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La croissance soutient les marchés…malgré les risques
©AFP

Bourse

La croissance soutient les marchés…malgré les risques

L’été boursier n’a pas été épargné par quelques soubresauts mais l’ampleur des mouvements est restée relativement contenue…en tout cas très loin des amplitudes très fortes connues certaines années.

Alain Pitous

Alain Pitous

Alain Pitous, Directeur Général Adjoint Associé de Talence Gestion (@alainpitous).

Talence Gestion est une société de gestion de portefeuille indépendante spécialisée dans la gestion sous mandat pour les particuliers et la gestion de fonds commun de placement en actions.

Précédemment, il a été pendant 5 ans (2009-2014) Deputy CIO d’Amundi (850 Milliards d’Euro sous gestion) et gérant du fonds Amundi Patrimoine de 2012 à juillet 2014.

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Les investisseurs sont toujours influencés par deux faits majeurs :

-         L’économie mondiale reste bien orientée

-         Les liquidités sont toujours abondantes et les taux très bas ; ceci étant, bien sûr, la conséquence de la politique monétaire menée par les banques centrales.

Il subsiste toujours des risques, parfois potentiellement importants, mais aucun pour le moment n’a pu faire réellement dérailler la mécanique haussière des marchés boursiers.

L’économie mondiale connaît une embellie, finalement assez rare depuis plusieurs années : même s’il y a des nuances, aucune zone n’est  à l’arrêt.  La Zone Euro et l’Asie, qui avaient souffert pendant la crise, commencent à se reprendre et ont encore un bon potentiel de croissance.

La Chine retrouve un rôle d’entraînement sur l’Asie bien sûr mais aussi sur d’autres pays émergents en leur achetant pétrole et d’autres matières premières.

Les Etats-Unis connaissent une croissance aux alentours de 2% ce qui peut sembler modérée sur le plan historique mais continue de créer des emplois. La baisse du chômage, désormais sur des historiquement bas, profite pleinement à la consommation même si les hausses de salaires sont toujours relativement faibles.

La croissance de l’économie mondiale est également reflétée dans la hausse du commerce international. Il subsiste un  potentiel significatif de progression des échanges : en effet, les effets de la crise commencent simplement à s’effacer, le montant des échanges mondiaux annuels est, pour le moment, simplement revenu à sa « moyenne » historique.

Les marges des entreprises s’améliorent aussi. Ce phénomène est plus sensible dans les régions qui étaient en retard : la Zone Euro en premier lieu. La consommation et l’investissement des entreprises sont également orientés à la hausse un peu partout dans le monde.

Pour le moment, les banques centrales gardent le cap : la liquidité reste abondante et les taux longs et courts s’affichent toujours sur des niveaux historiquement très bas.

Ces éléments (économie en croissance et politique des banques centrales) constituent un environnement favorable à l’investissement en actions. L’été, sur ce plan, n’a pas changé fondamentalement notre vision stratégique à moyen / long-terme.

            Pour le moment les risques ne sont pas jugés suffisants pour faire dérailler la dynamique de croissance de l’économie mondiale.

            A court-terme, la politique américaine et l’attitude des banques centrales pourraient néanmoins conduire à nuancer les perspectives.

            Pendant l’été, D.Trump a rencontré un certain nombre de difficultés avec son propre camp. Il pourrait de ce fait connaître des déconvenues pour faire passer son plan fiscal. L’enjeu est important car les marchés attendent un geste significatif en faveur des entreprises. Le plan de réduction d’impôt promis par D. Trump justifie pour partie la bonne tenue des actions américaines depuis plusieurs mois. Une déconvenue sur ce point serait probablement sanctionnée nettement.

            L’autre sujet clé à court-terme viendra des banques centrales américaines et européennes. Aux Etats-Unis et depuis quelques semaines en Zone Euro, des voix s’élèvent pour réclamer un retour à une politique monétaire plus « orthodoxe ». L’idée est qu’il est désormais inutile d’injecter autant de liquidités sur les marchés car l’économie est en reprise. Les banquiers centraux oscillent entre ce camp et celui de ceux qui pensent au contraire que l’économie reste trop fragile pour qu’on lui enlève tout soutien.

            Le montant des liquidités disponible dans l’économie mondiale a joué un rôle important dans la performance des marchés. On comprend bien dès lors que la politique des banques centrales sera à court-terme analysée en détail. Nous pensons toujours que la FED et la BCE n’ont pas œuvré depuis des années afin de soutenir l’économie mondiale pour finalement prendre le risque de déséquilibrer le système financier et faire dérailler la croissance actuelle.

            L’été n’a donc pas changé fondamentalement la donne sur le plan économique par contre l’automne sera riche d’enseignements pour la suite en particulier pour ce qui concerne la politique des banques centrales.   

 

 

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