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Existe-t-il 
un "vote Sarkozy honteux" ?
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Chut !

Existe-t-il un "vote Sarkozy honteux" ?

Et si, à l'instar du vote FN passé, et après un quinquennat de pilonnage médiatique du président de la République, les Français sondés n'osaient plus revendiquer leur intention de voter Nicolas Sarkozy pour la présidentielle ?

André Bercoff

André Bercoff est journaliste et écrivain. Il est notamment connu pour ses ouvrages publiés sous les pseudonymes Philippe de Commines et Caton.

Il est l'auteur de La chasse au Sarko (Rocher, 2011), Qui choisir (First editions, 2012), de Moi, Président (First editions, 2013) et dernièrement Bernard Tapie, Marine Le Pen, la France et moi : Chronique d'une implosion (First editions, 2014).

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Atlantico : Pensez-vous que certains électeurs n'osent pas dire aux sondeurs qu'ils votent Nicolas Sarkozy comme ça a pu être le cas dans les années passées au sujet du vote FN ? Existe-t-il un "vote honteux" Sarkozy ?

André Bercoff : Je laisserais aux sondeurs la psychanalyse des urnes et ses dérives secrètes ou honteuses. Je pense que la question ne se pose pas ainsi mais plutôt, entre la crise européenne et l'horreur toulousaine, de la manière suivante, pour ceux que Sarkozy a largement déçus mais que Hollande n’enthousiasme vraiment pas : quel est le moins mauvais syndic pour gérer la copropriété française, le moins mauvais capitaine pour tenir le gouvernail, le moins mauvais patron pour éviter la faillite de l’entreprise ? C’est ainsi à mon avis que, pour des millions de citoyens, s’opérera le vote.

Certains "sarkozystes" n'osent-ils plus se revendiquer comme tels ?

S’ils sont vraiment « sarkozystes » et n’osent plus se revendiquer comme tels, c’est qu’ils illustrent allègrement la vieille théorie de l’opportunisme et du manque de courage considéré comme un des beaux arts. Les arrivistes veulent arriver : on verra dans quel état.

Le vote FN, lui, se revendique de plus en plus. Sarkozy devrait-il s'inspirer de la stratégie de dédiabolisation de Marine Le Pen ?

Il ne peut pas s’en inspirer puisqu’il n’y a pas eu diabolisation de l’UMP mais rejet, chez nombre de citoyens, du personnage plus encore que de son bilan. Il lui faut rappeler qu’il a essayé de nommer les mots, et les maux de notre cher et vieux pays et faire ce qu’il a pu, même s’il n’est pas allé, loin s’en faut, au bout de sa démarche.

En 2007, Nicolas Sarkozy voulait une "droite décomplexée". Si ce vote honteux était avéré, ce serait un constat d'échec ?

Oui et non. Oui, car il n’a pas réussi l’éclosion d’une génération apte à contrer 50 ans de domination quasi absolue de la « gauche divine » dans les médias, l’édition, et l’Université. La gauche a en effet tout cédé sur l’économie, et rien sur le vocabulaire. Non, parce que le débat n’est plus entre une gauche « boboiste » et compassionnelle, et une droite momifiée sur ses acquis, ses évadés fiscaux et son goût vif pour le statu quo, mais entre les défenseurs d’un système en pleine restructuration et ceux qui veulent renverser la table. Qu’on s’en réjouisse ou qu’on le déplore, la « droite décomplexée » n’a plus sur Marine les mêmes complexes que sur Jean-Marie.

Propos recueillis par Jean-Benoît Raynaud

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