Vos cheveux sont strictement impossibles à peigner ? La réponse est probablement dans vos gènes | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Science
Le syndrome des cheveux "impeignables" engendre des cheveux crépus aussi secs que de la fibre de verre.
Le syndrome des cheveux "impeignables" engendre des cheveux crépus aussi secs que de la fibre de verre.
©TCFFC

Crinière indomptable

Vos cheveux sont strictement impossibles à peigner ? La réponse est probablement dans vos gènes

Des chercheurs de l'Université allemande de Bonn ont identifié trois gènes dont la mutation provoque la poussée de cheveux hirsutes, frisés et secs, où un peigne ne peut en aucun cas se frayer de chemin.

Chaque matin, c'est la même rengaine. Vous arrivez devant le miroir, et contemplez la crinière dont la nuit vous a dotée. Des épis et des nœuds contre lesquels vous vous battez à la force de votre bras armé d'un peigne ou d'une brosse.

Syndrome des cheveux "impeignables"

Vous vous demandez ce que vous avez bien pu faire pour mériter des cheveux pareils ? Figurez-vous qu'il y a pire, bien pire que vous. Et à moins que vous ne soyez l'une des rares personnes dans le monde à souffrir de l'uncombable hair syndrome, autrement dit le syndrome des cheveux "impeignables", vos cheveux sont aussi obéissants qu'un régiment d'infanterie à côté des leurs. Les individus atteints de ce syndrome voient leurs crânes hérissés de cheveux (blonds en grande majorité) secs, frisés et très fins, dont la masse et la structure rend impossible toute tentative de domptage capillaire. Heureusement, c'est peut-être la fin du calvaire pour ces individus en quête du démêlant parfait, puisqu'une équipe de chercheurs de l'Université allemande de Bonn ont réussi à identifier les gènes responsables de cette anarchie du cuir chevelu, rapporte le journal britannique The Daily Mail.

Le syndrome, dont la première étude est réalisée en 1973, mais illustré depuis le XIXème siècle dans le célèbre livre d'Heinrich Hoffmann, Pierre l'ébouriffé, a piqué la curiosité de la scientifique Regina Betz, qui a décidé de s'y intéresser de plus près après qu'un collègue lui eût parlé d'une fratrie atteinte du syndrome. Plus d'une centaine de cas ont été répertoriés dans le monde, mais les chercheurs estiment qu'il y a "de nombreuses autres personnes touchées", affirme la chercheuse dans le rapport de l'étude, publié sur le site spécialisé The American Journal of Human Genetics.

Anomalie génétique

Pour mener ses travaux, la généticienne a ainsi étudié la structure génétique de 11 de ces enfants touchés par ce syndrome héréditaire – les cheveux des enfants atteints ont tendance à être plus dociles avec l'âge – et a identifié trois gènes coupables aux noms barbares : PADI3, TGM3 et TCHH, chargés de la bonne santé capillaire. En temps normal, les deux premiers gènes donnent lieu à une production d'enzymes tandis que ce dernier (TCHH) crée des protéines reliées par de fines liaisons de kératine, responsables de la structure et de la courbe du cheveu. Or, il arrive que ces trois gènes se coordonnent incorrectement, ce qui donne lieu à ces cheveux crépus aussi secs que de la fibre de verre, indique le site Ars Technica.

En coopération avec des chercheurs de l'Université de Toulouse, ces scientifiques ont reproduit cette mutation génétique sur des souris. Résultat : le poil des rongeurs présentait la même anomalie que celle observée chez les humains. "D'après les mutations observées, nous pouvoir affirmer qu'il nous reste énormément de choses à savoir sur les mécanismes impliqués dans la formation de cheveux sains et les raisons pour lesquelles ces mutations surviennent", explique Regina Betz.

Vous vous demandez si vous n'êtes pas atteint de ce syndrome ? Grâce aux recherches menées, il sera maintenant possible grâce à une analyse génétique pointue de vous dire si vos cheveux sont simplement rebelles ou s'ils sont le fruit d'une mutation. Un diagnostic qui pourrait se révéler important, alors que les anomalies capillaires mènent parfois à des pathologies qui se manifestent plus tardivement. La santé de nos cheveux en dit en effet long sur notre mode de vie, prêtez y attention.

Comme quoi, la crinière est parfois plus indomptable que le lion qui la porte.

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !