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Crise en Crimée : quand la Russie de Poutine met sur écoute ses "adversaires"
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Soupçons

Crise en Crimée : quand la Russie de Poutine met sur écoute ses "adversaires"

Selon des informations du Daily Beast, Moscou a intercepté de nombreuses conversations téléphoniques entre des responsables ukrainiens et occidentaux.

Il y a quelques mois dans l'affaire de la NSA, la Russie faisait la morale aux Etats-Unis. Mieux, la Russie acceptait la demande d'asile temporaire d'Edward Snowden et passait pour un grand défenseur des droits et des libertés. Oui mais voilà, patatras. Selon des informations exclusives du site d'informations américain The Daily Beast, Moscou procéderait exactement de la même manière depuis le début de la crise en Ukraine. En effet, selon les révélations du site, au cours des sept dernières semaines, les services de Vladimir Poutine ont intercepté et mis en ligne des conversations téléphoniques entre des responsables occidentaux et ukrainiens. A en croire des responsables du renseignement américains interrogés par The Daily Beast, ces enregistrements téléphoniques sont la preuve d'une stratégie délibérée de la Russie de recueillir et diffuser les conversations privées de leurs adversaires. 

Tout a commencé la première semaine de février, au moment où les élites politiques ukrainiennes discutaient sur la formation du nouveau gouvernement, un enregistrement embarrassant est mis en ligne. En effet, dans cette bande-son, on peut entendre Victoria Nuland, la secrétaire d'Etat adjointe américaine pour l'Europe, dire à l'ambassadeur des Etats-Unis en Ukraine, Geoffrey Pyatt : "Fuck the Eu ! ("Que l'Union Européenne aille se faire foutre !"). 
 
Un mois plus tard, un appel téléphonique entre Catherine Ashton, la représentante de la diplomatie européenne, et Urmas Paet, le ministre estonien des Affaires étrangères, a aussi fuité et fait polémique. Le ministre estonien assurait à Catherine Ashton que, selon ses sources à Kiev, "c’étaient les mêmes tireurs embusqués qui ont tué des gens des deux côtés", aussi bien parmi les manifestants que parmi les policiers. "Là-bas, ils pensent de plus en plus que ce n’était pas Ianoukovitch qui était derrière les snipers mais quelqu’un de la nouvelle coalition", poursuivait-il. 

Ce lundi, c'est un troisième appel téléphonique privé qui a été mis en ligne. Cette fois-ci, on peut entendre Ioulia Timochenko, l'ancienne Premier ministre ukrainienne, déclaré à un proche, le député du Parti des régions Nestor Choufritch, être "prête à prendre une mitraillette et tirer une balle dans la tête à ce salaud", visant apparemment le président Vladimir Poutine. Des propos qui alourdissent encore un peu plus le climat entre Moscou et Kiev. De son côté, l'égérie de la Révolution orange a estimé sur Twitter être mise sur écoute par le FSB, les services secrets russes. Et selon The Daily Beast, les services de renseignements américains en sont eux-aussi persuadés. 

"Ils sont engagés dans des campagnes de contre-information" affirme le républicain Mike Rogers en charge de la Commission de contrôle et de renseignement à la Chambre des représentants. "Ils sont très agressifs et utilisent les mêmes méthodes que sous le KGB en se servant à leur avantage ces fuites".  Ce qui est confirmé par d'autres responsables américains interrogés par The Daily Beast qui assurent que cette vague de révélations d'appels privés entrent dans une stratégie de déstabilisation de la part de Moscou. Tel est pris qui croyait prendre.
 
Lu sur The Daily Beast

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