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La légende de Milord l'Arsouille refait surface aux enchères horlogères en dépit de son absurdité historique. Peu importe : la légende noire de la Breguet n°4691 est fascinante...
La légende de Milord l'Arsouille refait surface aux enchères horlogères en dépit de son absurdité historique. Peu importe : la légende noire de la Breguet n°4691 est fascinante...
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Le fantôme de Milord l'Arsouille, le fétiche post-moderne de Mika et l'hyper-design épuré par les Suisses pour les Allemands : c'est l'actualité des montres

Et aussi : les nouveaux codes de l'art contemporain horloger, la tentation hollywoodienne d'une manufacture suisse...

Grégory Pons

Grégory Pons

Journaliste, éditeur français de Business Montres et Joaillerie, « médiafacture d’informations horlogères depuis 2004 » (site d’informations basé à Genève : 0 % publicité-100 % liberté), spécialiste du marketing horloger et de l’analyse des marchés de la montre.

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GREUBEL FORSEY : Les codes de l’art contemporain en horlogerie…

Grand classique de demain, la jeune marque Greubel Forsey – Robert Greubel le Vosgien et Stephen Forsey le Britannique – illustre l’art horloger traditionnel, mais en le réinterprétant selon les codes de l’art contemporain : la mécanique est épurée, pleine d’idées et d’innovations, mais le style est unique. Il s’agit d’un tourbillon (visible à 7 h du cadran, dont les 0,39 gramme (pour 268 composants !) apportent précision et distinction à un mouvement réalisé en titane mat – d’où la couleur grise de l’ensemble : ce tourbillon, qui tourne sur lui-même en 24 secondes, mais qui est incliné de 25° pour être moins sensible à la gravitation, est d’autant plus spectaculaire qu’il est maintenu en place par un « pont » en saphir qui n’en cache aucune subtilité. Admirons au passage les différents « étages » du cadran, son 12 en relief, le tripode qui porte les aiguilles, sa petite seconde en flèche rouge et la réserve de marche de 72 heures. Un chef-d’œuvre de l’horlogerie contemporaine, que les (riches) collectionneurs du monde entier se disputent aux enchères ou sur liste d’attente…

SWATCH : Un masque tribal océano-africain dessiné par Mika…

Depuis la Swatch dessinée par Kiki Picasso, l’art s’est emparé di poignet et de nombreux créateurs ont honoré d’une édition Swatch art les collections de la marque qui fête cette année ses trente ans. La pop star internationale Mika – qui fête lui aussi ses trente ans – vient de dessiner deux nouvelles Swatch Art, la Kukulakuki et la Kukulakuku, influencées par les totems océaniens aussi bien que par les masques tribaux africains : « Les masques tribaux sont inspirés de sources diverses, nous explique l’artiste. Il est difficile d’identifier ce qu’ils représentent. Mais ça n’a pas vraiment d’importance puisqu’ils ont la même fonction : ils sont là pour inspirer la curiosité et le respect. C’était une des idées maîtresses de notre concept. Nous voulions donner à l’objet une dimension presque mystique ». Plus qu’une montre (environ 130 euros), un fétiche post-moderne…

BREGUET : La légende noire d’une montre exceptionnelle…

Ces jours-ci, à Genève, la maison Sotheby’s proposera aux enchères une montre qui sort de l’ordinaire, tant par son histoire que par ses qualités purement horlogères. Mécaniquement conçue par le grand Abraham Louis Breguet, qui ne réalisa que trois ou quatre pièces aussi compliquées, cette montre n° 4691 sera vendue par le fils du grand horloger, en 1831, à Lord Henry Seymour Conway pour la somme – assez extravagante pour l’époque – de 7 000 francs. Premier masque : Lord Seymour est resté dans l’histoire comme « Milord l’Arsouille », ce que confirme le catalogue Sotheby’s, mais ce qui une légende parisienne tenace, le véritable « Milord l’Arsouille » ayant été un autre fêtard de cette époque. Le catalogue Sotheby’s oublie de nous le préciser, mais le mythe Milord l’Arsouille a tellement été popularisé par le cinéma qu’on pardonne cette approximation (image en haut de la page). Par héritage, la montre passe ensuite entre les mains de Sir Richard Wallace, fils naturel du propre fils de Lord Seymour : c’est ce même Richard Wallace qui donnera son nom aux fameuses « fontaines Wallace », bornes en fonte à cariatides typiques du paysage parisien. Ses héritiers conserveront la montre Breguet, qui n’était qu’un infime élément de l’immense fortune de Richard Wallace.

Le catalogue Sotheby’s nous précise que cette Breguet n° 4691 était « complètement inconnue ». Ce qui est absurde, puisque, en 2008, sa vente aux enchères avait été confiée à l’étude parisienne Bailly-Pommery & Voutier, qui l’estimait 100 000 euros. Le musée Breguet la voulait à tout prix, mais un amateur – sans doute alléché par les indications fantaisistes du catalogue – remportait l’enchère en posant 3,4 millions d’euros sous le marteau. Pas mal pour une montre ultra-plate « complètement inconnue », qui sonne les demi-quarts d’heure et qui permet de connaître la différence entre l’heure « civile » et l’heure solaire, mais aussi le jour et la date de la semaine, ainsi que le mois du calendrier ! Deuxième séquence de la légende noire : ce mystérieux enchérisseur devait se suicider avant de s’acquitter de ces 3,4 millions d’euros. La Breguet n° 4961 était donc rendue à la famille…

Elle revient aujourd’hui sous le marteau de Geoffroy Ader (Sotheby’s), qui l’a cette fois estimée 500 000 à 800 000 euros. C’est la troisième séquence de la vie d’une montre en or dont le double boîtier est décoré de magnifiques guillochages et dont le cadran en argent présente une patine qui en clame l’authenticité absolue. Question : si les enchères s’emballent entre le musée Breguet et la petite poignée de collectionneurs capables d’apprécier ce lot n° 330, explosera-t-on l’actuel record pour une montre Breguet aux enchères (3,6 millions d’euros, chez Christie’s, en 2012, pour une montre n° 2667 qu’on peut estimer moins compliquée) ? Ce serait la quatrième séquence de cette légende noire…

GIRARD-PERREGAUX : La Chrono Hawk rêve d’Hollywood…

La manufacture de La Chaux-de-Fonds (Suisse) s’offre depuis quelques années une belle histoire d’amour avec le cinéma américain, notamment en soutenant le musée de l’Académie du cinéma, à Los Angeles. Le chronographe deux compteurs Chrono Hawk Hollywoodland marie la céramique et l’or en les fusionnant dans un élégant design et en jouant sur les finitions, tantôt mates, tantôt satinées ou polies. Admirons au passage le travail sur les index, superbement découpés, dont la touche luminescente est très utile pour lire l’heure dans l’obscurité, grâce aux aiguilles elles aussi luminescentes. Cette montre est une des plus pures expressions de la nouvelle esthétique sportive des montres contemporaines…

NOMOS : L’hyper-design suisse de la renaissance horlogère allemande…

La vallée de Glashütte, en Saxe allemande, est le berceau de la haute horlogerie allemande depuis plus d’un siècle et demi. La marque Nomos en est une des nouvelles manufactures les plus originales, à la fois par la rigueur très germanique de son design et par la rigueur de ses mécaniques « maison » – qui ont pour atout complémentaire d’être tarifées qui ne relèvent pas de l’extorsion de fonds, contrairement au prix des montres suisses. Exemple récent avec la nouvelle Lambda, épurée dans le goût rigoriste du Bauhaus (même si le design est signé par un studio zurichois), dont le mouvement mécanique doté de 84 heures de réserve de marche (sans remontage) est logé dans un sobrissime boîtier en or rose de 42 mm. Décidément, le « Made in Germany » ne cesse d’alourdir la pertinence et la consistance de ses propositions horlogères…

MOUAWAD : Une jeune maison horlogère suisse sort sa Griffe…

Célèbre dans la haute joaillerie, la maison genevoise Mouawad affiche d’évidentes ambitions dans l’horlogerie avec sa nouvelle collection La Griffe, réservée aux femmes qui savent égratigner les cœurs. Le boîtier rond est enserré dans quatre « griffes » qui en soulignent la structure, mêlant la douceur de la nacre et la rigueur de lignes ponctuées de diamants – les meilleurs amis des femmes, comme le savent très bien les Mouawad, joailliers des rois, des princes et des grands de ce monde depuis quatre générations. Bien intégré à ce boîtier, le bracelet se pose parfaitement sur le poignet. Ce design intemporel n’en est pas moins original et il autorisera de nombreuses variantes de cette Griffe appelée à un grand avenir.

• LE QUOTIDIEN DES MONTRES

Toute l’actualité des marques, des montres et de ceux qui les font, c’est tous les jours dans Business Montres & Joaillerie, médiafacture d’informations horlogères depuis 2004...:

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