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Après le Brexit, tout est possible
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Après le Brexit, tout est possible

Dans le bruit qui règne dans ce type de période notre ligne de conduite est d’analyser les données chiffrées avant toute considération subjective puis de voir en quoi notre stratégie d’investissement est altérée ou confirmée par des faits. C’est seulement après ces étapes que nous réfléchissons à nos investissements et aux risques que l’on accepte de prendre pour nos clients.

Alain Pitous

Alain Pitous

Alain Pitous, Directeur Général Adjoint Associé de Talence Gestion (@alainpitous).

Talence Gestion est une société de gestion de portefeuille indépendante spécialisée dans la gestion sous mandat pour les particuliers et la gestion de fonds commun de placement en actions.

Précédemment, il a été pendant 5 ans (2009-2014) Deputy CIO d’Amundi (850 Milliards d’Euro sous gestion) et gérant du fonds Amundi Patrimoine de 2012 à juillet 2014.

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Avant le référendum nous avions procédé à quelques allègements. Nous pensions que la période allait être propice à quelques exagérations sur les marchés. Dans ces périodes les investisseurs patients et sélectifs font toujours de bonnes affaires. Le « trou », limité à 2 séances, n’a pas duré assez longtemps pour que nous puissions bénéficier pleinement de cette période de « soldes ».

Beaucoup ont été surpris par le rebond violent des marchés. A lire les publications sur les conséquences d’un Brexit, il était possible de craindre le pire. Nous avons une lecture plus froide des événements. En effet bien souvent ces « études ou analyses » sont faussées par des biais de comportements : certains défendent des points de vue politiques, d’autres veulent se convaincre que leurs positions sont bonnes, d’autres enfin veulent simplement « vendre » quelque chose. 

Dans le bruit qui règne dans ce type de période notre ligne de conduite est d’analyser les données chiffrées avant toute considération subjective puis de voir en quoi notre stratégie d’investissement est altérée ou confirmée par des faits. C’est seulement après ces étapes que nous réfléchissons à nos investissements et aux risques que l’on accepte de prendre pour nos clients.

Quel impact du Brexit sur l’économie mondiale ? Sur l’économie de la zone Euro ? Sur l’économie Britannique ?

Sur l’économie Britannique, les études fluctuent : l’impact sur le PIB serait compris entre 3 et 10% d’ici à 2030. Avec un tel niveau d’incertitude il est impossible de déduire quoi que ce soit en termes d’investissements. Il y a trop de doutes pour nous inciter à investir en Grande-Bretagne. La seule chose qui nous paraît claire est que la devise Britannique devrait poursuivre sa baisse : depuis plusieurs mois nous constatons que lorsqu’un pays est soumis à un doute, sa devise baisse. La Grande-Bretagne ne devrait pas déroger à cette règle. La situation d’incertitude entourant la période de divorce devrait durer au moins 2 ans et incitera probablement les investisseurs à geler leurs investissements dans ce pays pendant cette période.

Pour la zone Euro et pour l’économie mondiale, si l’on regarde froidement les chiffres, l’impact devrait être minime  même si le commerce s’effondrait entre la Grande-Bretagne et le reste du monde.  Quelques transferts d’activités vers l’Europe, dans la finance par exemple auraient a contrario un impact positif. Dans une économie aussi mondialisée qu’actuellement, l’absence ou la faiblesse d’un acteur est compensée très rapidement.

Deux impacts nous paraissent plus perturbants : la volatilité des devises et la fragilité accrue du système bancaire.

La volatilité des devises est un phénomène très déstabilisant. A chaque crise les ajustements se font sur les devises et si chaque pays en difficulté pour des raisons conjoncturelles enclenche une dévaluation compétitive, la volatilité s’amplifie…entrainant une intervention des banques centrales pour calmer le jeu. Résultat : les entreprises et les épargnants, dans l’incertitude, finissent par freiner leurs investissements. Les baisses récentes de la Livre Britannique et du Yuan Chinois sont clairement des facteurs d’incertitudes qui nous incitent à la prudence.

La faiblesse récurrente des valeurs bancaires nous perturbe également. Nous avions alerté sur la prudence à adopter sur les banques depuis plusieurs semaines. Nous restons prudents. Sans assainissement du système bancaire, il n’y aura pas de reprise franche du crédit et pas de reprise durable de la croissance.

Globalement, et même si cela peut étonner, nous restons finalement assez sereins sur les valeurs que nous suivons et que nous avons en portefeuille. Nous restons par contre très prudents sur les valeurs type banques et sommes très attentifs aux risques liés aux changes. En tout cas nous évitons les positions « extrêmes » car tout est possible en ce moment !

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