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Mohamed Morsi s'accroche à son pouvoir
Mohamed Morsi s'accroche à son pouvoir
©Handout . / Reuters

Au bord du chaos

Egypte : les manifestations continuent, Morsi s'accroche au pouvoir

Le président égyptien a exclu mardi soir un départ anticipé, se déclarant prêt à "donner sa vie" pour préserver sa "légitimité". Il a aussi appelé l'armée à retirer l'ultimatum, qui expire mercredi.

Mohamed Morsi ne lâchera rien. Il persiste et signe : il n'abandonnera pas la présidence. Malgré l'ultimatum de l'armée, malgré les violentes manifestations, le président islamiste égyptien s'accroche à son poste. Il l'a une nouvelle fois affirmé mardi soir : il exclut tout départ anticipé. Et pour montrer sa fermeté, il se déclare prêt à "donner sa vie" pour préserver sa "légitimité". S'adressant à la télévision sur un ton combatif, Mohamed Morsi a martelé qu'il "continuerait à assumer la responsabilité du pays", présentant sa "légitimité" comme "la seule garantie contre l'effusion de sang". Il a ainsi répondu implicitement à ceux qui estiment que son départ permettrait de résoudre les tensions qui secouent le pays.

Il a aussi mis en garde contre le "piège" d'une violence "sans fin", alors que les affrontements ont déjà fait 47 morts en une semaine de manifestations. Peu avant sur son compte Twitter officiel, il avait appelé les forces armées à "retirer leur avertissement" et refusé tout "diktat", en référence à l'ultimatum militaire, assimilé par ses partisans à un coup de force pour le faire partir. Mais ces déclarations n'ont pas empêché les troubles de continuer dans la nuit de mardi à mercredi. En effet, 16 personnes ont péri dans une attaque contre un rassemblement d'islamistes pro-Morsi près de l'université du Caire, a annoncé le ministère de la Santé. Sept autres personnes ont été tuées lors d'affrontements ailleurs dans la capitale.

En cas d'échec de son ultimatum, l'armée a indiqué qu'elle établirait elle-même une "feuille de route" pour résoudre la crise, mais a assuré qu'elle ne voulait pas préparer un "coup". Selon le quotidien gouvernemental Al-Ahram, le plan de l'armée prévoit notamment la nomination d'un conseil présidentiel et une suspension de la Constitution pour une période de transition --placée "sous la supervision de l'armée-- pouvant durer jusqu'à un an. L'opposition a salué cet ultimatum. Elle y voit un appui de poids dans sa volonté de pousser vers la sortie Mohamed Morsi, accusé de vouloir instaurer un régime autoritaire au profit du mouvement dont il est issu, les Frères musulmans. En vue d'une "transition politique", l'opposition ne voit qu'une seule personne comme président : Mohammed El Baradei, ancien chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

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