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Marine Le Pen a notamment affirmé vouloir dérembourser l'IVG au profit des dizaines de médicaments qui ne sont plus remboursés
Marine Le Pen a notamment affirmé vouloir dérembourser l'IVG au profit des dizaines de médicaments qui ne sont plus remboursés
©Reuters

Petite lucarne

Marine Le Pen dégaine les propositions choc à son tour

Invitée sur TF1, la candidate du Front National entend cesser de rembourser l'IVG pour rembourser à nouveau certains médicaments, en cas de difficulté budgétaire. En deuxième partie de soirée, Jean-Luc Mélenchon, le candidat du Front de Gauche a réaffirmé sa volonté d'augmenter le salaire minimum.

[Mise à jour à 23 h 25]

Les protestations de Jean-Luc Mélenchon, lundi matin, ont semble-t-il porté leurs fruits. Accusant TF1 de ne lui accorder qu'une demi-heure de temps de parole contre 1 h 30 à Marine Le Pen, le candidat du Front de Gauche a tout de même bénéficié de plus d'une heure de direct face aux Français et au panel de journalistes présents devant les caméras de "Parole de Candidat."

[Mise à jour à 23 h 02]

Dès son entrée sur le plateau de TF1, Jean-Luc Mélenchon n’a pas pu échapper à la question de la proximité entre la mesure de justice fiscale de François Hollande (75% d’imposition des plus hauts revenus) et le programme du Front de Gauche. "La réaction positive des Français montre que notre pays est prêt à s’opposer à l’accumulation non-stop des richesses par certains, s’est-il félicité, en soulignant toutefois les manques du candidat socialiste dans son discours de justice fiscale. Nous proposons de plafonner le salaire d’un patron à 20 fois le salaire minimum des ouvriers de son entreprise. Je préfère que François Hollande bricole dans ce sens que dans le sens inverse.

Il en a ensuite profité pour promouvoir son idée de justice fiscale en dehors des frontières nationales pour les ressortissants français. "Ceux qui veulent s’enfuir à l’étranger, il faudra les poursuivre, a-t-il martelé. Les Etats-Unis le font, en demandant à leurs ressortissants de leur payer la différence d’impôts qu’ils payent à l’étranger. La question n°1 de notre société, c’est le partage de la richesse. 8 millions de pauvres et 4 millions de travailleurs pauvres dans notre pays, c’est un chiffre qui est fondé, a-t-il poursuivi, reprenant là un chiffre énoncé quelques minutes plus tôt par Marine Le Pen. Ceux qui ne veulent pas partager de bon gré partageront de force. Dans les entreprises, il en ira de même. Si vous obtenez une augmentation de votre salaire, la rémunération des autres sera augmentée de manière équivalente, et de manière vertueuse, l’on créé ainsi un cercle de progrès."

Le candidat du Front de Gauche a réitéré son désir d’augmenter le salaire minimum, quoi qu’il arrive."Le SMIC horaire passerait de 9 euros à 11 euros brut", citant ainsi les revendications de la CGT et de SUD, notamment. "Quand vous augmentez le SMIC, petit à petit, les salaires intercalaires augmentent, a-t-il soutenu. Celui qui a une paye, même modeste, consomme mieux, et bénéficie aux producteurs. Le RSA, je n’ai qu’une hâte, c’est qu’il n’existe plus. Mon but n’est pas les minima sociaux, mais la création de travail."

[Mise à jour à 22 h 28]

Face à une infirmière à domicile, Marine Le Pen s’est prononcée pour le déblocage de "5,6 milliards pour la création de maisons de santé avec des services d’urgences dans les zones rurales".  "Il va falloir desserrer le numérus clausus, pour éviter la pénurie de médecins que nous connaissons actuellement, a-t-elle déclaré. Plus il y aura de médecins, meilleures seront leurs conditions de travail."

[Mise à jour à 21 h 54]

Confrontée à une question des journalistes sur la hausse actuelle des prix du carburant et sur ses solutions pour l'atténuer, Marine Le Pen a promis une mesure similaire à celle adoptée récemment par le gouvernement britannique. "60% du prix du pétrole sont des taxes, or si l’Etat en prenait moins, il y aurait moins à payer. Je vais baisser cette taxe de 20% et en créer une exceptionnelle sur les grands groupes pétroliers et gaziers. Ce sont eux qui payeront la différence", a-t-elle déclaré, sans épargner les enseignes de grandes surfaces, en dépit du risque de voir celles-ci répercuter leur manque à gagner sur le reste de leurs produits. 

[Mise à jour à 21 h 37]

La candidate FN s'est montrée franche sur la question de ne plus rembourser les interruptions volontaires de grossesse. "Le déremboursement de l’IVG n’est pas dans mon programme, mais de plus en plus de médicaments sont déremboursés. Or je les connais tous, car ce sont les plus utilisés. Si j’ai un choix budgétaire à faire entre ne pas rembourser l’IVG, compte tenu du nombre de moyens de contraception, et ne pas rembourser des dizaines de médicaments qui ne peuvent pas ne pas être prescrits, je ferai le choix de ne plus rembourser l’IVG, car 1/3 des Français ne peuvent pas se soigner. Mais cela ne concernera pas les avortements thérapeutiques."

[Mise à jour à 21 h 33]

Marine Le Pen a annoncé sans sourciller un plan "sans défaut" pour faciliter l'investissement par les TPE et les PME et améliorer le pouvoir d'achat au passage, pour créer un cercle vertueux. "Baisser les charges des TPE, les financer, trouver des crédits auprès des banques est aujourd’hui impossible… J’ai donc proposé de créer un fonds de financements des TPE et PME qui sera abondé par 15% des résultats des entreprises du CAC 40. Cela permettra de lever 12 milliards d’euros par an. Cela évitera de voir les entreprises et leurs sous-traitants tomber comme une série de dominants. Et je redonnerai du pouvoir d’achat aux clients, en augmentant le montant des allocations familiales. C’est un effort de 2 milliards d’euros par an, que je réserverai aux Français, car nous n’avons pas les moyens d’être généreux comme avant. Et j’augmenterai les salaires jusqu’à 1,4 fois le SMIC. Le salaire net augmentera de 200 euros. Cela coûtera environ 20 milliards d’euros."

[Mise à jour à 21 h 26]

Perturbée par un Français d’origine maghrébine, sur la question du soutien aux anciens combattants d’origine africaine, Marine Le Pen en a profité pour affirmer son point de vue sur l'immigration. "La réalité des anciens combattants musulmans est qu'ils étaient Français et nous leur avons rendu hommage, a déclaré la candidate FN. La Grande Mosquée de Paris leur a notamment été érigée. Nous soutenons le fait d'être Français par le sang reçu et par le sang versé. L’acquisition automatique de la nationalité française par le droit du sol, pour un enfant né en France de parents étrangers, est une pompe à immigration. Et l’on continuera à faire entrer des gens qui n’ont rien à offrir, et à qui nous n’aurons rien à offrir. La nationalité française s’hérite ou se mérite. Le Front National s’est battu bec et ongles pour défendre les Harkis quand l’Etat français les a parqués dans des camps. Au lieu de reconnaître lé génocide arménien, reconnaissons d’abord la maltraitance des Harkis." 

[Mise à jour à 21 h 15]

Confrontée à un artisan, Marine Le Pen a soutenu sa proposition d'abaisser l'âge de l'apprentissage à 14 ans. "Je suis allée voir les bouchers, les boulangers, qui réclament que l’apprentissage soit baissé à 14 ans. Lorsqu’un enfant s’ennuie et a de l’énergie à revendre, lui permettre d’apprendre un métier à 14 ans, et lui permettre de gagner sa vie, c’est essentiel. Beaucoup d’enfants ne veulent plus être dans le circuit scolaire et ont le sentiment d’être inutile. Souvent, à 16 ans, il est un peu tard pour acquérir des notions d’entreprises. On a dévalorisé le travail manuel dans notre pays. Il ne faut cependant pas considérer un apprenti comme un autre employé. Mais il n’est pas scandaleux qu’il ne soit pas payé au même titre qu’un salarié qui maîtrise la totalité du savoir que requiert le métier. Les artisans et TPE sont demandeurs d’apprentis dès 14 ans."

[Mise à jour à 21 h]

Interrogée sur le virage à droite de la campagne de Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen déclare ne pas être agacée, et ironise : "Quand j’entends Nicolas Sarkozy parler, j’ai l’impression de rajeunir de 5 ans et de me retrouver en 2007. Et de ses promesses de 2007, aucune n’a été tenue." La candidate du Front National a également réagi sur la polémique concernant la production de viande halal. "Je pense que le lien de confiance qui doit exister entre les Français et leur Etat passe par le sentiment qu’on ne leur ment pas, affirme-t-elle. Or lorsque l’on apprend, par la filière de la viande, que de 30 à 50% de la viande est halal, la moindre des choses est de le déclarer et de l'étiqueter."Pour elle, la stigmatisation est inévitable, et doit être assumée : "On ne règle pas les problèmes si l’on refuse parfois de stigmatiser. Il y a le problème de la taxe religieuse touchée sur l’abattage de la viande halal et qui conduit certains d’entre nous à contribuer au financement d’un culte".

Questionnée sur le nombre - toujours insuffisant - de ses parrainages, la candidate FN reste inquiète, même si "cela s’améliore de jour en jour"."Dès que je les aurai (NDLR : les 500 signatures), je viendrai immédiatement le dire", a-t-elle déclaré.

[Mise à jour à 20 h 32]

Après leur non-débat sur le plateau de David Pujadas, le 23 février dernier, dans l'émission de France 2 "Des Paroles et des Actes", Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon se retrouvent ce lundi soir, sur TF1 cette fois. Mais le candidat du Front de Gauche n'est pas satisfait de la place qui lui est réservée en comparaison de sa rivale d'extrême-droite. Sur son blog, plus tôt dans la journée, il s'en est pris au diffuseur de "Parole de Candidat" en ces termes : "TF1 me donne généreusement une demi-heure de temps de parole en soirée. Mais auparavant, vous aurez dû subir une heure et demi de Madame Le Pen ! N'oubliez jamais, mes amis lecteurs, cette offense !"

Jean-Luc Mélenchon et son parti ont notamment porté réclamation auprès du Conseil supérieur de l'audiovisuel, en vain. "Nous avons évidemment protesté, y compris auprès du CSA, a-t-il déclaré. Mais TF1 nous a expliqué que c'était comme ça ou rien."A la mi-journée, le co-président du bureau national du Parti de Gauche avait toutefois réitéré son offre de débat à Marine Le Pen, par la voix de son conseiller Eric Coquerel, tout en balayant toute idée de dialogue avec son père, Jean-Marie."Vis-à-vis de Jean-Marie Le Pen, on a d'autres animateurs au Front de Gauche qui sont prêts à débattre avec lui", avait précisé Eric Coquerel.

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