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Affaire Grégory : une lettre-testament du juge Lambert dévoilée
©JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

Confessions

Affaire Grégory : une lettre-testament du juge Lambert dévoilée

Jean-Michel Lambert avait été le premier juge d'instruction dans l'affaire du petit Grégory Villemin. Avant de se donner la mort, le 11 juillet dernier, il a rédigé quatre lettres-testament. Une a été adressée à L’Est Républicain.

Le 11 juillet dernier, le juge Jean-Michel Lambert s'est donné la mort à son domicile au Mans. Avant de mettre fin à ses jours à l'aide d'un sac plastique et d'un foulard, il avait rédigé quatre lettres-testament. Il en a adressé une à L'Est Républicain. Ce 19 juillet, le quotidien régional la dévoile en exclusivité.  

Le juge Lambert dénonce "une machine à broyer"

"J’ai décidé de me donner la mort car je sais que je n’aurai plus la force désormais de me battre dans la dernière épreuve qui m’attendrait", écrit celui qui avait été  le premier juge d'instruction dans l'affaire du petit Grégory Villemin. "Ce énième 'rebondissement' est infâme. Il repose sur une construction intellectuelle fondée en partie sur un logiciel. La machine à broyer s’est mise en marche pour détruire ou abîmer la vie de plusieurs innocents, pour répondre au désir de revanche de quelques esprits blessés dans leur orgueil ou dans l’honneur de leur corps. Certains de mes confrères ont emboîté le pas avec une mauvaise foi abominable", explique-t-il.

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"Je proclame une dernière fois que Bernard LAROCHE [premier suspect de l'affaire qui a été tué par Jean-Marie Villemin, NDLR] est innocent. La construction intellectuelle que je viens d’évoquer est en réalité un château de cartes qui aurait dû s’effondrer dès le premier regard objectif sur le dossier. Car, dès novembre 1984, j’ai pu démontrer que si Murielle BOLLE n’était pas dans le car de ramassage scolaire, ce n’était pas le mardi 16 octobre mais le mardi 23 octobre, semaine où elle est rentrée chez elle à cause de la grippe. Les preuves sont au dossier (registre du collège et surtout témoignage du chauffeur de car, Monsieur GALMICHE, que j’ai piégé après la remise d’un certificat médical, je crois par la mère de Murielle BOLLE, et les auditions d’autres collégiennes qui avaient parfois des repères précis mais qui se sont pourtant trompées d’une semaine)", indique-t-il.

"On ne connaîtra jamais la vérité parce qu’on refuse de voir la vérité"

"Pour des raisons empruntant parfois le domaine des sentiments les plus beaux, on a depuis 1987 totalement fait abstraction du travail du SRPJ de Nancy ou, plus exactement, on s’est employé à le détricoter. Et, bien entendu, je ne parle pas des mêmes efforts pour démolir le mien", déplore-t-il.

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Ainsi, pour l'ex-magistrat, les récents efforts des enquêteurs pour tenter d'élucider le meurtre du petit Gregory sont "voués à l'échec". "Et pour cause… Pour ne pas perdre la face, on cherchera alors un bouc émissaire. Autant dire qu’il est tout trouvé… Je refuse de jouer ce rôle", écrit Jean-Michel Lambert. "Si j’ai parfois failli, j’ai cependant la conscience parfaitement tranquille quant aux décisions que j’ai été amené à prendre. On ne connaîtra jamais la vérité parce qu’on refuse de voir la vérité. Et pourtant si on acceptait de regarder les annales judiciaires américaines ou transalpines… Je préfère sonner la fin de partie pour moi. L’âge étant là, je n’ai plus la force de me battre. J’ai accompli mon Destin", conclut-il.

Lu sur L'Est Républicain

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