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Zappé ? Pire que la colère, Emmanuel Macron face à l’indifférence des Français
©GONZALO FUENTES / POOL / AFP

Zombie qui s’ignore

Zappé ? Pire que la colère, Emmanuel Macron face à l’indifférence des Français

La cote de popularité d'Emmanuel Macron poursuit sa chute, en pleine gestion de la crise du Covid-19 et du déconfinement. La majorité présidentielle à l'Assemblée nationale ne semble plus croire non plus en Emmanuel Macron. Le chef de l'Etat est-il destiné à devenir un zombie politique ?

Jean-Sébastien Ferjou

Jean-Sébastien Ferjou

Jean-Sébastien Ferjou est l'un des fondateurs d'Atlantico dont il est aussi le directeur de la publication. Il a notamment travaillé à LCI, pour TF1 et fait de la production télévisuelle.

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Luc Rouban

Luc Rouban

Luc Rouban est directeur de recherches au CNRS et travaille au Cevipof depuis 1996 et à Sciences Po depuis 1987.

Il est l'auteur de La fonction publique en débat (Documentation française, 2014), Quel avenir pour la fonction publique ? (Documentation française, 2017), La démocratie représentative est-elle en crise ? (Documentation française, 2018) et Le paradoxe du macronisme (Les Presses de Sciences po, 2018) et La matière noire de la démocratie (Les Presses de Sciences Po, 2019). Il a publié en 2020 l'ouvrage "Quel avenir pour les maires ?" à la Documentation française. 

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Christophe Boutin

Christophe Boutin est un politologue français et professeur de droit public à l’université de Caen-Normandie, il a notamment publié Les grand discours du XXe siècle (Flammarion 2009) et co-dirigé Le dictionnaire du conservatisme (Cerf 2017), et le Le dictionnaire des populismes (Cerf 2019).

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Jean-Sébastien Ferjou : Et si, à la manière d’une trappe à liquidités, Emmanuel Macron était tombé dans une trappe à indifférence aux yeux des Français ? 

Lors des crises précédentes de son quinquennat (ISF/APL, Benalla, Gilets Jaunes, retraites … ) Emmanuel Macron polarisait tous les débats. Aujourd’hui, il n’intéresse plus les Français. Quoi qu’il fasse, sa popularité reste faible ou baisse, tandis que celle d’Edouard Philippe monte. Peu importe, à la manière de celle d’un Bernard Cazeneuve vis-à-vis de Francois Hollande ou celle de François Fillon vis-à-vis de Nicolas Sarkozy, sa popularité disparaîtra avec le président. 

Car aujourd’hui, les débats sur le Monde d’après, sur le monde post-Covid-19 se font sans que le nom d'Emmanuel Macron ne soit mentionné. Il a beau essayer de se réinventer tout se passe comme s’il n’intéressait plus les Français. Ne restent que « les coups », comme celui du Puy du Fou ou l’appel à Bigard. 

Pour autant, même sa majorité ne semble plus y croire. Encore hier, un dixième groupe s’est créé à l’Assemblée Nationale. 

Les scénarios qu’imaginent Macron pour se réinventer, que confient ses proches au Figaro, paraîssent de plus en plus vains: dissolution, référendum, démission, campagne présidentielle anticipée... Tout ça pourrait certainement rebattre les cartes. Mais il serait instantanément confronté à la même impuissance politique et à la même absence totale de majorité sociologique dans le pays.

L’absence d’adversaire crédible et le fait qu’aucun leader de l’opposition ne se détache ne lui donnent pas pour autant un capital politique permettant un projet ambitieux. L’argent magique n’existe pas plus en politique que dans l’économie et les banques centrales ont bien plus d’armes non conventionnelles à leur disposition pour ressusciter une économie plongée dans le coma que le président n’en a pour échapper à un destin de zombie. 

Le documentaire sur BFM sur l’Elysée, "palais fantôme", a peut-être été l’un des derniers clous dans le cercueil, à travers la diffusion du passage où le président nie la réalité des pénuries et de rupture d’approvisionnement des masques. Une telle insulte à l’intelligence des Français, une telle négation de leur capacité à apprécier le réel, n'a même plus suscité de vraie colère. Juste des soupirs ou des haussements d’épaules. Comme s’il était devenu un personnage grotesque qu’il fallait supporter le temps qu’il faudrait. 

Malgré tout, cela n’implique pas que les colères ou la violence ne vont pas resurgir. Dans les cas où l’ensemble du monde politique paraît figé, où aucune alternative crédible n’émerge, la tentation de la violence pour des minorités radicales demeure.

Le gouvernement, qui se félicite que le déconfinement se passe bien n’a plus la main sur rien en réalité, mis à part sur des annonces cacophoniques de plans tous azimuts. Mais sur les approvisionnements en masques, sur le nombre de tests pratiqués, sur la logistique des quarantaines, sur le traçage… Aucun objectif officiel n’est atteint. La présentation aujourd’hui de l’application StopCovid parait de ce point de vue particulièrement et tristement ironique tant elle arrive en fin d’épidémie ou a minima en fin de première vague. 

La magie Macron s’est-elle définitivement évaporée aux yeux des Français ? Il avait promis la révolution, il avait promis l’efficacité, et n’a tenu aucune de ses promesses. L’épidémie l’a cruellement mis en évidence. 

Et à tout prendre, si une révolution devait survenir, Macron en serait la première cible plutôt que le premier leader. 

Lors des crises précédentes de son quinquennat ( ISF/APL, , Benalla, Gilets Jaunes, Retraites ) Emmanuel Macron polarisait tous les débats. Aujourd'hui pourtant, Emmanuel Macron ne semble plus être inclus dans l'esprit des Français dans la construction d'un monde politique post covid. La magie Macron s'est-elle définitivement évaporée aux yeux des Français ? Comment expliquer cette indifférence générale ?

Atlantico.fr : Lors des crises précédentes, nous assistions à une confrontation entre la vision politique d’Emmanuel Macron et des formes plus anciennes d’action politique. Emmanuel Macron était sur un terrain libéral, avec un électorat diplômé de classe moyenne urbaine, face une petite bourgeoisie de villes périphériques ou rurales, dépourvue de services publics ou privés. C’était un moment d’opposition entre le libéralisme par l’État d’Emmanuel Macron face à des intérêts constitués, corporatistes, ou des syndicats qui défendaient leurs intérêts propres. 

Luc Rouban : Aujourd’hui, la crise du covid 19 a mis à mal le projet politique présidentiel, dans la mesure où il reposait entièrement sur la notion d’efficacité, au -delà du clivage gauche-droite, récusant même le clivage gauche-droite pour son inefficacité. 

Ce projet a été contredit par les faits: contradictions, retards, lenteur, mauvaises informations, confusions… La démonstration de l’inefficacité du macronisme a été sans appel.  

Macron a perdu les rennes de la politique gouvernementale de la gestion de la crise sanitaire au profit de son Premier ministre,  ce qui explique la une certaine confiance de l’opinion en Edouard Philippe plus qu’en Emmanuel Macron. En outre, il n’a pas réussi non plus à entraîner un mouvement d’adhésion populaire en tant que chef de guerre à la suite de ses interventions télévisées. Par rapport à Boris Johnson ou Merkel, Macron ne capitalise que très peu de confiance vis à vis de cette crise. Les chiffres du baromètre de la confiance politique du Cévipof sont clairs: quand Boris Johnson passe de 48%  à 68% de confiance, Macron passe de 33% à 36%. La défiance profonde, viscérale à l’égard de sa personne joue contre lui, contre ses décisions et s’est transformée, après le divorce, en vrai indifférence de la part des Français. 

Christophe Boutin : Le lieu du pouvoir est clairement identifié sous la Ve République comme étant situé à l'Élysée. Cette tendance, qui existe dès les débuts du régime, même si l'on a pu disserter sur la question de savoir si le président de la République était plus un arbitre, ce que revendiquait parfois le fondateur du régime, qu'un capitaine, a été renforcée par plusieurs éléments. L'existence du fait majoritaire, d’une part, qui, hors cohabitation, fait que le président et le premier ministre appartiennent à la même majorité, et disposent avec elle à l'Assemblée nationale de toute latitude pour imposer leur choix. Mais aussi, d’autre part, un quinquennat qui, par la concordance des temps politiques de l'Élysée et de l'Assemblée nationale, à renforcé le pouvoir présidentiel, et conduit, comme on a pu le constater sous les présidences précédentes, celle de Nicolas Sarkozy comme celle de François Hollande, à un effacement d’un hôte de Matignon qui doit bénéficier du soutien des deux. L’une des conséquences de cette évolution a été un contrôle accru de l'administration par les membres des cabinets, ministériel bien sûr, primo-ministériel plus encore, le tout culminant avec un poids toujours plus important de ces conseillers qui hantent l'Élysée.

Ajoutons à cette tendance générale le fait qu’Emmanuel Macron est un président de rupture, élu en 2017 pour « renverser la table » pour accomplir cette fameuse Révolution qui était le titre de son ouvrage–programme. Une rupture voulue par des Français lassés de cette fausse dichotomie entre une droite et une gauche toutes deux libérales-libertaires, libérales économiquement, libertaires sur les évolutions sociétales.

Dans ces conditions, il est logique que les réformes - et les réformes d'ampleur, car on pourra tout lui reprocher sauf l’immobilisme - mises en place par Emmanuel Macron, aient contribué à tourner un peu plus encore les projecteurs vers ce jeune chef de l'État qui séduisait tant les médias. C’était logique aussi dans le cadre de l’affaire Benalla, puisque ses liens privilégiés avec l'individu en question avaient conduit ce dernier à pouvoir agir comme il l'avait fait. Logique enfin quand, face au soulèvement populaire sinon populiste - au moins dans sa phase initiales  - des Gilets jaunes, le président se lança dans le marathon du « Grand débat ».

Pour autant qu'ont retenu les Français des méthodes macroniennes ? Que si « révolution » il y avait, elle n'était pas destinée, comme certains l'espéraient, à restaurer la France dans sa souveraineté internationale, mais, au contraire, à permettre une fuite en avant dans un libéralisme financiarisé international et dans une souveraineté européenne dont le président rappelle en permanence le caractère primordial qu'elle a pour lui. Qu’il n’était ensuite pas question pour le chef de l’État de négocier quoi que ce soit de son « projet ». Quel que soit le dossier, persuadé d'avoir intégralement raison, il ne mène aucune négociation, et ne débat, si l’on peut dire, que pour convaincre son interlocuteur du bien-fondé de sa position.

Pas la bonne direction donc, ni la bonne méthode, et les Français se sont enfin lassés d’un « en même temps » dont les poses de son promoteur ne suffisaient plus à cacher l’inanité : il est assez difficile de jouer au général De Gaulle lorsque l’on inféode toujours plus la France à l’OTAN, à l’UE ou à l’Allemagne ; difficile aussi de prôner une justice sociale quand on taxe toujours plus les mêmes catégories et que l’on favorise « l’optimisation fiscale » des entreprises – y compris françaises – et des gros contribuables ; difficile enfin de vouloir « faire nation » quand on dénigre l'histoire nationale à l'étranger et que l'on tolère que d’autres la foulent au pied sur le sol national.

La crise du Covid, comme toute crise d’ampleur aurait pu donner un nouvel élan au chef de l'État : lorsque la peur règne, on se tourne naturellement vers le pouvoir, l’autorité. Mais il ne s’agissait plus seulement de traverser à pas lents la cour du Louvre l’air pénétré, c’était cette fois le vrai monde et non une scène de théâtre. Il ne s’agit pas bien sur de faire porter au seul président actuel la responsabilité des carences en matériels et moyens, même s’il s’est montré peu sensible aux doléances des personnels de santé qui l’alertaient sur la dégradation de leurs conditions de travail. Mais pour le reste, tenant à apparaître aux commandes, le président a surtout incarné dans ses multiples interventions et discours successifs le manque de cohérence des choix, le suivisme d'une expertocratie elle-même incapable de répondre aux questions posées, et une absence de véritable volonté politique qui ont choqué les Français. Il aura ainsi paru justifier non seulement la multiplication de mesures aussi tatillonnes que brouillonnes - dont le déconfinement ne nous a d’ailleurs pas débarrassé – mais aussi ces atteintes aux libertés individuelles dont on peut se demander, si toutes étaient bien nécessaires, et si toutes seront levées à la fin de cet état d'urgence.

Accumulant les erreurs de communication, Emmanuel Macron est apparu totalement transparent politiquement. Défendait-il la lutte collective au sein de l’UE que les pays voisins, y compris son Allemagne tant aimée, lui fermaient leurs frontières au nez. Annonçait-il le respect par les Français du confinement que, soir après soir, les quartiers en rupture de République s’en affranchissaient sans que rien ne soit fait. Le ton même de ses discours, trop préparés, trop surveillés, s’est fait de plus en plus faux, et l’acteur brillant des débuts du mandat est redevenu un amateur de province.

Petit à petit, à trop vouloir jouer au « maître des horloges » dans une vraie crise, Emmanuel Macron a laissé s'éroder sa crédibilité, et avec elle sa légitimité. Aujourd'hui, la relation de confiance entre le président et la population semble durablement atteinte, et peu nombreux sont les Français qui croient encore à sa parole. D’où leur peu d’appétence à le voir piloter la mise en place de ce fameux « monde d’après »…

La majorité présidentielle à l'Assemblée Nationale ne semble plus croire non plus en Emmanuel Macron. Cette perte de confiance se symbolise par exemple par la création d'un dixieme groupe issue de la majorité à l’assemblée nationale ( du jamais vu dans la Cinquième République ). Emmanuel Macron est-il destiné à devenir un zombie politique ?

Luc Rouban : Macron va avoir du mal à se réinventer politiquement, à se repositionner. S’il part sur sa gauche, en mettant la crise sanitaire dans une perspective écologique, vers la relance du service public etc… il va se contredire une nouvelle fois devant le bilan de la première moitié de son quinquennat. S’il s’aligne sur sa droite, sur l’axe de Bruno Lemaire par exemple, majoritaire dans l’opinion française actuellement, il n’aura pas d’arguments précis pour aller vers plus de libéralisme, et ce sera un argument difficile à faire accepter par des Français qui cherchent à actuellement à se protéger de la mondialisation, y compris parmi l’électorat d’Emmanuel Macron ( 51% ). Le terrain est glissant.

Sa seule porte de sortie demeure la reconquête du leadership européen, à travers l’emprunt solidaire de 500 milliards pour aider les pays européens les plus pauvres à sortir de la crise par le haut.  Sans cette reconquête, l’avenir d’Emmanuel Macron en politique sera clairement compromis face au réamorçage du clivage politique gauche / droite au cours cette crise sanitaire. L’actuelle redistribution des cartes politiques sera sans aucun doute défavorable au flou idéologique d’Emmanuel Macron.

Christophe Boutin : C'est ici un tout autre point, et il faut rester prudent sur les réalités politiques qui sont derrière ces créations de nouveaux partis auquel nous assistons depuis quinze jours, et qui font que, alors quelques grands spécialistes de la « science constitutionnelle » nous rebattaient les oreilles avec l'inéluctable évolution de la politique française vers le bipartisme, nous allons dépasser le nombre de groupes présents à la chambre sous la IVe République.

Mais justement, l'exemple de la IVe République peut être instructif, comme aussi ce que l'on a pu connaître avec les alliances bipartites, de droite entre le RPR et l'UDF, ou de gauche entre le PS et le PC. Dès lors en effet que l'alliance ultérieure au pouvoir est envisageable, l'étalement d'une majorité sur plusieurs structures partisanes n'est pas nécessairement un mal. Elle ne l’est pas pour les « leader maximo » de ces sous-structures, qui en attendent des maroquins, mais elle ne l’est pas non plus pour celui qui peut les fédérer derrière lui.

On sait qu’Emmanuel Macron est confronté à un certain nombre de critiques qui portent sur une éventuelle « dérive droitière » que lui reprochent certains de ceux qui, venant de la gauche, essentiellement du parti socialiste, l'ont suivi en 2017. Pour y faire face, et disposer d’une certaine souplesse, vaut-il mieux avoir derrière lui une armée de « godillots », pour reprendre la célèbre formule, votant comme un seul homme sous les ordres - si on ose utiliser ce terme pour cette personne - de Gilles Le Gendre, ou ne serait-il pas préférable de disposer d'une « majorité plurielle », répartie en plusieurs structures auxquelles on offrira des postes et, exceptionnellement, quelques petites compensations sur le plan sociétal, sachant que sur les grands choix présidentiels il n'y aura pas de remise en cause ? Une majorité plurielle qui, par des débats inutiles mais cochant toutes les cases du politiquement correct, offrira une animation de façade à notre vie politique préférable à l’image de ces zombies que vous évoquez ?

Il n'est donc pas certain donc que la création de telles structures affaiblisse véritablement le pouvoir d’Emmanuel Macron, et ce d’autant moins que se rapprochera l’échéance des législatives de 2022. Élus par surprise en 2017, disposant pour la plupart d’un charisme limité, ayant pour certains donnés des preuves de leur incapacité, ces « frondeurs » seront en effet bien incapables de se faire réélire sur leur nom. Ils seront trop heureux d’avoir le soutien global de la force politique de cette majorité plurielle qui sera, soyons-en certains, présentée comme une « majorité d'idées », « de débats » et « de réflexion », quand elle ne sera qu’une convergence d’intérêts – et surtout de celui bien compris d’un Emmanuel Macron qui ne deviendra pas un « zombie politique » parce que dix inconnus font ainsi leur promotion auprès de médias complaisants.

Colère et radicalité ne disparaîtront certainement pas de l'opinion avec la mise en retrait du président. Sans aucune alternative politique crédible en 2022, la tentation de la violence de la part de minorité ultra radicales ne risque-t-elle pas de ressurgir ?

Luc Rouban : C’est la crise économique à venir qui jouera principalement sur le débat. Pas d’emploi pour les jeunes diplômés, problème de relance de l’appareil industriel…  Face à cela les radicalisés se manifesteront, mais le problème principale des Français sera de stabiliser la situation l’emploi avant tout. Il y aura sans doute des phénomènes de violence radicale issus de minorités, mais à la vue de la situation gravité de la situation en terme économique, la véritable conséquence politique sera dans la recherche de compétence et de sécurité de la part des Français plus que tout autre chose. 

Christophe Boutin : Commençons par rappeler une chose : la violence règne déjà en France. Violence physique bien sur, avec ces agressions au couteau quasi quotidiennes, ces déchainements de haine pure qui laissent des victimes handicapées à vie, ces permanentes intimidations physiques, du regard, du geste, ces agressions verbales ou ces nuisances sonores. Un climat de violence qui est le fait de groupes qui entendent vivre sur le territoire sans en respecter les règles de droit. Il s’accompagne d’une autre violence, dirigée cette fois non contre des individus mais contre la communauté nationale, dont l’histoire et le passé sont chaque jour niés et insultés par des individus profitant pourtant sans la moindre gène de son héritage matériel. Des violences soutenues - et pour certaines provoquées - par l’ultra gauche, autant lors des nuits chaudes que peuvent connaître certains quartiers que sur les plateaux des principaux médias dès qu’une « juste cause » apparaît.

Ces groupes ont-ils vocation à présenter une quelconque alternative politique ? Non. Le premier vise simplement, par la pression qu’il crée, à bénéficier d’avantages que, reculades après compromis, les pouvoirs démissionnaires finissent par lui accorder – postes, financements, tolérance de « zones de non-droit », impunité judiciaire ; le second vise simplement à détruire au nom de réflexes idéologiques sommaires.

Ce qu'a montré de la manière la plus claire à tous les Français la crise du coronavirus, et pendant la période de confinement, et, maintenant, dans celle de déconfinement, c'est que la loi n'est pas la même pour tous en France. Mais peut-on encore longtemps continuer à avoir une justice à deux vitesses, qui sanctionne sans pitié les uns et absout les autres ? À avoir des FSI intraitables avec les uns et laxistes avec les autres ? Peut-on, avec cette crise économique qui vient, demander encore plus d’efforts aux uns pour offrir plus d’aides encore aux autres ?

« Quousque tandem abutere patientia nostra ? » s'écriait Cicéron face à un Catilina, qui entendait lui aussi utiliser la peur pour avoir le pouvoir. « Jusqu’à quand abuseras-tu de notre patience ? » C'est la question qui, aujourd'hui, en France, est sur les lèvres d’une majorité silencieuse qui ne le restera peut-être pas longtemps, comme elle l’a été sur celles d’autres peuples, de la Hongrie à l’Italie, de la Pologne à l’Espagne. Une vraie colère monte.

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