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Les déclarations du député écologiste de Gironde Noël Mamère ont été vivement critiquées vendredi.
Les déclarations du député écologiste de Gironde Noël Mamère ont été vivement critiquées vendredi.
©Reuters

Le spectre de l'autocar

43 morts sur la route, Noël Mamère en vautour

Le cynisme en politique, c'est un peu la norme. On n'y fait même plus attention. Mais c'est lorsqu'il veut passer pour de la compassion qu'il devient vraiment détestable.

Hugues Serraf

Hugues Serraf

Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019

 

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L'autocar, du moins jusqu'à ce qu'Emmanuel Macron ne décide d'en stimuler l'usage, passait plutôt pour un mode de transport sympathique. Il évitait aux usagers de prendre leur auto, appartenait à l'univers du collectif et on l'associait plus spontanément à l'acheminement de séniors en vadrouille et de gamins en partance pour une classe verte qu'à l'ultra-libéralisme cupide des banquiers de Wall Street.

L'autocar, en fait, et jusqu'à la loi Macron, était naturellement "de gauche". 

Mais ça, c'était avant, comme on dit, et l'autocar est mystérieusement devenu "de droite" en quelques mois, l'idée même qu'on puisse le préférer au train (lequel perd toutefois son statut progressiste lorsqu'il est privé, rapide ou anglo-saxon) donnant des sueurs froides à ses ennemis tout neufs.

Cette métamorphose de l'autocar en symbole de la dérive droitière d'un parti socialiste vendu au grand capital, pour grotesque qu'elle soit, permettait aux uns et autres de s'étriper sur les plateaux de télé à la française et, pour être honnête, ça ne dérangeait pas grand monde. On continuait à prendre le bus, quoi... Noël Mamère, un ancien chanteur de variétés reconverti dans la politique, vient pourtant de faire passer la dispute convenue à une autre échelle, décidant, en apprenant la mort de 43 personnes dans un terrible accident de la route, d'en rendre le ministre de l’Économie responsable.

Que cette tragédie n'ait, d'ailleurs, absolument aucun rapport avec l'ouverture de nouvelles lignes intercités (il s'agissait d'un club de troisième âge en excursion), peu lui chaut. La nouvelle est trop bonne, puisqu'elle permet d'intervenir à la radio dans la minute et d'ouvrir le bal de la récupération politique au nom de la compassion et de la solidarité. Ce n'est même plus du cynisme - ça on connaît  -, plutôt du pillage de cadavres sur le bord de la route. Et là, c'est comme ça, on n'est pas encore complètement habitué...

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