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La lutte des écologistes contre les OGM a aboutit au résultat qu’ils ont été définitivement interdits en France.
La lutte des écologistes contre les OGM a aboutit au résultat qu’ils ont été définitivement interdits en France.
©Reuters

Revue d'analyse financière

Nucléaire, OGM, gaz de schiste : ces milliards que l'écologie politique coûte à la France

Dans l'œil des marchés : Jean-Jacques Netter, vice-président de l'Institut des Libertés, dresse, chaque mardi, un panorama de ce qu'écrivent les analystes financiers et politiques les plus en vue du marché.

Jean-Jacques Netter

Jean-Jacques Netter

Jean Jacques Netter est vice-président de l’Institut des Libertés, un think tank fondé avec Charles Gave en janvier 2012.

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Tout citoyen responsable est préoccupé par la diminution des ressources rares et la pollution. Il suffit de passer quelques jours dans les grandes villes chinoises pour comprendre qu’il est urgent de prendre les bonnes décisions. En France et en Europe, nous avons eu droit à un monopole de l’écologie politique qui n’a pris que des décisions idéologiques qui ne vont pas du tout dans la bonne direction et aboutissent à un résultat inverse à celui qui était recherché.

Le combat des écologistes contre le nucléaire se traduit pour le moment par l’augmentation des importations de charbon américain très polluant. L’Europe vient de renouveler ses autorisations d’importation. Les exportations américaines sont passées de 13,6MT en 2003 à 47,2MT en 2013. Comme les verts allemands sont arrivés à imposer un retrait allemand progressif  du nucléaire, il faut tout de même faire fonctionner les centrales électriques. La montée en puissance de la production d’électricité à partir d’énergies alternatives dans des conditions économiques satisfaisantes n’est pas du tout au rendez-vous, il faut donc importer du charbon qui pollue beaucoup.  Les énergéticiens allemands vont pouvoir continuer à polluer allègrement, puisque le cours des droits à polluer a fortement diminué. Tel est le brillant résultat de l’écologie politique en Allemagne. Les valeurs concernées par la hausse de la consommation de charbon sont : Peabody Energy (le premier producteur américain), Murray Energy, Alpha Natural Resources, Arch Coal, Consol Energy (présent à la fois dans le charbon et le gaz).  James River Coal et Patriot Coal ont fait faillite, victimes de la concurrence des gaz de schistes.

La lutte des écologistes contre les OGM a aboutit au résultat qu’ils ont été définitivement interdits en France par un vote du sénat cette semaine. Les députés et les sénateurs qui ont voté ces textes auront une lourde responsabilité. La production de denrées alimentaires devra progresser de 60 à 100% d’ici 2050. Pour y parvenir, il faudra disposer de plantes moins exigeantes en eau et résistant à la salinité des eaux. La France était très en avance dans ce domaine. Grâce au principe de précaution qui vise à interdire toute recherche préalablement, ce n’est plus le cas. Face à Monsanto aux Etats-Unis qui domine le secteur quelques sociétés européennes résistent : Vilmorin (n°4 monde des semences avec Clause et Jacquet, Brossard dans la boulangerie. La société est détenue par  Limagrain/France). Tous les nouveaux centres de recherche sont désormais créés à l’étranger :  KTG Agrar (Allemagne), KWS Staat AG (Joint Venture avec Vilmorin pour la transgénèse du maïs/Allemagne).

La forêt en France est un autre exemple de très mauvaise gestion de nos ressources. La filière bois est un véritable gâchis, car nous  possédons 16M d’ha de forêts, soit 50% de plus que l’Allemagne. Malgré cela, le chiffre d’affaire de la filière bois en France est de 60Md€ avec 400 000 d’emplois) est inférieur à celui de l’Allemagne (117Md€/1,5M d’emplois).  Plus de 150 scieries disparaissent chaque année et l’écologie politique ne semble pas avoir encore intégré que la forêt stockait 20% du carbone émis en France. Résultat, nous accusons un déficit de 5,6Md€ dans notre balance commerciale. Nous exportons des grumes et les réimportons ensuite en produits valorisés comme des planches, des parquets etc… Pour les investisseurs qui souhaitent exposer leur portefeuille à cette classe d’actif, il faut se tourner vers de grandes sociétés internationales comme :  Weyerhauser (US), Plum Creek Timber (US), Rayonier (US),West Fraser Timber (Canada), Canfor Corp (Canada), UPM Kymene oyj (Finlande), Stora Enso (Finlande), Oji Holdings Corp (Japon), Smurfit Kappa (Irlande). Il existe aussi un trackers qui est le iShares Global Timber & Forestry UCITS ETF.

Le gaz de schistes dont nous avons souvent parlé est encore un domaine dans lequel les écologistes  pratiquent le diktat du principe de précaution sans avoir cherché si l’on pouvait scientifiquement trouver des solutions. Conrad Schlumberger, entrepreneur  alsacien, inventeur des tests sismiques pour la recherche pétrolière doit se retourner dans sa tombe. Heureusement, le groupe est parti il y a longtemps s’installer aux Etats-Unis, cela lui a permis de devenir le leader mondial des services pour l'industrie pétrolière.

L’activité en Europe donne des signes positifs

La perspective d’une grande récession s’éloigne et la reprise se renforce dans les grands pays développés. Plusieurs signes confirment cette perspective.

Le transport maritime peut maintenant augmenter ses prix. Le cours du Shanghai Containerization Freight Index qui est l’indice représentatif du coût de transport d’un container entre Shangai et Rotterdam va augmenter de 500$. Il est à 1305$ venant de 221$ au plus bas de la crise. Le cours est toutefois toujours en baisse de 23% depuis le début de l’année. Les valeurs concernées par cette évolution plutôt favorable sont : AP Moeller Maersk (Danemark) , CMA CGM (France) , Mediterranean Shipping Co (Suisse) Container Corp of India, Mitsui OSK Lines, China Cosco, Hanjin Shipping, China International Marine Containers -CIMC.

La Grande Bretagne a vu son PMI avancer à 59,2 en avril contre 57,8 le mois précédent. Sa production industrielle est en hausse de 2,3% sur les douze derniers mois.

Elle est vraiment concernée par les prochaines élections européennes, car plus de 4M d’emplois sont liés au maintien de son adhésion à l’Union Européenne. L’Espagne et l’Italie ont également enregistré une hausse de leur PMI.

En France, si l’économie française n’est plus en récession, elle n’est pas encore toutefois en phase de reprise. Le crédit en France progresse très faiblement (+0,3% contre -3% dans le reste de l’Europe). Adecco, le numéro un mondial du travail temporaire est devenu un peu moins pessimiste sur les perspectives du marché de l’emploi.

En Europe, Mario Draghi le président de la BCE a indiqué qu’il optait pour le statu quo malgré les pressions du FMI, de l’OCDE et d’Arnaud Montebourg ! Il attend de voir si la remontée de l’activité en Europe est soutenable et a indiqué qu’il interviendrait probablement en juin sans préciser les mesures qu’il utilisera. Cela fait des mois que la BCE préfère le discours à l’action, le problème est désormais de savoir combien de temps la complaisance des marchés va se poursuivre.

Parmi les signes moins positifs, il faut noter plusieurs points qui méritent d’être surveillés :

En Europe, le hard discount en Europe est victime de la guerre des prix. Les principales sociétés concernées sont : Aldi (Germany), Lidl (Germany), Dia (Espagne), Netto (France/Intermarchés). Leader Price (France/Casino). Le groupe de distribution de Jean Charles Naouri président de Casino va introduire en bourse aux Etats-Unis ses activités de e-commerce. Cela en dit long sur la perte de compétitivité du marché de Paris. A force de taxer les investisseurs, de ne pas avoir de fonds de pension qui devraient fournir de l’épargne longue, les entreprises françaises vont la chercher ailleurs pour accélérer leur développement et améliorer leur visibilité. C’est bien triste.

En Allemagne, l’excédent commercial a baissé en mars, ce qui s’explique par la crise ukrainienne et le ralentissement de l’économie chinoise.

En Italie, les banques n’ont pas résolu tous leurs problèmes. Elles sont encore exposées à hauteur de 15% à la dette de leur gouvernement et détiennent encore plus de 10% de leurs encours de crédit qui sont considérés comme non performants. Cela explique pourquoi elles n’ont pas encore remboursé les fonds empruntés dans le cadre des opérations de LTRO menées par la BCE pendant la crise. Les valeurs concernées sont : Banca Monte dei Paschi di Siena, Unicredit, Intesa, Banco Popolare Emilia Romagnia , UBI Banca, Banca Popolare di Milano, Banco Popolare Emilia Romagna.

Au Danemark, le marché hypothécaire est dans une situation difficile, car les ménages danois ont un taux d’endettement  qui représente maintenant 309% de leur revenu disponible. Cela pourrait entrainer des pertes importantes pour les banques, les fonds de pensions et les fonds monétaires. A suivre …

En Chine, la production manufacturière s’est de nouveau contractée en avril. La menace sur la croissance immobilière est toujours là. Au Japon, l’excédent de la balance courante diminue.

Dans le caoutchouc naturel, les stocks de la Chine, premier importateur sont au plus haut depuis neuf ans. La Thaïlande essaye de diminuer les siens qui s’élèvent à 200 000 tonnes. Les valeurs concernées par cette situation sont : Sipef (France), Sumitomo Rubber (Japon), Southern Rubber Industry (Vietnam), Danang Rubber (Vietnam), China Hainan Rubber Industry (Chine), , Astra Agro (Indonésie), Kuala Lumpur Kepong (Malaisie).

Le renouveau des marchés émergents et des marchés frontières se précise

Les marchés émergents, principalement les "fragile five" n’étaient pas du tout à la mode à la fin de l’année dernière. Ils le sont aujourd’hui alors que ni la croissance ni les perspectives de résultats ont changé. Depuis le début de l’année, l’Indonésie a remonté de 21,9%, les Philippines de 15,1% et même la Thaïlande de 8,9% malgré la crise grave que traverse le pays. La Russie a progressé de 6,7% la semaine dernière.

Les marchés frontières sont en train de connaître une recomposition de leur indice. Les Emirats Arabes Unis et le Qatar  passeront de marché frontière à marché émergent. Cela aura pour conséquence que le Koweit pèsera plus de 27% de l’indice MSCI Frontier Market Index.

Le Vietnam est en baisse de 13% depuis son plus haut du mois de mars. Plusieurs gérants estiment que les niveau actuels constituent un point d’entrée. Les investisseurs peuvent avoir accès à un ETF DB FTSE Vietnam Index ETF UCITS. Le Cambodge et le Laos  sont aussi considérés comme attractifs. Pour Fidelity, le grand gérant américain,  le meilleur moyen d’être exposé à ces pays est d’acheter Siam Cement.

 

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