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Ex-otages en Syrie : "J’ai eu des simulacres d'exécution, pistolet posé sur la tempe"
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Ex-otages en Syrie : "J’ai eu des simulacres d'exécution, pistolet posé sur la tempe"

C’est ce qu’a notamment indiqué ce lundi matin, Didier François sur Europe 1. Nicolas Hénin sur Arte a évoqué de son côté " un peu de maltraitance physique".

Ils sont libres mais le retour à la normalité est encore long. Les quatre ex-otages en Syrie sont arrivés dimanche sur le sol français. Après avoir passé une visite médicale de contrôle, Didier François, Nicolas Hénin, Pierre Torres et Edouard Elias ont retrouvé leurs proches. Mais ils ont aussi débuté le traditionnel parcours médiatique qui suit un tel évènement. Ils ont donc commencé à livrer leur version de leur détention. Des témoignages saisissants. C’est notamment le cas pour le journaliste d’Europe 1 Didier François. De retour ce lundi matin dans les locaux de la radio qui l’emploie il a expliqué avoir notamment subi des "simulacres d'exécution, pistolet posé sur la tempe ou le front".



Mais"les simulacres d'exécution ne m'ont jamais particulièrement stressé dans la mesure où on voyait trop que c'était de la pression", a raconté le journaliste, âgé de 53 ans. "S'ils avaient décidé de me couper la tête ou de me flinguer, c'est ritualisé. Il se trouve que, par ailleurs, j'ai la chance de connaître assez bien ce genre de choses. Les affaires d'otages, je les ai suivies très longtemps, et de très près, je connais relativement les procédures. ... Je voyais qu'on n'avait pas atteint la limite". "C'est assez rassurant et ça permet d'être plus serein", a poursuivi le journaliste qui a couvert de très nombreux conflits, comme la Tchétchénie, le Kosovo, ou encore l’Irak.

Didier François est également revenu sur le quotidien, enfermé, une grande partie du temps avec les trois autres otages journalistes, dans des caves "avec des portes en fer, barreaux sur tous les interstices". L’ex-otage assure que ce sont certainement les premiers jours qui ont été les plus éprouvants : "Ils vous mettent tout de suite dans l'ambiance. La pression est très, très, très forte. Quatre jours sans manger et sans boire. Au quatrième jour sans boire, on commence vraiment à être mal, menotté à un radiateur et des coups. C'est un peu pour casser les velléités de résistance".

Des propos qui confirment ce qu’avait déjà évoqué dimanche Nicolas Hénin sur Arte. "Ce dont on a le plus souffert pendant toute la première partie de notre détention, c'est du manque de nourriture. Heureusement on nous a donné au cours des derniers mois de quoi nous remplumer". "Le froid, également, nous n'avions pas d'eau chaude", a-t-il ajouté. "J'ai gardé les habits avec lesquels j'ai été capturé le 22 juin jusqu'au 23 décembre". "Il y a eu également un peu de maltraitance physique, mais cela tous les prisonniers syriens y passent" a poursuivi Nicolas Hénin. "La Syrie a toujours été un grand centre mondial de la torture".

L’ancien otage a toutefois précisé avoir toujours gardé confiance : "Régulièrement ils venaient chercher des preuves de vie, faire des vidéos de nous ou nous poser des questions secrètes qui venaient de nos familles et c'était extrêmement réconfortant". Cependant, une fois et une seule il a tenté de s’échapper. En effet, au au troisième jour de sa détention, Nicolas Hénin a réussi à fausser compagnie à ses ravisseurs et à s'éloigner d'une dizaine de kilomètres avant d'être repris. Il n’a plus rien tenté par la suite.

 

 

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