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Il faut engager une guerre électronique.
Il faut engager une guerre électronique.
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Revue d'analyse financière

Le camp de la liberté ne peut gagner qu’en déclarant la guerre électronique au terrorisme

Dans l'œil des marchés : Jean-Jacques Netter, vice-président de l'Institut des Libertés, dresse, chaque mardi, un panorama de ce qu'écrivent les analystes financiers et politiques les plus en vue du marché.

Jean-Jacques Netter

Jean-Jacques Netter

Jean Jacques Netter est vice-président de l’Institut des Libertés, un think tank fondé avec Charles Gave en janvier 2012.

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Les attaques islamistes du vendredi 13 novembre au soir à Paris perturbent la reprise économique et nous bouleversent bien évidemment. Les guerres en Irak, en Syrie, au Liban et dans tant de pays d'Afrique se propagent maintenant à l'Europe. Ce sont maintenant des Européens qui en sont jugés responsables et exécutés. La France en est la cible principale. 

Mais quand les dirigeants d’un pays font tout ce qu’il faut :

1/ Pour détruire l’école républicaine qui n’est plus le lieu de la transmission mais un endroit d’animation et de nivellement. Les meilleurs qui ont de bonnes notes sont condamnables car ils "humilient" les autres.

2/ Pour détruire la police qui arrête des délinquants et des criminels qui sont très vite relâchés par un système judiciaire laxiste qui oblige les forces de l’ordre à accepter le développement de l’islamisme radical dans une république laïque. Il ne peut y avoir de compromis avec la polygamie, la burka intégrale et l’excision des petites filles.

3/ Pour privilégier les minorités au détriment des classes moyennes françaises. Il ne faut pas trop s’étonner de ce qui arrive.

Quand on méconnait l’Histoire des Chiites et des Sunnites en soutenant uniquement les Sunnites pour favoriser nos exportations d’armes.

Quand on pratique l’angélisme démocratique, en refusant d’aller à la bataille contre les islamistes radicaux avec les dirigeants qui les combattent comme Poutine et Assad.

Il ne s'agit pas pour nous d’évaluer les différentes mesures qu’il faudrait prendre en matière de bracelets électroniques, de centres de déradicalisation, du traitement de ceux qui ont la double nationalité et figurent sur le fichier S, de fermeture de lieux de prières animés par des imams qui prêchent la mort de l’Occident et de ses valeurs.

En revanche, l’Institut des libertés est dans son rôle en proposant semaines après semaines des mesures pour combattre dans la durée les sources économiques de la crise. C'est le chômage de masse qui nourrit les extrêmes. C'est la formation et la croissance qui fait la paix.

Il s'agit donc de redoubler d’efforts pour comprendre et maîtriser les changements en cours, pour profiter des possibilités qui s’ouvrent, pour aider les jeunes à se construire un avenir. Le camp de la liberté gagne en rapprochant les hommes. Il gagne par les réseaux d'échanges, d'information et d'entraide, par la confiance. Il gagne aussi, ne soyons pas naïfs, par les systèmes de surveillance et d'échanges qui doivent être à la fois plus centralisés et surtout plus décentralisés et interdépendants. Le cybercrime se concentre sur l’argent. Il est devenu moins risqué, plus rapide et plus rémunérateur que le monde réel. Les criminels traditionnels ont accompli leur mue numérique.

La cyber-répression va s’intensifier

Il ne faut pas se tromper de combat en pensant que décréter l’Etat d’urgence et renforcer le plan Vigipirate vont permettre de résoudre durablement les problèmes du terrorisme. Il faut par contre suivre les valeurs cotées et non cotées (en italique) qui vont permettre vraiment d’engager une guerre électronique contre le cyber-crime très utilisé par le terrorisme.

En Israël, cela fait des années que l’on a remplacé la lutte contre les objets par la lutte contre les personnes. L’efficacité du contrôle dans les aéroports des bouteilles d’eau, des petits pots de crème de beauté, des ceintures et des talons de chaussure est assez discutable. Il s’agit aujourd’hui de la guerre électronique pour laquelle l’armée israélienne a mis en place une unité d’élite qui s’appelle "l’Unité 8200". Tous ceux qui sont passés dans ses rangs créent des sociétés qui trouvent assez facilement des financements.

Parmi les sociétés israéliennes intéressantes on peut retenir : Check Point, quiest la plus importante société. Elle est cotée aux Etats-Unis. Parmi les sociétés non cotées on note : Team8 (surveillance électronique), a été fondé par Nadav Zafrir, ancien dirigeant de "Unit 8200", Converse (logiciel de défense contre les attaques par des virus),BioCatch (identification sans mot de passe), SecBI(agrégateur de systèmes de surveillance),CyActive (racheté par PayPal pour 60M$ 16 mois après sa création), Aorato (racheté par Microsoft)…

Aux Etats-Unis, on trouve Palo Alto Networks, Cisco (Deep Packet Inspection installé en Syrie), CyberArk Software, Infoblox, FireEye, Fortinet, McAfee (détenu par Intel), Stanley Black & Decker (30% du CA dans la sécurité des biens et des personnes), Honeywell, 3M, RSA (racheté par EMC).

Il y a aussi de nombreuses start-up : Coalfire (aide les sociétés à identifier les risques d’attaque), Imperium (cyber security start up), Lookout (protection contre le  hacking), Okta (financé par le fonds Sequoia),  Bit9 (start6up financée aussi par Sequoia), First Eye (la start-up à surveiller), SafeNet (racheté par Gemalto)…

En Europe, on trouve des sociétés cotées qui sont la plupart du temps orientées sur la sécurité des biens et des personnes ; au Royaume-Uni, Group 4 Securicor, Gamma ; en Allemagne: Siemens, Elaman ; en Suède : Securitas AB, Assa Abloy ; en Italie :Votiro (identification des faux emails), Aera, Hacking Team ; en Suisse : Kaba Holding.

En France: Thalès, Atos, Bull (Hoox chiffrement de la voix des SMS et email), Groupe Gorgé (=Eca détenu par Gorgé 63,9%). Parmi les entreprises non cotées on peut retenir :Ercom (composant cryptographique), Cassidian, Amesys(groupe Bull, systèmes vendus à la Lybie, la Maroc, Barhein, Quatar), Qosmos (système de surveillance vendu à la Syrie et la Lybie), Arkoon (logiciel de sécurité informatique/filiale d'EADS), Wallix (sécurité numérique rapproché de Open Trust et Keynetics/ =Thiérry Dassault), Halys (=Thiérry Dassault), Cryptosense (surveillance automatique des logiciels).

Le scénario de reprise mondiale modérée est remis en cause

En Europe, on entrait dans un scénario de reprise très modérée. En France, la production industrielle était en hausse de 1,8% sur un an en septembre. En Allemagne, l’excédent courant avait encore progressé en septembre, mais la demande interne commençait à ralentir. Au Royaume-Uni, le taux de chômage était au plus bas.

Toute cette politique de faible croissance reposait sur la BCE. L’opinion publique commençait à comprendre que quand on mettait en place des politique de QE, on ne pouvait pas s’arrêter tant qu’il n’y avait pas d’inflation.

Les taux d’intérêts négatifs sont une véritable catastrophe. Ils finissent par tuer la croissance. Les économies développées n’ont donc plus d’outils en cas de nouvelle récession. "Cela va mal finir", a dit clairement Benoit Coeuré, membre du directoire de la BCE.

Aux Etats-Unis, le marché de l’emploi reste solide. La hausse des salaires va stimuler la consommation. L’inflation pourrait repartir graduellement.

En Chine, l’excédent commercial pour le mois d’octobre a enregistré un niveau record avec des importations en baisse de 18,8% face à des exportations en recul de -6,9%.

La croissance du crédit ralentit et le shadow banking se contracte. L’inflation ralentit sous la pression de la baisse des matières premières et de la surcapacité de production.

Au Japon, on note un peu moins de pessimisme parmi les chefs d’entreprise.

Sur les marchés émergents, il devient clair que la hausse du dollar sera néfaste, déjà confrontés à la forte baisse du cours des matières premières.

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