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Mieux qu’une montre, un robot sous-marin qui explore le temps, sur le site d’un naufrage qui cache ses trésors depuis 2 200 ans…
Mieux qu’une montre, un robot sous-marin qui explore le temps, sur le site d’un naufrage qui cache ses trésors depuis 2 200 ans…
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Quand la soucoupe plongeante remonte le temps, quand les œufs de caille donnent naissance à des éléphants et quand Batman est fier de son poignet : c’est l’actualité des montres…

Mais aussi un cocorico mécanique parisien, le style octogonal d’un grand horloger de Louis XV et le chronographe le plus rock’n’roll de la rentrée…

Grégory Pons

Grégory Pons

Journaliste, éditeur français de Business Montres et Joaillerie, « médiafacture d’informations horlogères depuis 2004 » (site d’informations basé à Genève : 0 % publicité-100 % liberté), spécialiste du marketing horloger et de l’analyse des marchés de la montre.

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HUBLOT : Le premier drone subaquatique de l’histoire des montres…

Aucun rapport entre un robot sous-marin et une montre ? La preuve que si avec le Bubblot conçu par la manufacture Hublot, une des plus dynamiques du paysage suisse et une des seules qui parviennent à tirer son épingle du jeu (chiffre d’affaires multiplié par 20 en 10 ans !). Il s’agit d’une « soucoupe plongeante » destiné à aider les archéologues qui travaillent actuellement sur le site du naufrage d’Anticythère, à la recherche de la plus fabuleuse cargaison de toute l’Antiquité grecque : un « trésor » de statues et d’objets d’art que le navire qui a coulé rapportait probablement à Rome. C’est dans cette cargaison, localisée entre 90 m et 150 m de fond qu’on a retrouvé la fameuse Machine d’Anticythère, vestige du premier ordinateur mécanique de l’histoire des hommes, amas de rouages d’une rare complexité qui servait de calculateur astronomique aux savants de l’époque. C’est cette Machine qui fait le lien avec Hublot, dont les horlogers ont entrepris de reconstituer, dans une montre à la taille du poignet, ce chef-d’œuvre des anciens mécaniciens grecs. Une fois la montre Anticythère mise au point (c’est une des plus « compliquées » jamais réalisée en Suisse), très logiquement, la R&D de Hublot a créé ce Bubblot pour faciliter le travail des plongeurs archéologues : piloté comme un drone aérien par un opérateur qui travaille en réalité virtuelle, le Bubblot est un chef-d’œuvre d’ingénierie contemporaine, qui travaille au centimètre près, jusqu’à 300 m de fond, en filmant tout ce qu’il voit en 3D et en très haute définition. Autonome avec ses quatre hélices orientables et doté de détecteurs de masse métallique, le Bubblot peut même souffler de l’eau pour dégager le champ ou aspirer des sédiments. Une fois la fouille ainsi balisée, les plongeurs n’ont plus qu’à opérer : par 90 m de fond, ils ne peuvent plonger qu’une demi-heure, mais avec deux heures de palier pour remonter à la surface ! Peut-être que le Bubblot permettra de retrouver une seconde Machine d’Anticythère… Il n’y a pas que les montres dans la vie : avec sa machine à remonter le temps, Hublot nous ouvre une nouvelle porte sur les océans (70 % de notre planète) et nous fait même rêver de futures explorations extra planétaires…

BRM : Les dix ans d’un chronographe saturé d’allusions aux sports mécaniques…

La manufacture parisienne BRM fête cette année les dix ans de son icône, la V12-44, un chronographe totalement imbibé de codes automobiles. BRM pour Bernard Richards Manufacture, V12 pour l’allusion au moteur et 44 pour les 44 mm de virilité au poignet. On comprend que la plupart des grands pilotes internationaux, mais aussi de leurs fans, aient adoré cette montre dont le boîtier est en forme de piston : les aiguilles allégées évoquent également la course automobile (pédales), le cadran rappelle les compteurs de bord, les poussoirs sont profilés comme des culasses et les cornes vissées travaillées comme des éléments de châssis. On comprend aussi que la marque BRM soit aujourd’hui partenaire de nombreuses courses automobiles, dont, actuellement, le prestigieux Tour de Corse. La plupart des pièces de ces montres sont usinées en région parisienne par l’équipe de Bernard Richards, qui se contente de mouvements suisses, mais qui a réussi à réaliser lui-même deux mouvements « tricolores » totalement innovants. En or, en acier, en titane ou même en Makrolon transparent, la V12-44 a connu tous les styles et toutes les déclinaisons : la montre est personnalisable à volonté par ses amateurs (couleur des aiguilles, du cadran et du bracelet. C’est le moment de lancer un vrai cocorico horloger !

FERDINAND BERTHOUD : De Louis XV aux Tontons flingueurs…

Ne dites pas aux Suisses que Ferdinand Berthoud est français, ils le croient suisse parce qu’il est né dans un territoire aujourd’hui suisse (mais à l’époque prussien). Le grand maître-horloger Ferdinand Berthoud (1727-1807) n’en pas moins fait toute sa carrière en France et il faut le considérer comme une des gloires de l’horlogerie française : il est considéré comme un des inventeurs de l’horloge de marine, cet instrument chronométrique dont la précision horaire permettait aux navigateurs du XVIIIe et du XIXe siècles de faire le point sur leur position en mer. La vie de nombreux équipages dépendait alors de cette précision mécanique. La marque suisse Chopard rend hommage à Ferdinand Berthoud en créant une marque à son nom : la première collection Ferdinand Berthoud propose un chronomètre de marine à tourbillon, dont la régularité de marche est assurée par une chaîne (474 mini-maillons et 316 mini-goupilles) qui vient s’enrouler autour d’une « fusée » (un cône). Tout le mouvement est conçu, travaillé et décoré dans l’esprit des mécaniques du XVIIIe siècle. Le boîtier octogonal – percés de hublots latéraux pour découvrir le mouvement – s’inspire lui aussi des horloges de marine de Ferdinand Berthoud, qui avait nommé horloger du roi de France, Louis XV, en 1773. Pour l’anecdote, Ferdinand Berthoud est mentionné dans Les Tontons flingueurs : une de ses pendules joue un rôle dans la scène mythique où le père d’Antoine Delafoy vient demander à « M. Fernand » la main de celle qui n’est pas tout-à-fait sa nièce, mais la fille du Mexicain…

JAQUET DROZ : La poésie des œufs de caille sur fond de savane africaine…

La mosaïque de coquille d’œuf est un classique des arts décoratifs, mais cette technique était un peu délaissée depuis les années 1930 et encore jamais utilisée dans une montre. C’est avec des œufs de caille que la manufacture Jaquet Droz a recréé ce tableau naturaliste dans sa Petite Heure Minute (43 mm de diamètre) : il n’a pas fallu moins de 2 000 micro-tesselles de coquille d’œil et 200 heures de travail pour une seule pièce de ce décor Éléphant, dont il n’existera que huit exemplaires. L’onyx noir du cadran décentré des heures et des minutes contraste avec la laque transparente qui nimbe d’un voile onirique la savane de cette scène…

RJ-ROMAIN JEROME : Batmobile de poignet ou vaisseau spatial en maraude ?

Les amateur auront tout de suite remarqué la chauve-souris discrètement posée sur le flanc droit de cette montre pas comme les autres : c’est bien le symbole du justicier de Gotham City, qui a trouvé là une maison horlogère à qui parler. Cette Spacecraft a la forme qui convient : un boîtier trapézoïdal que son designer a pris un malin plaisir à facetter, avec un écran vertical déporté sur le côté de la montre pour lire l’heure et un cadran horizontal sur le « pont » supérieur pour lire les minutes grâce à un disque rotatif. Marquées en bleu dur, les heures linéaires de cette Spacecraft sont « sautantes » toutes les soixante minutes : la mise au point de cet inhabituel affichage rétrograde réclame beaucoup d’ingéniosité, mais le poignet du Dark Knight ne pouvait pas se contenter de la montre de M. Tout le monde. Le bracelet de force en buffle noir à piqûres sellier bleues vient à la fois souligner l’originalité du boîtier et la personnalité d’un des 75 batmanophiles qui auront le privilège de porter cette Spacecraft venue d’ailleurs…

BOMBERG : Le chronographe le plus rock’n’roll de la rentrée horlogère…

Soit un chronographe automatique de style costaud, qu’on peut porte au poignet, mais également en montre de poche (grâce à un support où le boîtier détachable du bracelet vient se loger) ou en pendulette de bureau. Pour le chic, les poussoirs sont placés à 12 h – en cornes de taureau, disent les amateurs. Ajoutons-y un mouvement mécanique original de la manufacture Concepto, épuré et retravaillé dans une logique « industrielle ». Pour compléter la proposition, une ambiance artistique entre le graffiti et l’art contemporain, influencé par le travail du jeune artiste suisse Thomas Mustaki : des couleurs qui se remarquent au poignet. Résolument non-conformiste, cette Bolt-68 affirme sa personnalité en 47 mm de large et jusque dans son bracelet aux surpiqûres contrastées. Bomberg prouve qu’il faut maîtriser les codes de la tradition pour mieux s’en affranchir…

• LE QUOTIDIEN DES MONTRES

Toute l’actualité des marques, des montres et de ceux qui les font, c’est tous les jours dans Business Montres & Joaillerie, médiafacture d’informations horlogères depuis 2004...

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