Quand le moins en dit plus, quand le serpent en dit trop et quand la vague en dit assez : c’est l’actualité des montres… | Atlantico.fr
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Un instrument de navigation au poignet : les pilotes militaires adorent les Bell & Ross BR 01, une montre-icône qui fête ses dix ans.
Un instrument de navigation au poignet : les pilotes militaires adorent les Bell & Ross BR 01, une montre-icône qui fête ses dix ans.
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Quand le moins en dit plus, quand le serpent en dit trop et quand la vague en dit assez : c’est l’actualité des montres…

Mais aussi le soleil pourpre qui se lève sur l’or rose, le jaune qui flashe d’un architecture post-moderne et le costume suisse d’un goût italien…

Grégory Pons

Grégory Pons

Journaliste, éditeur français de Business Montres et Joaillerie, « médiafacture d’informations horlogères depuis 2004 » (site d’informations basé à Genève : 0 % publicité-100 % liberté), spécialiste du marketing horloger et de l’analyse des marchés de la montre.

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BELL & ROSS : Quand le moins voyant devient le mieux disant…

Les Américains se pâment sur le design Apple, les Allemands excellent dans le minimalisme Braun, mais les Français peuvent se flatter d’une percée là où on ne les attendait pas, du côté des montres dessinées avec autant de rigueur que de ferveur, dans l’esprit du « Less is More » (moins, c’est plus) de la fin du XXe siècle. L’artiste, chez Bell & Ross, c’est Bruno Belamich, co-créateur de la marque et adepte presque zen de la force intérieure : c’est un des maîtres Jedi les plus secrets de l’horlogerie contemporaine et il a mis beaucoup de lui-même dans l’édition du 10e anniversaire de sa BR 01, montre imaginée par lui en 2005 pour transposer au poignet l’esprit des compteurs de bord dans les cockpits d’avion qui le fascinent – il s’en est d’ailleurs acheté un, complet (cellule et verrière), pour le mettre dans son entrée ! Un créateur comblé : les vrais pilotes adorent ses montres ! Là où tout le monde en rajoute à la louche, sinon à la pelleteuse, pour fêter l’anniversaire d’un icône, lui a préféré en retirer encore et parvenir à ce point magique où, après le dernier coup de gomme, le coup de crayon en trop ruinerait l’instant magique. C’est un BR 01 aussi « instrumentale » que les autres, mais, si on regarde attentivement chaque détail (les aiguilles, les chiffres, les index, les finitions), c’est la BR 01 ultime, le parangon, sinon le taxon de toutes les autres. Bruno Invenit et fecit, comme on disait au XVIIIe siècle : il aurait dû signer chaque montre, sur le fond du boîtier ! C’est une brique dans l’édifice du design contemporain en Europe…

GIRARD-PERREGAUX : La pourpre impériale qui sera réservée à Paris…

Si vous aimez les montres exclusives en série limitée, c’est le bon moment de craquer pour cette Girard-Perregaux 1966 spécialement éditée pour accompagner le 150e anniversaire du Printemps, à Paris. Seule différence avec les éditions courantes : un cadran pourpre, tout simplement impérial dans son boîtier en or rose, qui sera ou non serti (ci-dessous : la petite taille, féminine). À ce stade de réussite esthétique, inutile de s’apesantir sur les détails techniques, le « soleillage » discret du cadran, le mouvement automatique, l’exclusivité (deux exemplaires dans les deux tailles !) ou la valeur patrimoniale d’une telle pièce : on adore ou on est indifférent, mais on mettra tout en œuvre pour avoir le privilège de s’en procurer une si on tombe sous le charme. Avec une urgence prioritaire absolue : virer ce bracelet en alligator noir, vraiment trop noir, trop verni et trop nul pour une princesse horlogère de cette qualité !

EMPORIO ARMANI : Le charme italien en costume Swiss Made…

Vous allez devoir patienter un peu, jusqu’à cet été, pour vous équiper de cette nouvelle montre Armani, qui a tout d’une grande montre suisse (eh oui, c’est du Swiss Made, avec un mouvement automatique manufacture très bien conçu), sauf le prix. Les détails ont été soignés, d’abord dans le style – boîtier de 43 mm en acier doré aux lignes classiques, beau contraste or rose/noir, couleur qui est celle des inserts sur les flancs du boîtier comme celle du bracelet textile – et dans les détails très horlogers du cadran (la profondeur du cadran anthracite, le galbe design des index, la taille des aiguilles, la lunette tournante en aluminium). Pourquoi une lunette tournante de type plongée sous-marine sur une montre automatique plutôt urbaine ? Tout simplement parce que cette élégante citadine est aussi une grande sportive, qu’Armani a voulu étanche à 300 m, ce qui en fait une montre de loisirs idéale. La décision de ne la lancer qu’au cœur de l’été, pour l’automne, trop tard pour les ventes d’avant les départs en vacances, est un peu incompréhensible…

BVLGARI : L’éternelle fascination d’Ève pour les serpents tentateurs…

La maison Bvlgari a su faire de ce bracelet serpentiforme qui s’enroule autour du bras un signe de reconnaissance pour les femmes qui aiment défier les conventions : si le serpent est un symbole démoniaque dans la culture chrétienne, il est bénéfique dans la plupart des civilisations du monde, comme il l’était dans le paganisme pré-chrétien en Europe. Bvlgari a su faire de ce serpent – devenu l’icône horlo-joaillière Serpenti – un bijou articulé, élégant et précieux, qui se fixe au poignet quand sa queue vient se croiser sur sa tête : on a perdu en figuration ce qu’on a gagné en expression grâce à un travail d’orfèvrerie qui taille et sertit les diamants dans des maillons flexibles et ajustables, qui parviennent à conjuguer souplesse et maintien. Serpenti, c’est la légende Bvlgari telle qu’on a pu la découvrir au poignet de nombreuses célébrités, à la ville comme à l’écran. C’et l’éternelle tentation de la sensualité et de la séduction – domaines parfaitement maîtrisés par la marque romaine…

NIXON : La bonne idée pour surfer en toute connexion avec sa tribu…

Il y a les marques qui vous racontent qu’elles vont annoncer qu’elles vont faire des montres connectées, demain, plus tard. Et il y a les marques qui arrivent sur le marché en même temps que la Watch d’Apple, avec une montre connectée substantielle, qui va très vite devenir indispensable à sa communauté de destin : les surfeurs. Nixon – marque ultra-tendance qui se partage entre Encinitas (Californie, du côté de San Diego) et Hossegor (Landes, un peu au-dessus de Biarritz) – leur dédie cette UltraTide qui affiche, au poignet, des informations aussi essentielles que la température de l’eau, la hauteur des vagues, l’heure des marées, la force du vent et tout ce qui permet de réussir un surf inoubliable dans les plus spots les plus proches (2 700 plages possibles, dans le monde entier), avec des alertes et un lien permanent avec la communauté, pour prévenir les copains. Comme on ne surfe pas les rouleaux avec son smartphone, la montre-bracelet connectée est encore ce qu’on a trouvé de plus intelligent pour pratiquer un sport hautement social. Six couleurs sont proposées, des plus sages aux plus mode, sachant que c’est une montre parfaitement portable dans un cadre urbain – si tant est que les surfeurs et les surfeuses aient l’idée saugrenue de quitter les plages de sable pour les trottoirs des villes de grande solitude…

RICHARD MILLE : Le pied-de-nez le plus génial qu’on puisse faire à l’Apple Watch…

S’il n’en reste qu’un, ce sera Richard Mille ! Quand tous les jeunes indépendants de la nouvelle génération horlogère auront viré leur cuti, pris de l’embonpoint créatif et vendu leur âme au diable mainstream, il restera toujours Richard Mille – le grand horloger français de l’aube du XXIe siècle ? – avec ses boîtiers tonneau si faciles à identifier (c’est le but), ses matériaux avancées (pour cette RM 011 Yellow Flash, de la céramique TZP-N au carbone NTPT), ses audaces graphiques dans l’architecture du mouvement et son style sportif post-industriel. Les prix annoncent réservent ce genre de jouets de garçon aux pétro-nababs et aux oliogarques, toujours plus nombreux sur cette planète à en croire les statistiques officielles et toujours plus enclins à flamber des sommes ahurissantes en petits plaisirs de poignet. Tant mieux pour eux et pour ce génial M. Mille, qui a posé les canons d’une haute horlogerie moins soporifique. Pour qui se moque des conventions et qui veut faire un pied-de-nez au conformisme de l’éphémère, cette RM 011 semée de pointes jaunes n’est-elle pas la plus crédible des réponses à l’Apple Watch ?

• LE QUOTIDIEN DES MONTRES

Toute l’actualité des marques, des montres et de ceux qui les font, c’est tous les jours dans Business Montres & Joaillerie, médiafacture d’informations horlogères depuis 2004...

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