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Faut-il vraiment vendre en mai ?
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Revue d'analyses financières

Faut-il vraiment vendre en mai ?

Tout le monde a conscience que la politique de la Federal Reserve a été beaucoup plus favorable aux marchés financiers qu’aux économies. Les taux négatifs seront peut-être jugés bientôt comme la pire bêtise commise par les banques centrales depuis la crise de 1929…

Jean-Jacques Netter

Jean-Jacques Netter

Jean Jacques Netter est vice-président de l’Institut des Libertés, un think tank fondé avec Charles Gave en janvier 2012.

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Il y a un vieux dicton boursier qui recommande « Sell in may and go away » soit « Vendez votre portefeuille en mai et partez en vacances ». C’est clairement la recommandation qui prévaut en ce moment parmi les stratégistes de Wall Street. Les sujets d’incertitude sont en effet nombreux: le niveau de valorisation des entreprises est historiquement élevé, les flux d’investissement ne se dirigent plus en priorité sur le marché américain, l’évolution des taux d’intérêts dans les prochains mois est très difficile à anticiper, la croissance reste molle, la hausse récente du dollar pourrait entamer les marges des sociétés qui exportent et surtout l’évolution de la campagne pour les prochaines élections présidentielles ne va pas dans le bon sens….

Tout le monde a conscience que la politique de la Federal Reserve a été beaucoup plus favorable aux marchés financiers qu’aux économies. Les taux négatifs seront peut être jugés bientôt comme la pire bêtise commise par les banques centrales depuis la crise de 1929…

Les Républicains ne sont plus le parti du monde des affaires. Ils dépendent autant que les démocrates des syndicats, de la police, des pompiers et du lobby des ventes d’armes. Donald Trump le sait bien, c’est pourquoi il a axé toute sa campagne sur des postures populistes qui rapportent des voix. Il aurait selon les dernières simulations réalisées, 45% de chances de gagner, en hausse de 10 points sur la semaine. Il a désormais 1107  délégués sur les 1237 qui lui sont nécessaires pour remporter la nomination définitive de la convention républicaine. Il devrait trouver sans difficultés les délégués qui lui manquent chez ceux de Ted Cruz (564) ou ceux de John Kasich (153) qui tous les deux viennent de se retirer de la compétition.

Après avoir expliqué la semaine dernière qu’il n’était pas aussi riche qu’il ne le disait et que plusieurs de ses entreprises avaient fait faillite, tous les journaux américains se sont répandus amplement sur les comportements de Donald Trump avec les femmes…

Du côté démocrate,  Hillary Clinton est passée de 74% à 62% de chances de gagner. Elle a 2239 délégués sur les 2383 nécessaires pour remporter la nomination définitive de la convention démocrate. Il faudra qu’elle arrive à séduire les 1469 délégués qui se sont portés sur Bernie Sanders.

La presse américaine est remplie cette semaine d’organigrammes montrant comment la « Clinton Global Initiative Foundation » a servi à financer en priorité des amis proches de la famille Clinton, comment Marc Mezvinsky le gendre des Clinton, ancien de Goldman Sachs a été obligé de clôturer le « Eaglevale Hellenic Fund » après avoir perdu 90% de sa valeur…

Les investisseurs ont aussi  besoin de changement, surtout dans le domaine des hedge funds. Le premier serait de faire évoluer la rémunération des gérants de hedge funds qui paraît aux yeux de nombreux investisseurs, comme beaucoup trop élevée au regard des performances réalisées.  Les 25 gérants les mieux payés ont gagné 12,9 Md USD en 2015. Rappelons que James Simons le patron de Renaissance Technologies a gagné 1, 7 milliard de dollars pour des performances de ses fonds situées entre 15,6% et 16,5%, Ray Dalio de Bridgewater Asssociates, 1,4 Md USD alors que son principal fonds le « All Weather Fund » a baissé de 7% en 2015. Pendant ce temps le patron de JP Morgan a gagné entre son salaire et ses stock options la somme de 27 M USD…

La très importante  « Sohn Conference »  a eu lieu la semaine dernière à New York. Bill Ackman le gérant de Pershing Square avait chaudement recommandé l’année dernière, l’achat de Valeant Pharmaceuticals dans laquelle il détenait une position très importante. Depuis le titre a baissé de 84,4%. Il n’a pas jugé utile d’assister à la conférence cette année. Sequoia Fund avait aussi 30% de ses actifs investis dans Valeant Pharmaceuticals. Le fonds a perdu 27% sur les douze derniers mois… 

Plusieurs compagnies d’assurance n’acceptent plus de payer 2% frais de gestion fixes et 20% des plus values réalisées à des gérants qui réalisent des performances très médiocres. American International Group a ainsi décidé de faire passer son exposition aux hege funds de 11 Md  USD à 5,5 Md USD d’ici la fin de 2017. MetLife, de son côté,  diminuera son exposition de deux tiers.

Toute cette évolution va peut être profiter aux gérants qui s’intéressent directement aux sociétés et  continuent d’investir directement dans des affaires ou des paniers de sociétés dont les perspectives sont bonnes. Elle va être moins favorable pour tous les gérants qui ne font que de la gestion quantitative. Une grande partie d’entre eux risque d’être remplacée dans les cinq ans qui viennent par des robots gérant à partir d’algorithmes.

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