Islamo-gauchisme : les lendemains ne chantent plus, c'est interdit | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Société
Islamo-gauchisme : les lendemains ne chantent plus, c'est interdit
©GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

Petite musique de nuit

Islamo-gauchisme : les lendemains ne chantent plus, c'est interdit

De Mao à Pol Pot, la gauche radicale joue souvent le mauvais cheval mais c’est généralement dans la perspective de lendemains qui chantent. Pas ce coup-ci.

Hugues Serraf

Hugues Serraf

Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019

 

Voir la bio »

Dans sa version candide, l’islamo-gauchisme est souvent le produit de la crainte « de faire le jeu » de l’extrême droite raciste. Une crainte pas toujours infondée, précisons-le. 

Moi-même, il m’arrive d’être un peu gêné aux entournures lorsque, défilant en hommage à Samuel Paty, je suis forcé de m’éloigner d’un relou vociférant des trucs pas trop nets... C’est que c’est dur d’être aimé par des cons, comme l'enseigne le nouvel adage.

Mais si l’ennemi ultime reste le fasciste « générique », le fanatique rêvant d’imposer sa vision totalitaire du monde par la violence, comment Mediapart —un canard devenu, et pour cause, l’organe central de ce courant de pensée— peut-il simultanément dénoncer les liens avérés entre islamistes et extrême droite ET s’indigner de ce que les officines servant à faire la jonction soient enfin dans le collimateur de la justice ?

Comment des gens censément épris de justice et de liberté, attentifs au moindre « dérapage », à la moindre « micro-agression », peuvent-ils compagnonner avec les personnalités les plus dérangeantes avant d’être retournés comme des crêpes par le réel ?

Pour le commun des mortels, il n’était d’ailleurs pas nécessaire d’apprendre que les Coulibaly avaient fait leur shopping chez une barbouze identitaire ex-RN avant d’aller provoquer un carnage, ou encore que le possible ordonnateur de l’assassinat du prof de Conflans ait grenouillé du côté de l’« antisionisme dieudonniste », pour se convaincre de cette proximité idéologique.

Jusqu’à présent, lorsque la gauche radicale soutenait un dictateur ou un régime un peu limite, c’était sur la promesse d'un bonheur inéluctable. Et s’il fallait malheureusement casser quelques œufs pour préparer son omelette, on était certain de se régaler in fine.

Avec l’islamo-gauchisme, tout est changé : on ne passe plus les femmes libres, les gays, les intellos à lunettes, les persifleurs anti-calotins, les juifs, voire les simples musulmans par profits et pertes à titre temporaire. On les range avec les bourgeois, les propriétaires et les capitalistes dans les poubelles de l'Histoire. On ne prépare plus les lendemains qui chantent, on entérine carrément l’interdiction de chanter.

Avec les stals, on avait au moins les Choeurs de l'Armée rouge. La gauche radicale, c'était (presque) mieux avant.

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !