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Vous avez aimé le TSS (Tout Sauf Sarkozy) ? Vous adorerez le TSMLP (Tout Sauf Marine Le Pen)
©Reuters

Rien de neuf…

Vous avez aimé le TSS (Tout Sauf Sarkozy) ? Vous adorerez le TSMLP (Tout Sauf Marine Le Pen)

D'une élection à l'autre, la même bêtise. On ne change pas une formule qui perd.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Vous vous souvenez des élections présidentielles de 2007 ? La gauche toute entière avec ses composantes écologistes et d'extrême gauche communiait dans le TSS. Tout était bon, tout était beau, tout était autorisé pour barrer la route à l'affreux Sarkozy. Dans cette démarche qui relevait de l'exorcisme, la gauche obtint le précieux concours de Jean Marie Le Pen. Lui non plus ne voulait pas de Sarkozy.

Le président du Front National était un grand connaisseur de la géographie balkanique. Et aussi un excellent expert en généalogie. C'est grâce à lui qu'on découvrit que Nicolas Sarkozy n'était pas un Gaulois pur sucre. Un grand père hongrois. Une grand-mère de Salonique. Un métèque donc, un peu juif sur les bords. Pas une seule voix à gauche ne s'éleva pour s'indigner des propos de Jean Marie Le Pen. Tout était bon contre Sarkozy.

Aujourd'hui pour les régionales la gauche entonne le chant du TSMLP. Tout est bon contre la présidente du Front National. Même que la gauche est prête à se saborder comme les pirates d'Astérix. Tout sauf Marine Le Pen. Y compris des fusions de liste avec celles de droite. Ce qui compte tenu du score prévisible et calamiteux de la gauche équivaut à une reddition en rase campagne.

Mais – faut il le répéter ? – tout est bon contre Marine Le Pen. En 2007 la gauche se comporta de façon honteuse. Elle récidive maintenant, avec une autre cible, de manière imbécile. Il fut un temps, à l'époque bénie du front républicain, quand, la main sur le cœur, des dirigeants politiques se fabriquaient une ceinture de chasteté avec le fameux "il vaut mieux perdre une élection plutôt que de perdre son âme". Aujourd'hui la gauche s'apprête à perdre et les élections et son âme.

Il se dit beaucoup que la coalition UMPS ne peut que profiter au Front National. C'est vraisemblable mais ce n'est pas certain. De toute façon c'est sans beaucoup d'importance. Les dégâts sont ailleurs et de bien plus grande ampleur.

Le Front National, reconnaissons lui cette qualité, avance sous ses propres couleurs. Pavillon haut. La gauche, elle, recule pavillon bas. Rien de tel pour dégouter les électeurs de l'offre politique. Rien de tel pour les persuader – ils le sont déjà un peu – que le PS n'a plus aucune conviction. Ce n'est pas le : "vous aurez le déshonneur et la guerre" de Churchill. C'est vous aurez : "le déshonneur et la défaite". Dévastateur pour un pays révolté par le mensonge, le déni et les compromissions.

Mais on me dira que je tiens pour quantité négligeable le fait que deux ou trois régions soient administrées par le FN. Effectivement c'est négligeable comparé au désastre de la capitulation morale de la gauche. Capitulation à laquelle viendra s'ajouter la gifle humiliante du refus probable de la droite de marcher dans la combine. La Terre ne s'arrêtera pas de tourner si le FN triomphe dans le Nord Pas de Calais ou en PACA.

Au pire ou au mieux (selon les sympathies de chacun) le parti de Marine Le Pen fera là-bas ce que Robert Ménard fait à Bézier. Des affiches criardes pour rappeler que les policiers municipaux ont désormais des flingues de gros calibre. Une "Charte des Imams" leur demandant de s'engager à ne pas accepter de subventions étrangères, de refuser tout accommodement avec le salafisme.

Une posture parfaitement déclamatoire le maire de Bézier n'ayant strictement aucun pouvoir sur les mosquées, sur ce qui s'y dit, sur ce qui s'y trame. Peut être pour l'exemple, pour faire plaisir au bon peuple, fermera-t-on quelques kebabs en prétextant leur insalubrité. Du vent donc. Du vent qui ne souffle pas en tempête et qui se contente d'avoir la puissance d'un petit ventilateur. Si c'est ça…

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