6 h, on trouve un « tourbillon », mécanisme qui entraîne le cœur battant de la montre (ce qui fait tic-tac) dans une inlassable et vertigineuse rotation. On en déduira que la montre a une vocation philosophique : elle nous démontre le concept nietzschéen d’éternel retour de l’identique…

SPEAKE-MARIN : La rouelle hypnotique qui nous dispense des minutes…

Toujours en explorant les coulisses d’un autre temps, pourquoi faire compliqué avec deux aiguilles quand on peut se contenter d’une seule ? Certes, les tempsindiqués seront un peu plus approximatifs, à deux minutes près, mais qui se soucie de cette hyper-précision qui est bien mieux garantie par les prothèses numériques de notre vie quotidienne ? Donc, une aiguille unique, en rotation lente autour du cadran en émail grand feu qui alterne chiffres gothiques et chiffres romains [quelque chose qui nous vient directement du Saint Empire romain germanique !], avec, au cœur de ce cadran, sous la structure bleu qui porte l’aiguille des heures, une rouelle médiévale stylisée qui bat les secondes et qui nous rassure sur la « vie » de la montre : quand la montre fonctionne, la rotation de cette rouelle centrale a quelque chose de fascinant et d’hypnotique. Si vous examinez attentivement le chiffre romain V, vous y découvrirez une signature « secrète », qui précise enamel(mot anglais qui signifie « émail », puisque le créateur, Peter Speake-Marin, est un Britannique exilé en Suisse). Le 12 en caractères gothiques est un héritage des premières montres de poche, qu’on prenait dans la main pour l’heure et dont il fallait pouvoir instantanément repérer dans quel sens était le cadran. Il y a beaucoup de culture horlogère, bien digérée, dans cette Velsheda, qui tire son nom d’un fameux yacht de la classe J, construit en Angleterre dans les années 1930 et toujours à flot aujourd’hui…

CARTIER : Des heures magnétiques qui flottent dans l’eau…

Poursuivons ce voyage dans les expressions inaccoutumées du temps. Les pendules « mystérieuses » sont entrées dans la légende Cartier dans les années 1910 : il s’agissait de créer des horloges transparentes, dont les aiguilles gravées sur des disques de verre semblaient suspendues dans l’espace (tout le mécanisme était logé latéralement, dans la carrure de la pendule). Depuis, Cartier revisite inlassablement ses classiques, mais la nouvelle horloge Tayrona est une des plus déroutantes qui soient. Elle ressemble à un… aquarium qui serait rempli d’eau, mais qui contiendrait, non des poissons, mais un « flotteur » de haute joaillerie, serti de diamants et de pierres précieuses. Sur cette pendule de bureau, la position du « flotteur » autour du cadran annulaire indique les heures et les minutes : le mouvement mécanique est dissimulé dans la base en or de l’aquarium [on pourrait y élever des poissons] et le « flotteur » est animé par un champ magnétique. Ce concept d’horloge fluido-mécanico-magnétique de haute joaillerie est une pièce unique encore jamais vue nulle part dans le monde (image Vincent Wulveryck/Cartier). Son prix la réserve à une petite poignée de grands collectionneurs à travers le monde…

URWERK : Au temps des archétypes reptiliens…

Toujours en quête d’expériences inédites du temps, imaginez une montre qui serait recouverte d’une « carapace »de bronze texturé, entre le tatou et le Tyrannosaurus Rex : sans trop d’imagination, on pressent sur cette UR-105, qui ne ressemble à rien d’autre de connu dans l’univers de la haute horlogerie, a beaucoup voyagé dans le temps et que sa cuirasse « reptilienne » témoigne d’archétypes ancrés au plus profond de notre inconscient collectif. On ne parlera pas de « cadran », mais de « guichet » pour lire une heure dont le chiffre défile le long d’un arc de cercle qui porte les minutes : à la fin de la minute 60 (en rouge, à gauche), le disque du 9 (pour 9 h) apparaîtra à la hauteur de la minute zéro (à droite). On s’y habitue en quelques secondes, mais n’allez pas croire que ces heures « satellitaires » sont une invention d’un designer fou du XXIe siècle : on les trouvait déjà sur certaines montres de poche du XVIIIe siècle. Seul l’habillage « reptilien » et la mise en scène esthétique sont contemporains. C’est probablement une des montres les plus originales de la saison…

BELL & ROSS : Les couleurs françaises en pole position…

Revenons sur terre à présent. L’équipe Renault Sport de F1 quitentera sa chance sur les circuits pour le championnat du monde 2016 aura un partenaire horloger officiel français ! Ce n’était pas arrivé depuis plusieurs décennies, voire peut-être même jamais dans l’histoire de la F1. Bell & Ross appose donc son nom sur les parements jaunes des voitures noires de l’écurie et se lance dans un programme de 21 grands prix à travers le monde, en portant ainsi les couleurs de l’horlogerie française sur quatre continents, face à 500 millions de téléspectateurs. Les pilotes de Renault Sport Formula One Team porteront une montre Bell & Ross BR (en haut de la page, on en découvre une au poignet de Kevin Magnussen), mais la marque – qui nous avait habitués à des montres aéronautiques ou guerrières – a prévu de lancer une collection entièrement dédiée aux sports mécaniques et à la compétition automobile. Pour Bell & Ross, c’est l’entrée dans la cour des grands, dans le sillage de maisons comme Rolex, Hublot ou TAG Heuer…

• LE QUOTIDIEN DES MONTRES

Toute l’actualité des marques, des montres et de ceux qui les font, c’est tous les jours dans Business Montres & Joaillerie, médiafacture d’informations horlogères depuis 2004...

Lien : https://businessmontres.com/

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