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Vote du budget : l'UMP parle de "matraquage fiscal" et dénonce un "détricotage" sans réel projet
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Remise à plat

Vote du budget : l'UMP parle de "matraquage fiscal" et dénonce un "détricotage" sans réel projet

Le nouveau budget est voté ce mardi devant le Parlement. La gauche solde définitivement l'ère Sarkozy.

[Mis à jour à 10h40]

L'ancienne ministre UMP Nathalie Kosciusko-Morizet a jugé que la session parlementaire qui prend fin avait été "quasi exclusivement consacrée à défaire ce qui a été fait" durant le quinquennat précédent. "C'est une session parlementaire qui a été quasi exclusivement consacrée à défaire ce qui a été fait, défaire, annuler, abroger, casser sans rien construire", a estimé Nathalie Kosciusco-Morizet sur Europe 1.


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"On défait des dispositifs qui permettaient d'améliorer la compétitivité des entreprises, avec la TVA anti-délocalisation, on défait des dispositifs qui permettaient d'améliorer le pouvoir d'achat des salariés avec la défiscalisation des heures supplémentaires", a cité l'ancienne ministre, demandant : "Qu'est-ce qu'on met à la place ?". En revanche, a-t-elle souligné, le Parlement a "surtout" voté "des mesures d'augmentation d'impôts". Qualifiant d'"impressionnante" la liste des impôts qui ont été votés pendant la session parlementaire, elle a affirmé : "Il y en a pour sept milliards, il y en a dans toutes les directions."

De son côté, le président des députés UMP, Christian Jacob, a accusé mardi le gouvernement de se lancer dans un "matraquage fiscal" en commentant l'adoption de la loi de finances rectificative qui prévoit sept milliards de hausse d'impôts supplémentaires. "La ligne du gouvernement précédent, c'était équilibrer dépenses et recettes et ne pas se lancer dans un matraquage fiscal comme l'actuel gouvernement vient de s'y lancer", a estimé Christian Jacob sur France 2.

Thierry Mariani, député des Français de l'étranger, a dit avoir "l'impression que c'est une véritable épuration qui est engagée", avec notamment "la suppression de la défiscalisation des heures supplémentaires" et "l'augmentation des droits de succession", dans un entretien au Figaro du 31 juillet. "Tout est fait pour profiter de l'indifférence estivale pour faire une véritable chasse aux sorcières, affirme-t-il, évoquant également une seconde épuration qui vise certains postes de la fonction publique : préfets, magistrats, diplomates, cadres de la police ou même l'Institut du monde arabe." "Détricoter, c'est bien quand on a un projet alternatif. Or je constate que, pendant cette session extraordinaire, on n'a eu que ce détricotage", a-t-il ajouté sur France Inter mardi matin.

Le député de l'Eure Bruno Le Maire, candidat à la présidence de l'UMP, avait déclaré lundi sur Europe 1 : "Je suis très frappé, dans l'action de ce gouvernement depuis quelques semaines, que Jean-Marc Ayrault et ses ministres se soient donné un mal de chien pour détricoter une à une toutes les mesures prises par Nicolas Sarkozy pour faire face à la crise et essayer de protéger les Français."

 

Le Parlement enterre le "travailler plus pour gagner plus" de Nicolas Sarkozy.

Députés et sénateurs votent définitivement ce mardi le premier acte budgétaire de l'ère François Hollande. Il  élimine la TVA sociale et la défiscalisation des heures supplémentaires, mesures phares de Nicolas Sarkozy, et prévoit 7,2 milliards d'euros de hausses d'impôts. 

Le projet de loi de finances rectificative 2012 prévoit aussi une contribution exceptionnelle sur la fortune et un alourdissement des impôts sur les successions, les donations et les gros patrimoines. A cela s'ajoute un retour partiel à l'âge de la retraite à 60 ans. La plupart des initiatives visent à abroger les mesures du quinquennat précédent. La seule mesure rescapée est le relèvement du seuil de taxation à l'impôt sur la fortune, qui reste fixé à 1,3 million d'euros, épargnant les propriétaires de confortables appartements parisiens.

Le texte met fin à la hausse de la TVA de 1,6 point décidée en début d'année, qui aurait dû compenser une baisse des cotisations familiales dues par les entreprises et s'appliquer en octobre. L'Assemblée nationale doit voter ce budget rectificatif 2012 dans l'après-midi et le Sénat en début de soirée.

C'est le projet de suppression des exonérations sociales et fiscales liées aux heures supplémentaires qui a le plus marqué. D'abord à gauche, en raison d'un cafouillage dans la majorité sur l'entrée en vigueur de la fin des exonérations fiscales. Il est vrai qu'au départ seules la fin des exonérations de cotisations sociales (salariales et patronales) étaient prévues au programme.

Les exonérations sociales et fiscales liées aux heures supplémentaires avaient été votées en 2007, au début du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Cette mesure était un symbole du slogan "Travailler plus pour gagner plus". La droite accuse donc le PS de s'en prendre au pouvoir d'achat des classes moyennes et populaires. L'UMP a d'ores et déjà prévu de saisir le Conseil constitutionnel de ce budget.

La mise en place du budget 2013 risque d'être un exercice bien plus périlleux pour le gouvernement. Il devrait intégrer l'imposition à 75% de la tranche de revenu supérieure à un million d'euros mais ne devrait pas comporter d'augmentation de la CSG.

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