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Jean-Jacques Netter passe en revue les ouvrages économiques de ce début d'année 2014.
Jean-Jacques Netter passe en revue les ouvrages économiques de ce début d'année 2014.
©histoiresfilles.com

Revue d'analyse financière

Économie : la liste des ouvrages à lire ou à relire pour trouver les réponses aux grandes questions de ce début d'année 2014

Jean-Jacques Netter, vice président de l’Institut des Libertés, publie les notes de son cahier concernant les évolution économiques, géopolitiques et idéologiques de notre société. Première partie : tour d'horizon des analyses économiques actuelles.

Jean-Jacques Netter

Jean-Jacques Netter

Jean Jacques Netter est vice-président de l’Institut des Libertés, un think tank fondé avec Charles Gave en janvier 2012.

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Le fonctionnement de l’Europe n’est pas un sujet de discussion digne d’un rapport officiel

Croissance : s’il y a un domaine dans lequel il n’y aura pas de rupture, c’est celui de la pensée économique officielle. Il suffit pour en être convaincu de lire le dernier rapport au président de la République de Jean Pisani-Ferry intitulé "Quelle France dans dix ans ?". On y apprend que "la croissance a pour mérite de traduire un effort collectif de projection dans un avenir meilleur et dément la logique du jeu à somme nulle où les gains des uns sont nécessairement les pertes des autres". Comme tout va bien ajoute le rapport, la construction européenne n’a pas à être discutée. Tout comme l’euro, elle fait partie du dogme. Quant à la politique de la BCE, elle est sacrée.

Monnaie européenne : Frédéric Lordon n’a pas du apprécier le rapport. Il pense que l’euro ne sert plus le projet européen. Le membre du "collectif des économistes atterrés" développe ses thèses fédéralistes dans son livre "La malfaçon. Monnaie européenne et souveraineté nationale". Il regrette beaucoup la récupération et la déformation de ses idées par l’extrême droite et leur association aux thèses sur le repli xénophobe.

Attention, l’accès au financement peut entraîner des violences entre Etats

Aversion au risque : pour Jean Hervé Lorenzi, président du Cercle des économistes, auteur avec Mickaël Berrebi du livre "Un monde de violences", c’est la tâche prioritaire des Etats modernes, car cela permettra de transformer une société de rentiers en société d’investisseurs. Pour eux, toutes les conditions sont réunies pour assister au retour de guerres, car le manque d’argent est une ressource que finiront pas se disputer les grandes puissances.

Gestion de crise : le sauvetage des banques au moment de la crise des "subprimes" a fait couler beaucoup d’encre. Dans "Stress test : Reflections on Financial crises", Tim Geithner, ancien Secrétaire d’Etat US au Trésor explique que le fait que beaucoup de gens contestent cinq ans après que les mesures prises étaient injustes n’est pas un argument. Il fallait vraiment le faire, dit-il, pour éviter une terrible dépression.

Déclassement de la jeunesse : pour Louis Chauvel, sociologue à l’Université du Luxembourg, un des chercheurs les plus dérangeants de sa génération, la France maltraite ses jeunes. Dans son livre "Le destin des générations", il montre que depuis 1984, en France par rapport à celui des sexagénaires, le niveau de vie relatif des trentenaires a perdu 17%. Aucun pays que la France n’est allé aussi loin, selon lui, dans la maltraitance des générations.

Les parlementaires ont du mal à comprendre la jeunesse et les entreprises

Députés dans les entreprises : Dans un Palais Bourbon où on ne dénombre que 17 chefs d’entreprise et 60 cadres et employés du privé seulement soit 10% des députés, Nicolas Lecaussin de l’Irep suggère qu’on les envoie en stage obligatoire dans les entreprises privées. L’auteur du livre "L’obsession antilibérale française. Ses causes et ses conséquences" aime rappeler que les parlementaires et les ministres dans leur majorité dépendent directement ou indirectement de l’Etat. Biberonnés à l’argent public, ils ne peuvent comprendre ce qui se passe dans les entreprises.

L’économie de partage devient le point de ralliement de la "boboïtude"

Grâce à eux, notre pays bat des records d'économie de partage : pour Jeremy Rifkin, auteur de "The zero marginal cost society", l’économie de partage ou économie collaborative est une révolution capable de balayer deux siècles de capitalisme. Tout a vocation à se partager, la musique, les appartements, les voitures et de nouvelles pratiques collaboratives comme le troc, les achats groupés et tous les nouveaux modes d’organisation du travail.

Le corps-marché : pour Céline Lafontaine, professeur de sociologie à l’Université de Montréal, auteur du livre "Le corps-marché. La marchandisation de la vie humaine à l’ère de la bioéconomie", nous sommes entré dans une phase de biocapital qui consiste à faire croire que la vie individuelle peut s’épanouir en dehors du lien social qui lie les corps les uns aux autres. Alexis Jenni, prix Goncourt 2011, auteur de la nouvelle "Le monde au XXIIIème siècle", n’est pas d’accord. Il pense que notre corps est notre vraie présence, donnée qui n’est pas prise en compte par la connexion. C’est pourquoi il se bat pour empêcher ses enfants de jouer avec leurs écrans. Il y a des choses que la technique ne peut pas prendre encharge. Le désir de savoir ne se transmet pas par les machines mais par le contact humain. L’enseignement sera pour lui toujours une relation humaine.

Innovation : pour Edmund Phelps, directeur du Centre sur le Capitalisme et la Société à l’Université de Columbia, le déclin de l’innovation est selon lui une tragédie. L’auteur de "MassFlourishing", son dernier livre, pense que la résurgence des valeurs traditionnelles a fait surgir un nouveau matérialisme qui n’est pas bon pour l’innovation. Il pense au contraire qu’elle est cérébrale. Quant à la finance, elle ne raisonne qu’à court terme. "Je pense que les grandes multinationales ne sont pas du tout innovantes", ajoute-t-il.

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